Lettre aux Français.

Mardi 24 avril 2012 // La France

Drapeau de FranceLongtemps après l’exposé du programme socialiste, Nicolas Sarkozy s’est adressé directement aux Français dans une lettre où il expose sa vision de l’avenir.

Selon Nicolas Sarkozy, la France « peut rester un pays libre et souverain. Elle peut préserver ses valeurs, son identité, son mode de vie » et finalement maîtriser son destin si elle reste « la France forte » proclamée sur les affiches du candidat. Preuve de cette force : lors des attentats de Montauban et de Toulouse, « la France n’a pas cédé à la terreur », elle s’est retrouvée dans l’unité.

D’où la nécessité de concilier un monde ouvert et l’impératif de sécurité : l’Etat a un devoir de protection - dont les socialistes ne se soucient guère, explique le Président dans une incise. Le nouveau gouvernement devra être intraitable à l’égard du fondamentalisme. C’est ce même impératif de protection qui doit conduire à poser la question des frontières extérieures de l’Europe qui ne sont pas assez contrôlées. D’où une proposition qui a fait grand bruit : « l’Europe doit s’organiser pour aider les pays qui ont du mal à sécuriser leurs frontières. Elle doit adopter une législation commune en matière d’asile et d’immigration. Si cela n’était pas mis en oeuvre dans un délai d’un an, la France rétablirait des contrôles ciblés à ses frontières et suspendrait sa participation à la zone Schengen ». Ces mesures seront accompagnées d’une ferme politique de l’immigration, longuement exposée dans cette Lettre aux Français.

Après des mesures de justice fiscale (suppression des « parachutes dorés »), cette lettre annonce une politique scolaire dans l’esprit de Jules Ferry (acquisition des savoirs fondamentaux par tous les élèves). Puis Nicolas Sarkozy développe sa politique de protection économique et sociale. Pour lui, la réforme des retraites et la réduction du nombre des fonctionnaires ont permis de mieux affronter une crise gravissime qui aurait pu détruire les banques et l’euro. Or les Français ont été mieux protégés que leurs voisins, quant au chômage, au taux de pauvreté et au pouvoir d’achat.

Cette analyse d’une France qui « a tenu » conduit Nicolas Sarkozy à une vive critique de l’Union européenne : « L’Europe devait nous protéger, elle a aggravé notre exposition à la mondialisation » [...] La Commission, qui avait joué un rôle essentiel pour construire l’Union européenne, s’est transformée en un cénacle technocratique et coupé des peuples [...] L’Europe s’est crue investie du devoir d’être le meilleur élève de la mondialisation, celui dont les frontières devaient être les plus ouvertes et l’économie la plus dérégulée. Cela dit, Nicolas Sarkozy rejette la démondialisation chère à Arnaud Montebourg mais souhaite que les François soient mieux défendus contre les effets de la mondialisation dans un pays qui doit rester ouvert.

Le projet de Nicolas Sarkozy reste donc libéral et européen : conformément aux accords signés avec nos partenaires, l’effort portera sur la réduction des dépenses publiques comme dans les autres pays européens toujours confrontés à la crise de la dette. Il y a donc appel à l’effort de tous : l’Etat, les collectivités locales, les bénéficiaires du RSA qui devront effectuer 7 heures par semaine de tâches d’intérêt général, les salariés qui auront à s’adapter à la conjoncture dans une économie où la priorité sera donnée à l’industrie sur la finance.

Ainsi rédigée, la Lettre relie le souci identitaire et l’ouverture, la France du Oui et celle du Non au référendum de 1995, les bénéficiaires et les victimes de la mondialisation dans une même ambition. Si Nicolas Sarkozy est réélu, il faudra encore qu’il obtienne une majorité parlementaire acquise à des propositions qui seront exposées, comme celles de 2007, à une tourmente économique et financière qui n’a pas faibli depuis que les candidats sont entrés en campagne.

Répondre à cet article