Afrique Education

MALI : IBK ET SON GOUVERNEMENT.

Laissez-les avancer.

Mercredi 16 octobre 2013 // L’Afrique

Après avoir prêté serment le 4 septembre, le chef de l’Etat du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) n’a pas tardé à nommer un premier ministre.

Agé de 49 ans, ancien conseiller spécial du gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), en poste à Dakar, Oûmar Tatam Ly, chargé, le 5 septembre, de conduire l’équipe gouvernementale, l’a rendue publique, trois jours plus tard. Sans confondre vitesse et précipitation, le nouveau président, connaissant les urgences du moment des Maliens et des Maliennes, a immédiatement rencontré, dès lundi 9 septembre, l’ensemble des ministres, au Palais de Koulouba (présidence de la République), pour une prise de contact, avant le traditionnel conseil des ministres du mercredi. A 68 ans, après avoir été premier ministre d’Alpha Oumar Konaré de 1994 à 2000 et président de l’Assemblée nationale de 2002 à 2007, IBK, mieux que quiconque, aujourd’hui, au Mali, sait où il compte mener son pays et à quel rythme. Ses compatriotes devraient lui faire confiance parce qu’il livre l’un des derniers grands combats de son existence avec l’espoir de graver son nom dans la Grande Histoire du Mali.

Je le dis parce que tout laisse penser qu’il ne disposera-d’aucun état de grâce. Dès le lendemain de la formation du gouvernement, alors que les ministres n’avaient même pas encore pris fonction, les critiques ont commencé à fuser de toutes parts. Après avoir su faire montre d’une hauteur d’esprit au lendemain du deuxième tour en reconnaissant la victoire de son challenger avant même les organismes habilités à donner les résultats, Soumaïla Cissé a fait une fausse note : « Le nouveau gouvernement est pléthorique. Je constate également que les femmes (y) sont sous-représentées », avant de critiquer le fait que « plusieurs ministres étaient déjà aux affaires sous les présidents Alpha Oumar Konaré (qui a dirigé le Mali de 1992 à 2002) et Amadou Toumani Touré (de 2002 à mars 2012) ». Soumaïla a tout faux. Parce qu’il ne lui appartient pas de juger ainsi son adversaire d’hier, même s’il cherche, déjà, à se positionner comme le chef de la future opposition. Pourquoi IBK devrait-il envoyer d’office à la retraite des personnes-ressources quand il les juge aptes t’aider à réussir sa feuille de route ?

Après ce qui leur est arrivé ces derniers mois, les Maliens devraient apprendre à tourner au moins sept fois la langue dans la bouche avant d’émettre une critique contre l’actuelle équipe au pouvoir. lis doivent, ensemble, se donner la main pour permettre son succès, au lieu de lui glisser les peaux de banane sur son parcours pour la faire trébucher.

Il n’y a rien de choquant que le gouvernement dû Mali compte 34 ministres ou plus. Un pays peut ne totaliser que dix ministres et abattre un travail médiocre et un autre, 70 ministres, avec des résultats satisfaisants. Et vice versa. Tout est fonction du commandant de bord qui pilote l’avion. Qu’on arrête, donc, de faire de fausses querelles à un chef d’Etat qui n’a même pas encore fait un mois à la tête du pays.

En recevant ses ministres, lundi 9 septembre, IBK a invité le premier d’entre eux et l’ensemble du gouvernement à se préparer pour une tâche ardue : « Il ne s’agit pas d’une sinécure car nous avons l’exigence de satisfaire exclusivement les exigences fondamentales de notre peuple qui a subi au cours des mois écoulés un traumatisme profond. IL nous faut rebâtir de nouvelle institutions » ; Pourrait-on entreprendre une oeuvre aussi gigantesque rien qu’avec des personnes qui n’ont aucune expérience sur la façon dont fonctionne l’Etat alors que le président sait pertinemment que ses compatriotes ont besoin des résultats tout de suite ?

Il n’est pas non plus indécent que parmi les 34 ministres, il n’y ait que 4 femmes : le président ne va pas inventer des profils de femmes introuvables juste pour donner satisfaction aux fonctionnaires des Nations-Unies chargés du genre.
« D’ici deux mois », selon Cheik Oumar Diarrah, le ministre de la Réconciliation et développement des régions du Nord, « nous engagerons sans tarder, confirme le président de la République, des actions en vue d’organiser les assises nationales du Nord, qui permettront de forger un consensus national favorisant le règlement définitif du problème dit du Nord ». Après ces assises, le gouvernement pourra, en toute loyauté, agir, dans le sens voulu par les populations concernées, sans rien imposer d’en haut.

Y a-t-il une autre façon de faire de la démocratie en dehors de celle-là ? Dans les autres secteurs comme celui de l’armée qui nécessite une réforme en profondeur, il est prévu des démarches similaires. Objectif : reconstruire avec solidité une fois pour toutes, les institutions maliennes. Dès lors, pourquoi ne pas dire à ceux qui commencent à divertir le gouvernement d’arrêter de faire le jeu des ennemis du Mali et de laisser le pays avancer ?

www.afriqueeducation.com

Répondre à cet article