Les grandioses « Monarchies des Habsbourg et celles des Capétiens ».

Mercredi 12 décembre 2012 // L’Histoire

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Portrait de Louis XVI en habits de Sacre par Joseph Siffred Duplessis

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Sa Majesté l’Empereur d’Autriche-Hongrie

A l’occasion du centenaire de la naissance de SAIR l’Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine, chef de la Maison impériale d’Autriche et de la Maison royale de Hongrie, né le 20 novembre 1912 et mort le 4 juillet 2011, la Fédération des sociétés historiques et archéologique des Yvelines et le Centre de recherche du château de Versailles ont organisé, du 15 au 24 novembre derniers, une série de manifestations dont le colloque « Les Habsbourg et la France » qui s’est tenu au sein même du château de Versailles.

Il était à la fois émouvant et impressionnant d’entendre les communications faites par les plus grands spécialistes dans ce haut lieu où plusieurs des événements évoqués s’étaient déroulés et que les personnages cités avaient le plus souvent fréquentés. Les rapports entre les Habsbourg et la France n’ont jamais été simples mais ils n’ont pas toujours été aussi conflictuels qu’une première approche pourrait le laisser penser.

Certes, la rivalité de François 1er et de Charles-Quint a fortement marqué les relations internationales dans l’Europe du XVI° siècle, de même que la guerre de succession d’Espagne, qui a vu s’affronter le roi Louis XIV et l’empereur Léopold V : il ne pouvait en être autrement entre le chef du Saint Empire romain germanique et le roi qui entendait être « empereur en son royaume ». Cet affrontement s’est poursuivi dans les siècles suivants, notamment lors des guerres de la Révolution et de l’Empire français au XIX° siècle où l’Autriche a participé à plusieurs coalitions contre la France.

Mais, à l’inverse de cette opposition, bien des alliances ont été scellées, à commencer par les alliances matrimoniales : les mariages Bourbon-Habsbourg de Louis XIII et d’Anne d’Autriche (1615), de Louis XIV ;- et de Marie-Thérèse (1660) et bien sûr du futur Louis XVI et de Marie-Antoinette (1770) auxquels il faut ajouter le marge plus improbable de Napoléon et de Archiduchesse Marie-Louise (1810) dont l’enfant né de cette union, le Roi de Rome, fils de l’Empereur des Français et petit-fils de l’Empereur d’Autriche, aurait pu réunir les deux Empires, ce que le Congrès de Vienne, soucieux des équilibres en Europe, ne permit pas.

Alliance politique aussi, sous le Second Empire, avec la malheureuse expédition du Mexique qui fut fatale à l’infortuné empereur Maximilien de Habsbourg.

Avec le XX° siècle, semble revenu le temps de l’affrontement, mais c’est oublier que l’empereur Charles 1er, marié à la princesse Zita de Bourbon-Parme, monté sur le trône en pleine Première Guerre mondiale, a voulu mettre fin au conflit, en 1917, pour établir une alliance avec la France que celle-ci n’était pas prête, néanmoins, à conclure. Son fils, Otto de Habsbourg-Lorraine, très attaché à l’ensemble de ses titulatures, a marqué, à sa manière, son affection à la Lorraine, devenue française seulement au XVIII° siècle mais au patriotisme français bien trempé, en venant se marier à Nancy le 10 mai 1951.

 Par la suite, devenu président de l’Union paneuropéenne internationale, député européen et aussi Président du Comité international pour le français langue européenne, l’Archiduc rencontrera et entreprendra une correspondance aussi suivie que chaleureuse avec Charles de Gaulle avec lequel il partageait une vision commune de l’Europe.

Les Habsbourg et la France, une belle histoire, tout simplement.

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