Les morts du terrorisme à Tripoli.

Jeudi 12 décembre 2013 // Le Monde

Le 3 novembre, Ali Zeidan, a annoncé que l’Italie proposait d’assurer le contrôle des frontières du pays, y compris la zone d’AI-Awaynat, à la jonction du Soudan et de l’Egypte. Peut-on encore parler d’un Etat libyen souverain ?

La proposition de l’Italie a évolué avec les multiples naufrages des embarcations de réfugiés au large de l’lle de Lampedusa dont celui du 3 octobre qui a fait, officiellement, 328 morts, accentuant la nécessité de renforcer d’une manière ou d’une autre, la surveillance des côtes de la partie Sud du continent européen qui font face à celles de l’Afrique du Nord. Le plan initial présenté par l’Italie dans une lettre à Catherine Ashton, la responsable de la diplomatie européenne, prévoyait que Rome encadrerait la police et l’armée libyennes défaillantes, de manière à tarir les départs. Cependant, le chaos est tel que ce travail, pour le moment, s’avère impossible. La preuve, Washington envisage la formation des militaires libyens non pas en Libye,.mais en Bulgarie. La Libye ne dispose plus d’armée. Celle-ci est à bâtir entièrement. Plusieurs milices ont mis le pays en coupes réglées de telle sorte que la réorganisation rationnelle de la future armée suppose leur disparition. Conséquence, on se dirige donc vers un contrôle des frontières Sud et Est du pays par l’Italie, l’ancienne puissance colonisatrice, consacrant le recul que personne n’aurait soupçonné au moment où le pouvoir actuel s’installait.

Frontières sous surveillance Italienne.

Lundi 28 octobre, un fourgon de transport de fonds a été victime, à Syrte, d’une attaque menée par 10 hommes lourdement armés. Résultat : un butin de 54 millions de dollars emportés dans le désert dont personne n’a plus entendu parler. Une somme répartie de la manière suivante : 53 millions de dinars libyens, ce qui équivaut à 42 millions de dollars, et une somme de 12 millions de dollars américains et en euros. Le fourgon venant de l’aéroport, se dirigeait vers le centre de Tripoli quand son unique véhicule d’escorte a été attaqué par dix malfrats lourdement armés, qui étaient prêts à tout.

A cette allure où vont les choses, les Libyens ne vont-ils pas bientôt regretter Kadhafi si ce n’est déjà le cas ? L’insécurité est totale et n’épargne pas les plus hautes personnalités de l’Etat et des renseignements. Le 10 octobre 2013, c’est le premier ministre, en personne, Ali Zeidan, qui a été kidnappé, à Tripoli, par une milice, comme au Far West, avant d’être libéré quelques heures plus tard. Cinq semaines après, le 17 novembre, c’est le numéro 2 des renseignements libyens, Mustapha Nouh, qui subissait le même sort, à l’aéroport de Tripoli. Après plusieurs tractations, il fut libéré le lendemain. Depuis plus de deux mois, le fils du ministre de la Défense est détenu quelque part, dans Tripoli. Bref, personne n’est en sécurité en Libye.

Pour parer au plus pressé, le Pentagone s’est dit prêt à assurer la formation de 5.000 à 8.000 soldats libyens dans une base américaine située en Bulgarie. On est encore loin de l’embryon d’une armée Libyenne digne de ce nom. Le 3 novembre, ALI ZEIDAN a annoncé que l’Italie proposait d’assurer le contrôle des frontières du pays, y compris de la ZONE d’AL-AWAYNAT, à la jonction du Soudan et de l’Egypte. Peut-on encore parler d’un Etat libyen SOUVERAIN ?

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