Lettre ouvert aux fidèles et aux hommes de bonne volonté du diocèse de Nanterre

Oui à la paix liturgique et Non à l’exclusion dans le diocèse de Nanterre

Mercredi 21 août 2013 // La Religion

Le diocèse de Nanterre constitue un monde vraiment original au sein de l’Église de France : les catholiques attachés à la liturgie traditionnelle y sont nombreux mais malgré des demandes répétées, jamais les autorités diocésaines n’ont souhaité mettre fin à la dramatique querelle liturgique qui secoue l’Église de France depuis 30 ans. Après plusieurs demandes successives répétées, dès l’arrivée du nouvel évêque, Monseigneur Daucourt, au printemps 2002, un groupe de fidèles a, une nouvelle fois, humblement sollicité que soit enfin mise en œuvre l’instauration de la paix liturgique par une application large et généreuse du motu proprio Ecclesia Dei… À cette demande l’évêque de Nanterre a répondu par la négative en se fondant sur une analyse volontairement tronquée de la situation et renouvelé ainsi la démarche d’exclusion de son prédécesseur à l’encontre d’un nombre important de chrétiens du diocèse. Face à cette situation injuste, simples fidèles, nous avons décidé de créer l’Association pour la paix liturgique dans le diocèse de Nanterre. Nous pensons que tous les fidèles soucieux de la paix, en communion avec le Saint Père, comprendront notre démarche qu’ils soient de Nanterre ou d’ailleurs.

Pouvez-vous nous présenter la situation des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle dans le diocèse de Nanterre ?

La situation est très simple : en effet, depuis les bouleversements provoqués par la mise en place de la réforme liturgique à la fin des années soixante, les fidèles attachés à la sensibilité traditionnelle ont été exclus de la vie du diocèse. Cette situation aurait dû se résorber après la promulgation du motu proprio Ecclesia Dei de 1988 promulgué dans un souci d’apaisement par le pape Jean Paul II, mais elle n’a pas évolué en raison de l’affirmation erronée de la part des autorités diocésaines qu’il n’y avait pas de besoin ni de problème liturgique dans le diocèse de Nanterre pour les fidèles attachés au rite traditionnel…

Cette affirmation est-elle exacte ? Non ! Elle procède de la « méthode Coué », car elle occulte des évidences notoires, comme la présence sur le territoire même du diocèse de communautés de la fraternité Saint Pie X dont l’origine est directement liée aux turbulences nées de la réforme liturgique, mais surtout le caractère « particulier » du diocèse qui s’étend sur le département des Hauts-de-Seine.

Quel est ce caractère particulier ?

Le département des Hauts-de-Seine est peu étendu et étroitement enclavé dans les très proches départements voisins ; ainsi, dans le diocèse de Nanterre, l’on n’est jamais à plus de quelques kilomètres de Paris ou du diocèse de Versailles. C’est pourquoi, confrontés à l’ostracisme de leurs évêques successifs, de nombreux fidèles des Hauts-de-Seine attachés à la liturgie traditionnelle ont pris l’habitude au fil des années de fréquenter des paroisses situées hors du diocèse comme à Port-Marly, au Chesnay, à Versailles ou à Paris. Ce qui a pu faire croire aux autorités du diocèse de Nanterre que le problème des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle n’existaient pas dans le diocèse.

Êtes-vous certains que des fidèles des Hauts-de-Seine pratiquent hors du diocèse ?

Bien sûr ! Les recensements de la pratique religieuse qui ont été réalisés par les autorités diocésaines voisines l’attestent avec certitude ; ainsi nous savons par exemple que 20 % des fidèles de Port-Marly, et 17 % des fidèles de Notre-Dame-des-Armées sont originaires des Hauts-de-Seine… Des chiffres semblables pourraient se retrouver à propos des chapelles du diocèse de Paris comme ND du Lys ou Sainte Odile.

Est-ce à dire que les diocèses voisins ont mené une politique différente vis-à-vis de ces fidèles ?

Oui et particulièrement dans le diocèse de Versailles où en 1988 les demandes étaient semblables à celles qui s’expriment toujours aujourd’hui dans les Hauts-de-Seine ; or, dans ce diocèse les problèmes furent gérés par Mgr Thomas avec beaucoup de diplomatie et de charité malgré les soubresauts de l’histoire. Ainsi, aujourd’hui, le diocèse de Versailles peut-il être cité en exemple pour l’œuvre qu’il mène avec succès pour l’unité des catholiques et la réintégration des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle dans le tissu ecclésial local. Il est d’ailleurs curieux d’entendre aujourd’hui des prêtres du diocèse de Nanterre dire que cet apaisement mis en œuvre dans les diocèses de Paris et Versailles l’a été de concert avec les autorités du diocèse de Nanterre… alors que jamais des relations, mêmes basiques, n’ont pu s’établir entre les fidèles du diocèse et leur évêque et qu’il est de bon ton d’affirmer à l’Évêché « que dans le diocèse de Nanterre le problème des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle n’existe pas. »

Mais si les fidèles fréquentent des paroisses extérieures aux Hauts-de-Seine, pourquoi désirez-vous aujourd’hui que soient appliqués les privilèges du motu proprio dans le diocèse de Nanterre ?

Ce n’est pas parce que les autorités du diocèse de Nanterre ont toujours refusé le dialogue et l’apaisement que l’on doit se satisfaire de cette situation qui entraîne de nombreux fidèles à préférer s’expatrier ou fréquenter les prieurés de la Fraternité Saint-Pie X tout proches. En premier lieu, il nous faut tout d’abord dire que les chapelles situées à la périphérie des Hauts-de-Seine et où est célébrée la liturgie traditionnelle sont saturées… Notamment du fait du grand nombre des fidèles des Hauts-de-Seine qui les fréquentent ! En effet très nombreux sont les fidèles et les familles attachés à la liturgie traditionnelle qui résident dans le diocèse de Nanterre. Appartiendrait-il aux évêques voisins d’octroyer de nouvelles églises dans leur propre diocèse simplement car les autorités de Nanterre veulent ignorer la réalité à laquelle ils sont confrontés ?

Pensez-vous que les fidèles du diocèse de Nanterre attachés à la liturgie traditionnelle soient nombreux ?

Les éléments en notre possession l’affirment. Ainsi, il nous faut rappeler que plus de 4 000 familles signataires de la Supplique au Saint-Père lancée en 1995 par le père abbé du Barroux résidaient dans les Hauts-de-Seine. Si on y ajoute les membres des associations amies, les abonnés des revues d’esprit traditionnel, si l’on se souvient des centaines de personnes du département qui participent chaque année aux pèlerinages traditionnels de la Pentecôte, c’est aujourd’hui probablement plus de 5 000 familles des Hauts-de-Seine qui souhaitent vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle.

Mais ce chiffre est considérable !

Sans doute l’est-il beaucoup plus encore si l’on se réfère à l’enquête qui a été réalisée par IPSOS en 2001 sur le thème de la liturgie traditionnelle, car les résultats de ce sondage indiquaient que c’est plus de 15 % des catholiques français de tous âges qui souhaitaient vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle, seuls 5 % des catholiques se disaient opposés à ce que cette liturgie soit accordée aux fidèles qui le souhaitent. Nous pourrions donc penser que ce ne sont pas seulement 5 000 familles du diocèse de Nanterre qui souhaitent participer à une messe traditionnelle, mais vraisemblablement plusieurs dizaines de milliers. D’ailleurs les tractages que nous avons réalisés depuis deux mois dans les paroisses du diocèse confirment cette impression et nous montrent que très peu de fidèles sont hostiles à notre requête alors que beaucoup nous avouent s’y associer pleinement. C’est pourquoi nous pensons représenter bien plus de 10 % des fidèles du diocèse et ce n’est pas en niant cette réalité depuis plus de 30 ans que l’on peut espérer régler cette délicate question. Mais certains prêtres affirment qu’ils ne connaissent aucun fidèle désireux de voir se propager cette célébration ? Cela, je le comprends très bien, et il faut le mettre en lien avec la situation de terrorisme intellectuel dans laquelle nous vivons : dans cette situation, il faudrait en effet être un véritable kamikaze pour avouer à son curé que l’on souhaiterait plutôt assister à la liturgie traditionnelle qu’aux célébrations actuelles sans se faire accuser d’intégrisme ou exclure ; ainsi c’est une véritable chape de plomb qui s’impose aux fidèles qui n’ont d’autre choix que de se taire ou de partir. Il est juste cependant de rappeler que, discrètement, nombre d’ecclésiastiques du diocèse partagent notre point de vue et reconnaissent la légitimité de notre requête.

Mais d’autres ecclésiastiques vous reprochent de vous lancer dans des combats stériles alors qu’ils ne vous voient pas agir dans des œuvres caritatives ou d’évangélisation ?

Comme de nombreux ecclésiastiques du diocèse n’identifient pas ceux de leurs fidèles qui souhaitent vivre leur foi au rythme de la liturgie traditionnelle, il leur est difficile de savoir si ceux-ci participent ou non à la vie de l’Église. Nous connaissons au contraire de nombreux amis qui s’investissent dans le scoutisme ou les écoles mais aussi dans les œuvres caritatives telles l’ordre de Malte, la Conférence Saint Vincent de Paul ou le Secours Catholique, ainsi que dans les mouvements d’évangélisation : la population du pèlerinage de Chartres le montre clairement – idem pour les conversions baptêmes et confirmation observées au sein des Scouts d’Europe ou de Jeune Chrétienté. De plus comment peut-on dire que la vie spirituelle et liturgique est un élément stérile ? C’est dans cette liturgie que des familles souvent nombreuses, des laïcs souvent très actifs, des vocations, trouvent leur nourriture spirituelle et on mépriserait cela ? Mais pour en revenir à l’essentiel, quels sont vos motifs de solliciter la célébration de messe traditionnelle dans le diocèse ?

Ils sont profonds : en effet, si l’on reconnaît que de nombreux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle vivent au sein du diocèse et qu’ils sont aujourd’hui exclus de la vie diocésaine, l’on comprendra qu’il faut absolument et urgemment trouver un moyen de rétablir des liens normaux entre catholiques au sein de l’Église de Nanterre. Or la restauration de ces liens ecclésiaux passera obligatoirement par la cohabitation au sein même du diocèse de fidèles de différentes sensibilités et sans en exclure aucune ; c’est à ce prix que s’établira une véritable paix et que ceux des fidèles qui peuvent encore accuser les autorités diocésaines d’ostracisme et préfèrent se tourner vers la Fraternité Saint Pie X n’auront plus de motif de le faire ou d’y être contraints. C’est cela l’objet de notre démarche, plus encore que celle de faciliter l’accès de tel ou tel à une messe traditionnelle célébrée plus près de son domicile.

Mais votre désir d’Unité n’est-il pas contradictoire avec votre souhait de vivre votre foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle de l’Église ?

Pourquoi opposer unité et diversité ? Nous aimerions reproduire les paroles de Mgr Jean-Charles Thomas, ancien évêque de Versailles (publiées dans « Enquête sur la messe traditionnelle », La Nef, 1998) : « Cette diversité n’est pas une faute contre l’unité : elle peut même la favoriser, pourvu qu’elle soit vécue dans la communion au même Corps du Christ constitué de membres différents, dans la communion au même Esprit qui répartit les dons et charismes pour le bien de tous. Certes, je l’observe facilement, ceux qui préfèrent le rite de 1962 partagent assez généralement des préférences ou des sensibilités assez semblables en tous ces domaines. Mais ceux qui célèbrent selon le rite romain actuel connaissent entre eux des clivages autrement plus grands. […] Si, demain, les chrétiens de différentes confessions tissent entre eux les liens d’une meilleure Unité, il est certain que demeurera entre eux une réelle diversité liturgique. L’essentiel sera que tous, membres de l’Unique Église du Christ, selon le tempérament et la sensibilité propres à chaque grande culture, puissent célébrer leur Unique Seigneur dans une même foi, une même espérance et un même Amour. La diversité de rites liturgiques existera probablement sur l’ensemble de la terre : mais elle ne coexistera pas en chaque lieu de l’univers. L’Unique Église, en marche vers son unité parfaite, sera ainsi plus vraiment en train de devenir « catholique » au sens de notre antique Credo : une communion universelle de communions locales. » C’est pourquoi il est vain de poursuivre une stérile guerre liturgique dans ces premières années du IIIe millénaire.

Votre démarche en faveur de l’Unité est-elle nécessaire ?

Elle est indispensable : le diocèse est la cellule de base de l’Église et son chef le successeur des apôtres, comment alors imaginer que des chrétiens ne puissent ni connaître, ni vivre ni être reconnus par leur Père dans la Foi, et vivre ordinairement en dehors de l’Église à laquelle ils appartiennent ? Comment l’Église peut-elle manifester son désir d’amour et de charité à l’égard de tous ceux qui sont éloignés d’elle si elle pratique l’exclusion en son propre sein ? C’est un problème de crédibilité. Les hommes d’Église ne peuvent pas tenir sérieusement un discours de charité dans de telles conditions. Un œcuménisme qui ferait l’impasse sur les catholiques eux-mêmes se discrédite. Et comment dire que l’on agit sous la tutelle du Saint-Père si l’on n’écoute pas ses demandes ? Notre cœur de chrétien a mal quand des responsables de la pastorale nous disent à la sortie d’une messe où nous avons distribué nos tracts : « De temps en temps, ça ne fait pas de mal de désobéir au pape » !

Vous adressez aujourd’hui votre requête à l’évêque de Nanterre ; est-ce bien à lui d’accorder ce privilège et non à d’autres autorités de l’Église ? Le droit canon l’affirme, c’est l’évêque qui est le maître des questions liturgiques dans son diocèse. C’est pourquoi nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation surprenante dans laquelle le pape et les autorités de Rome souhaitent ardemment la paix liturgique, où la plupart des évêques de France s’associent à cette volonté mais où l’évêque du lieu, pour nous l’évêque de Nanterre, s’oppose à une requête. Mais il ne faut pas oublier que l’évêque, avant d’être une autorité juridique, est avant tout le Père commun de tous les fidèles du diocèse. C’est pourquoi nous nous adressons filialement à lui et à ses prédécesseurs depuis plus de 18 ans, pour que la charité et l’amour priment sur le seul droit. C’est pourquoi Monseigneur Ricard, le président de la conférence épiscopale de France, nous écrivait il y a quelques jours à peine qu’il n’avait pas le pouvoir régler ce conflit et que nous devions y parvenir avec notre évêque. Alors que ce qui est en jeu est la paix et l’unité de l’Église locale, l’exclusion de fidèles pendant des années et des générations est-elle bénéfique pour l’Église du Christ ?

Que souhaitez-vous aujourd’hui ?

Nous souhaitons une application large et généreuse des privilèges du motu proprio en faveur de la liturgie traditionnelle dans le diocèse de Nanterre. Cette application large et généreuse implique que soient octroyées au moins trois chapelles où seront célébrées chaque dimanche et fête et à heure fixe, la liturgie traditionnelle pour des communautés qui ne manqueront pas de se mettre en place rapidement. Il va de soi que ces communautés d’Église devront être animées par des prêtres bienveillants, sans quoi la question ne peut être réglée. C’est le caractère étendu du diocèse qui nous amène à demander que le nombre de ces chapelles soit de trois au minimum : l’une située au centre du diocèse dans le périmètre Rueil, Boulogne, Neuilly, Nanterre, l’autre dans la partie nord du diocèse, périmètre de Courbevoie, Levallois, Asnières, Clichy, une troisième enfin dans la partie sud du diocèse dans le périmètre compris entre Meudon, Issy-les-Moulineaux, Montrouge et Sceaux. C’est à ce prix et à lui seul que se rétabliront à nouveau des liens ecclésiaux et que s’apaiseront les querelles liturgiques.

Pourquoi vouloir imposer vos choix personnels aux autres fidèles du diocèse ?

Mais nous ne voulons rien imposer à personne ! Personne n’est obligé de faire les mêmes choix que nous et nous ne critiquons pas la manière de faire des prêtres ou des fidèles qui se sentent à l’aise dans la liturgie actuelle. Nous ne jugeons personne. Mais le Saint-Père a voulu que notre attachement soit respecté car il est une richesse pour l’Église… Nous désirons juste que cette demande du pape soit respectée, pour nous-mêmes, nos familles et tous ceux qui seraient heureux de vivre leur vie de chrétien au rythme de cette liturgie.

Devant notre impossibilité d’établir un vrai dialogue avec notre évêque, nous avons décidé au printemps 2003 de créer un mouvement en faveur de la paix liturgique dans le diocèse. C’est dans ce cadre que nous avons entrepris, depuis le mois de juin 2003, une action de sensibilisation des fidèles du diocèse pour mettre fin à l’ostracisme dont nous faisons l’objet, pour que cesse le scandale de notre exclusion. Cette action nous allons la poursuivre désormais à notre rythme et selon les modalités qui s’imposeront petit à petit.

Mais est-ce bien le moment d’entreprendre cette action ? Avez-vous donné suffisamment de temps à votre nouvel évêque pour étudier cette question ?

Il est important de rappeler que notre demande n’est pas nouvelle et que sans cesse depuis 1988, nous avons souhaité trouver une solution d’apaisement au sein du diocèse, malheureusement sans y parvenir faute d’un véritable dialogue et souvent d’interlocuteurs. Aujourd’hui, nous pensons que 15 ans de mépris et d’exclusion suffisent, nous ne voyons pas ce qui pourrait justifier d’attendre plus longtemps avant de réagir enfin ; c’est pourquoi, après avoir consulté de nombreuses autorités religieuses en France et à Rome et après avoir reçu le soutien de notre ami le père-abbé du Barroux, nous avons décidé au printemps de lancer notre démarche pour lutter contre le scandale de notre exclusion et pour la paix liturgique. En ce qui concerne Mgr Daucourt, qui ne peut pas ignorer l’existence des demandes précédentes, c’est dès septembre 2002 qu’un contact direct a été pris avec lui ; toutefois, en dépit de nombreuses tentatives, lettres et demandes, plus d’un an après, sa position n’a pas changé. Non seulement le refus de la Messe, mais même le refus d’une simple rencontre afin que chacun apprenne à connaître l’autre et ses préoccupations. Ce n’est donc pas un problème de temps puisque le refus s’est voulu ferme et sans appel.

Mais jusqu’où pensez-vous devoir poursuivre cette entreprise ?

Notre action ne fait que commencer. À notre rythme nous allons la développer, dans les Hauts-de-Seine et partout où cela sera nécessaire, jusqu’au moment de la conclusion d’une paix authentique. Mais il faut savoir que notre détermination est grande et que nous sommes prêts à poursuivre ce que nous lançons aujourd’hui pendant des années si cela est nécessaire et que, s’il y a aujourd’hui scandale, celui-ci ne vient pas de nous mais de ceux qui ont laissé pourrir la situation dans laquelle nous sommes depuis plus de trente ans.

N’est-ce pas paradoxal d’avoir à se battre pour la paix et l’Unité ?

Combattre n’est pas haïr ! L’on nous a enseigné que l’on pouvait et devait agir si les causes en valaient la peine. Or, notre situation actuelle exige aujourd’hui une telle réaction pour que cessent le scandale de l’exclusion et la pratique de l’apartheid liturgique dans le diocèse de Nanterre. Pour être francs, nous espérions beaucoup de l’arrivée de Mgr Daucourt qui a tant écrit sur son action en faveur de la paix et de l’Unité… Mais nous nous interrogeons aujourd’hui pour savoir quelle est la sincérité de ces discours. Comme la porte de notre père évêque nous est fermée, que les medias catholiques font le silence sur cette question, il ne nous restait aucune autre solution que celle d’en appeler à nos frères du diocèse de Nanterre à travers les distributions de tracts de sensibilisation que nous avons effectuées.

Pensez-vous limiter votre action au niveau du diocèse de Nanterre ?

Notre vœu est d’obtenir une application généreuse du motu proprio au sein du diocèse de Nanterre ; c’est donc en son sein que nous allons principalement agir et particulièrement en direction de son chef notre évêque. Cependant les Hauts-de-Seine ne constituent pas une enclave étrangère mais font partie de l’ensemble de l’Église de France ; aussi, si le besoin s’en faisait sentir, nous pourrions intervenir là où ce serait nécessaire pour que cesse le scandale de notre exclusion.

Combien de temps pensez-vous qu’il vous faudra pour aboutir à un résultat ?

Nous espérons aboutir le plus rapidement possible à la fin des querelles liturgiques et à l’unité des fidèles autour de leur pasteur mais il faut rester réaliste ; l’ostracisme contre nous est tel qu’il est improbable, sauf miracle, que la situation s’améliore rapidement ; aussi continuerons-nous notre action aussi longtemps que cela sera nécessaire.

Comment peut-on vous aider ?

Dans la situation actuelle, chacun peut se demander « que faire ? » et se dire « mais je ne suis qu’un laïc, sans pouvoir, il n’y a rien à espérer »… et de là peuvent naître l’amertume, la rancœur, autant d’attitudes qui ne sont pas signes d’un véritable esprit chrétien. D’autres diront : « Mais à quoi bon protester puisque je serais une voix isolée… et puis ce serait créer le scandale ». On peut faire mieux et on peut même faire beaucoup car notre demande est juste et légitime, le pape lui-même et ses cardinaux l’ont rappelé plusieurs fois. Dans de nombreux diocèses, des évêques bienveillants et soucieux de la paix et du bien-être de leurs fidèles ont pris des mesures simples pour répondre aux appels du Saint-Père. De plus, nous sommes particulièrement nombreux dans le diocèse de Nanterre, nous ne sommes pas isolés dans une demande qui ne concernerait personne.

Voilà donc ce qu’il est possible de faire.

Prier pour le diocèse, pour notre évêque, pour que nos appels soient enfin entendus, prier pour que la paix liturgique règne enfin et que cesse l’exclusion. Faire savoir aux autorités notre refus de laisser la situation continuer ainsi ; il n’est plus possible d’attendre. L’Église de France se meurt et on exclut ainsi une part importante de fidèles, de vocations, de prêtres ? Nous savons que les autorités peuvent le comprendre aisément. Il faut donc écrire et écrire même régulièrement à partir du lancement de notre action… jusqu’à ce que le problème soit résolu. Cela demande beaucoup de patience, de modération dans les termes que nous utilisons, de respect même si parfois la colère nous étreint. Il faut donc écrire à notre évêque d’abord car, malgré les difficultés, il est notre père et notre pasteur ; il faut écrire à notre curé, aux prêtres du diocèse que nous connaissons car ils ne peuvent pas être insensibles à notre détresse ; il faut écrire au président de la conférence épiscopale Mgr Ricard, car il connaît bien cette question et y a dans le passé trouvé des réponses pleines de charité ; il faut écrire au Nonce apostolique car il est le représentant du Pape en France ; il faut écrire à Rome, au cardinal Castrillon Hoyos, que le Saint-Père a chargé spécialement, pour l’Église tout entière, de répondre avec charité aux justes aspirations des fidèles. Le plus efficace étant de nous envoyer copie de vos lettres, de vos éventuelles réponses, quelle que soit leur nature, de façon à nous permettre d’étoffer un dossier déjà important. Écrire, c’est à la portée de tous et ensemble notre voix sera plus forte

Enfin nous sommes décidés à agir plus avant, à faire connaître dans les paroisses notre situation d’exclusion par des actions d’informations (tractages ou autres) et à insister par notre présence auprès de l’évêque sur le caractère intolérable de cette situation. C’est un degré supplémentaire d’engagement que vous pouvez prendre. Sans doute nous faudra-t-il insister longtemps avant d’être entendus, nous avons donc pour cela besoin du plus grand nombre possible de bonnes volontés. Pour cela il vous suffit de nous contacter par téléphone ou par courrier et de proposer vos services ; aucune qualité n’est particulièrement requise, juste votre bonne volonté et une disponibilité ponctuelle. Les fidèles de Nanterre n’ont pas provoqué de conflit avec leur évêque. Ils ont simplement souhaité et souhaitent encore aujourd’hui, seulement sortir d’une situation bloquée depuis 1985..

Aux " faux naïfs" qui s’interrogent sur les raisons d’avoir initié les activités de Paix Liturgique et qui reprochent de ne pas avoir laissé assez de temps à l’évêque ou de ne pas employer les "bonnes méthodes", nous répondons simplement que lors qu’est né, en 2003, le Mouvement pour la Paix liturgique dans le diocèse de Nanterre, cela ne s’est pas décidé sans prière ni réflexion.

Ce document de 2003 qui fait état de démarches encore plus anciennes (1985...), atteste s’il en était besoin, la vieille tradition d’ostracisme et d’exclusion du diocèse de Nanterre à l’endroit des fidèles attachés à la liturgie traditionnelle de l’Église.

C’est bien l’attitude sectaire et sans appel des autorités diocésaines depuis tant et tant d’années dans le diocèse de Nanterre qui a conduit des fidèles a initier l’activité du mouvement Paix Liturgique. Ceux qui - soit par manque d’information, soit par esprit partisan - accusent les fidèles du diocèse de Nanterre de ne pas favoriser la confiance et encore moins la collaboration, seraient mieux inspirés de regarder en face l’immense responsabilité de l’autorité diocésaine de Nanterre absolument incompréhensible dans cette affaire.

Ce diocèse qui aurait pu être un exemple de paix et de coexistence pacifique des deux formes du rite romain est un triste exemple de la culture du mépris, des intrigues et des coups bas qui continuent de pleuvoir sur les fidèles attachés à la messe traditionnelle.

En 2002, comme en 1985, ces fidèles voulaient alors rencontrer leur évêque... A ce jour en août 2008 il ne l’on toujours pas vu ! Jamais leur pasteur - qui dès 2003 déclarait publiquement à un fidèle attaché à la liturgie traditionnelle qui sollicitait un entretien : "compte tenu de votre demande, je ne juge pas utile de vous recevoir", n’a accepté ne serait-ce que de les recevoir, de parler autour d’une table, en frères, en chrétiens. Ce contre-témoignage nous paraît incompréhensible à l’heure du Motu Proprio du 7 juillet 2007 de Benoît XVI.

La messe mise en place - après l’inexplicable déportation de Nanterre - dans la précipitation et sans concertation par l’abbé Aybram à Saint Cloud à une heure très matinale et dans un endroit difficilement accessible et non central n’est en aucun cas une réponse juste et proportionnée pour les nombreuses demandes qui se sont manifestées aux quatre coins du diocèse. Ce type de manipulations mesquines n’honore guère leurs auteurs. Nous ne sommes plus en 1988 mais en 2008 et nous souhaitons la coexistence pacifique des deux formes du rite romain dans le cadre paroissial, pas l’instauration de réserves indiennes... La réalité est que partout où les demandes se sont manifestées - que ce soit à titre d’exemple à Neuilly, Boulogne, Sceaux,Issy-les-moulineaux, Sèvres, Asnières, Courbevoie ou Ruéil, la réponse a été non, non et toujours non. Voilà comment on reçoit le Motu Proprio de Benoît XVI dans le diocèse de Nanterre... Édifiant ! Depuis des années, nous avons été droits, francs et transparents en exprimant clairement ce que nous souhaitions. Reproduisons les paragraphe les plus significatifs (mis en gras) ... de notre lettre de 2003, ils contiennent tout !

En voici deux.

Notre action ne fait que commencer. À notre rythme nous allons la développer, dans les Hauts-de-Seine et partout où cela sera nécessaire, jusqu’au moment de la conclusion d’une paix authentique. Mais il faut savoir que notre détermination est grande et que nous sommes prêts à poursuivre ce que nous lançons aujourd’hui pendant des années si cela est nécessaire et que, s’il y a aujourd’hui scandale, celui-ci ne vient pas de nous mais de ceux qui ont laissé pourrir la situation dans laquelle nous sommes depuis plus de trente ans.

Nous espérons aboutir le plus rapidement possible à la fin des querelles liturgiques et à l’unité des fidèles autour de leur pasteur mais il faut rester réaliste ; l’ostracisme contre nous est tel qu’il est improbable, sauf miracle, que la situation s’améliore rapidement ; aussi continuerons-nous notre action aussi longtemps que cela sera nécessaire.

Ces lignes écrites avant l’entrée en vigueur du Motu Proprio de Benoît XVI, n’ont pas perdu une virgule de leur actualité. Au contraire, nous sommes plus que jamais déterminés à servir la juste cause de la paix liturgique aussi longtemps que cela sera nécessaire.

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