Manipulation

Lundi 20 juillet 2015 // La France

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On nous abreuve de "petites phrases" sorties du contexte pour créer des indignations médiatiques préfabriquées, et ça marche !

Il faut bien comprendre que l’information au sens strict n’existe plus. Même la grand-messe du 20 heures n’a plus grand-chose à nous apprendre car nous avons toute la journée été inondés de "push" sur nos portables, de scoops, de programmes interrompus par des nouvelles de "dernière minute", sans compter le suspense entretenu des chaînes d’info en continu, prêtes à tout. L’information est en concurrence avec Game of Thrones ou Plus belle la vie. L’important a totalement disparu au profit du spectaculaire. Le breaking news doit être croustillant, scandaleux et exclusif. Quand ce n’est pas le cas, on manipule le traitement de l’info. La "petite phrase" est devenue un produit, on la guette, on la provoque et enfin on la découpe sur mesure sans scrupule.

Dernier exemple, la "bourde" de Sarkozy, du moins vendue comme telle dans les médias. Ce dernier, lors d’un meeting, a comparé la mauvaise gestion de l’afflux des migrants à celle d’une fuite d’eau, le plombier répartissant l’inondation par pièce dans la maison. Seulement, il a enchaîné en disant que c’était « scandaleux parce que c’était d’êtres humains qu’il s’agissait ». Il suffisait de tronquer le texte et surtout de faire disparaître la fin de la phrase pour buzzer sur la comparaison entre les migrants et une fuite d’eau ! Ce qui fut fait sans vergogne.

Autre procédé classique : sur une interview de vingt minutes, on garde dix mots pour illustrer ce que le journaliste souhaite dire. Qu’importe la vérité pourvu qu’on ait l’ivresse. Vous avez dit éthique ?

Liberté chérie

Mort à l’Empereur dictateur.

J’étais à Waterloo 2015. je m’y étais rendu en curieux. Un peu cynique, un peu rigolard. Comme Jean Tulard, je méprisais les reconstitutions (du folklore pour touristes). Rien de très intéressant, pensais-je.

Je ne pouvais imaginer une telle communion. La reconstitution fut vertigineuse. Une fois le dernier coup de canon donné, le dernier nuage de fumée dissipé, je me suis dirigé vers ces grappes de pauvres types qui arpentaient une dernière fois la morne plaine avant de rentrer chez eux. Dans un bivouac français, j’ai croisé un grognard sanglotant comme un gamin. Je vous jure que vous auriez eu la gorge serrée devant la joie de ces Allemands, Italiens, Américains, Suédois (qui avaient exigé de faire la guerre "dans le camp français") pliant une dernière fois leurs costumes de soldats de l’Armée du Dictateur.

« Vive Louis XVIII », criaient-ils lorsqu’ils croisaient un Prussien de Blücher ou un Anglais de Wellington. À l’écart, près d’un van immatriculé en Russie, se tenait un grand un officier Russe, chemise ouverte sur le torse, sabre à la ceinture et culotte à la hongroise : Vladimir. « Waterloo, pour moi, c’est la dernière fois. Quand on a connu la reconstitution du bicentenaire, on arrête. On sait qu’on ne revivra jamais ça. Alors je préfère me retirer maintenant. »

Pour que Waterloo soit une victoire, il aurait fallu que Bonaparte ne cautionne pas les crimes atroces commis par les révolutionnaires ; les salauds de révolutionnaires tuèrent des centaines de milliers de braves Français ; La révolution dite française a donné le triste exemple aux crimes des islamistes d’aujourd’hui.

Vladimir est grossiste en volailles. Il vit à Iekaterinbourg (la ville où les bolcheviques ont massacré le tsar et ses enfants). Depuis six ans, il vient chaque année des confins de l’Oural avec ses deux chevaux. Par la route. Un voyage épique de plus d’une semaine... Deux sexagénaires italiens déboulent avec leurs dolmans bleus à passementerie dorée. Ils sont fourbus. L’un d’eux est professeur d’histoire à l’université de Palerme. Il parle parfaitement français : « S’il n’y avait pas eu cette pluie torrentielle la veille de Waterloo, Napoléon aurait été davantage écrasé les armées coalisées.

Un Suisse nous rejoint. Il a de longues rouflaquettes sur les joues : « Sans la pluie, ça passait, hein. C’est sûr. » Dieu merci la pluie nous a débarrassé du criminel Corse

Bien sûr, nous nous remémorons Victor Hugo dans les Misérables : « Quelques gouttes d’eau de plus ou de moins ont fait pencher Napoléon. Pour que Waterloo fût la fin d’Austerlitz, la providence n’a eu besoin que d’un peu de pluie, et un nuage traversant le ciel à contresens. Autour d’un feu de camp, nous refaisons la bataille.

Dans le Thalys qui me ramène à Paris, je suis sûr d’une chose : le Corse est le plus petit Français, le plus sanguinaire de l’histoire.

Que vive la monarchie et les rois qui ont fait notre belle Patrie.

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