Politique Magazine

Manuel Valls, vraie ou fausse valeur ?

Par Alexis THÉAS, haut-fonctionnaire.

Dimanche 19 mai 2013 // La France

Monsieur Valls, ministre de l’Intérieur de François Hollande, âgé de 51 ans, est un cas à part dans le camp socialiste, faisant figure de premier ministre potentiel. Entré au parti à 17 ans, politicien professionnel, il sidère les milieux bien-pensants du monde politico-médiatique le 8 juin 2009, en demandant à l’un de ses proches, lors d’une sortie dans un quartier coloré de sa ville d’Evry : « Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos. » Manuel Valls sait y faire. Il est de loin le ministre le plus populaire du gouvernement Ayrault, avec une cote de satisfaction de 68 % selon le sondage IFOP du 13 mars 2013. Il joue à fond la carte du langage de fermeté. Le 14 mars dernier, il déclare au Figaro : « Il faut faire respecter la loi en démontant le maximum de camps de Roms insalubres. » Cet habile communiquant joue en permanence sur deux tableaux, une identité de gauche, un discours d’autorité. La vraie question, aujourd’hui, c’est de savoir si les paroles sont suivies par les actes. Or les chiffres de 2012, présentés par Manuel Valls lors de sa conférence de presse du i8 janvier dernier, sont désastreux, confirmant que notre pays est en proie à une véritable escalade de la barbarie : vols avec violence +8,9 %, violences sexuelles, +12,2 %, cambriolages de résidences principales, +8,5 %.

Monsieur Valls est tout entier dans la posture et non dans l’action. Il n’a entrepris aucune réforme, aucun travail de fond au ministère de l’Intérieur. La dégradation vertigineuse des conditions de sécurité des Français, il est vrai, résulte avant tout du laxisme du pouvoir socialiste, incarné par Madame Taubira, ministre de la justice. Quand le gouvernement annonce la suppression des peines planchers pour les récidivistes ou de la rétention de sûreté pour les auteurs de crimes sexuels considérés comme dangereux, deux mesures essentielles du quinquennat Sarkozy, ou bien l’arrêt du programme de construction de 20 000 places de prison, il donne un signal d’impunité aux criminels.

Que peut Manuel Valls face à ce phénomène ? S’il était un véritable homme d’État, il s’opposerait à cette politique aux conséquences désastreuses pour la vie quotidienne des Français. La situation est encore pire en matière d’immigration. Tous les voyants sont au rouge. Le nombre des .demandeurs d’asile explose littéralement, passant de 40 000 en 2008 à 60 000 en 2012, ce qui fait de la France le deuxième pays au monde pour l’accueil de ces derniers. Le coût est astronomique : 700 millions d’euros auxquels il faut ajouter l’aide médicale d’État qui bénéficie à 220 000 migrants clandestins, d’un montant d’un demi-milliard d’euros. Le nombre de migrants comptabilisés dans le rapport du gouvernement sur la politique migratoire, en plus de l’asile, atteint 200 000 par an. Toutes les vannes sont ouvertes, et, comme en témoignent les préfets et les policiers sur le terrain, les reconduites à la frontières de migrants en situation illégale ont quasiment cessé, les migrants clandestins bénéficiant désormais d’une véritable immunité en France qui les incite à venir en masse dans notre pays.

La situation des banlieues rongées par un chômage endémique, par la criminalité et par le repli communautariste est en outre absolument dramatique, explosive, menaçant à terme la paix civile. Que fait Monsieur Valls ? Il communique ! Oui, mais jusqu’à quand cela peut-il durer ?

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