Les élites ont trahi.

Samedi 1er mars 2014 // La France


www.innovation-democratique.org
https://twitter.com/PVaurs

Il est toujours difficile de porter un jugement sur les réalités sociologiques du moment. On risque de procéder par généralisations abusives à partir de l’observation superficielle d’un groupe restreint, sans prendre garde aux concepts qu’on utilise. Quant aux élites, l’approche doit être d’autant plus prudente que le milieu dirigeant provoque plus que tout autre les ressentiments et les fantasmes. Cela se comprend : les éminentes personnalités exposées à tous les regards vivent à l’abri de barrières infranchissables. Il est facile d’imaginer de noirs complots alors que les sociologues et les témoins expliquent à qui veut les entendre une réalité toute simple : les élites pensent et agissent selon des convictions et des intérêts qu’ils proclament à certaines époques et qu’ils taisent à d’autres moments de l’histoire.

A tort ou à raison, les nobles et les bourgeois des siècles passés proclamaient la haute idée qu’ils se faisaient de leurs fonctions sociales... Tel n’est plus le cas. Les élites mentent sciemment au peuple pour masquer leur comportement et leurs véritables projets. Apologie des Valeurs et enrichissements frauduleux, discours patriotique et alignement européiste, diatribes contre la finance et la soumission aux banques... nous avons pu constater a posteriori la fréquence et l’ampleur des mensonges proférés par les diverses fractions de l’oligarchie. Restait à comprendre la cause première de ces attitudes. Nous avons dénoncé une relation de plus en plus distendue entre les élites françaises et la France, nous avons pu affirmer sur le mode polémique qu’il y avait rupture mais nous ne pouvions pas fournir les preuves suffisantes.

En voici, qui sont décisives. Elles sont données par une personnalité qui est au coeur de l’État. Agrégée de philosophie, directrice de l’ENA de 2000 à 2002,membre du Conseil d’État et aujourd’hui député, Marie-Françoise Bechtel a livré au cours de deux entretiens les conclusions d’une longue observation participante : « la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation » ; « les élites françaises ont honte de la France. » Le constat vaut pour les dirigeants politiques de droite et de gauche, pour les grands patrons qui s’arrangent pour ne pas payer leurs impôts en France, pour les hauts fonctionnaires de la direction du Trésor, qui « pensent en anglais », pour la direction du Budget qui est « gangrenée par l ’idéologie allemande » de l’équilibre budgétaire, pour les patrons des grands médias. Cette mentalité se solidifie dans l’idéologie dominante qui proclame que les nations, responsables des guerres, doivent se fondre dans « l’Europe ». Un exemple ? « Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée. » Marie-Françoise Bechtel explique que la trahison des élites remonte à l’étrange défaite de 1940 et aux compromissions de l’Occupation. Faute de pouvoir reprendre ici ces points d’histoire, j’invite à réfléchir sur les conséquences de cette trahison : Les élites françaises ne remplissent plus aucune des conditions de la légitimité : elles sont sorties de l’histoire de France, elles ont renoncé à servir l’indépendance nationale et la justice, elles obtiennent les suffrages populaires par manoeuvres et mensonges.

Cette crise de légitimité nous conduit à la guerre sociale à l’insurrection populaire contre les élites en vue de leur remplacement. Cette insurrection n’a pas éclaté mais la société française ne cesse d’accumuler de la violence en raison des injustices subies et des humiliations ressenties.

Cette insurrection peut dégénérer en guerre civile si le désir de rupture est capté par le nationalisme xénophobe - mais il n’y a pas de fatalité. Les élites s’ingénient à nous distraire de l’essentiel et à nous persuader de notre impuissance en laissant jouer les émotions et pulsions qui ne les dérangent pas. Ne laissons pas faire ceux qui ont trahi.

Répondre à cet article

1 Message

  • Les élites ont trahi. 8 avril 2014 00:07, par AZIZ

    je pense que la France est le plus pays civilisé le plus trahi par ses élites. La première trahison majeure reste la loi Pompidou-Giscard sur les prérogatives de la banque de France, aujourd’hui nous connaissons les dégâts (dette exponentielle, incapacité de l’Etat à répondre aux besoins de la majorité de la population etc...). Les pouvoirs supranationaux de Bruxelles entre les mains de personnes non-élues est une énorme trahison. la disparition de cette instance néfaste est une exigence plus qu’urgent car elle travaille dans le sens des intérêts privés antinationaux ; ce qui m’amene à dire que là dessus au ne pas accusé le FN de quoi ce soit. Je suis pourtant un français d’origine étrangère fraichement admis, mais la raison exige de reconnaitre au moins qui est patriote et qui ne l’est pas. La France est vraiment un pays fragilisé par ses élites dirigeantes. Comment accepter qu’un ministre d’Etat déclare publiquement qu’il est "éternellement attaché à ISRAEL" au lieu d’être banni se retrouve premier ministre, INCROYABLE ! Moi je suis d’origine algérienne, je n’imagine pas un seul instant qu’un ministre dise qu’il est "éternellement attaché " à un pays étranger, il sera immédiatement qualifié de traitre et je ne sais même pas ce qu’il lui serait réservé, je trouve ça normal, mais en FRANCE non, c’est la trahison qui est normale car on accuse les patriotes de te xénophobe , d’ennemi de la démocratie et de la République et BLABLABLA. J’ose encore croire au réveil patriotique de la France pour congédier ses traitres.
    QUE LA FRANCE SE REVEILLE !

    repondre message