Les Amazones du cirque hollande.

Samedi 23 février 2013 // La France


www.innovation-democratique.org

Rien n’échappe à leur zèle réformateur. Elles appliquent sans états d’âme le programme socialiste. Une révolution.

Christiane Taubira, la subversive

La ministre de la Justice possède un redoutable talent oratoire qu’elle met au service d’une inquiétante subversion sémantique : avec elle, les mots n’ont plus le sens qu’ils avaient. Non content d’ouvrir le mariage aux homosexuels, le gouvernement a décidé d’appliquer aux couples de même sexe les articles du code civil comprenant les mots "père" et "mère". L’idée se répand ainsi qu’un enfant peut avoir deux pères ou deux mères et, de proche en proche, que l’altérité sexuelle n’est plus une condition nécessaire à l’engendrement.

Le débat sur la gestation pour autrui (GPA) ajoute à la confusion. Quoi qu’il en dise, le gouvernement prépare l’opinion à sa légalisation, comme le prouve la circulaire Taubira, qui demande aux juges d’accorder la nationalité française aux enfants nés de mères porteuses à l’étranger. Inspirée parla "théorie du genre", que défend aussi Najat Vallaud-Belkacem, la révision du code civil est bien, selon Christiane Taubira, « une réforme de civilisation » et même une révolution, qu’elle mène dans tous les domaines.

Depuis huit mois, la ministre de la Justice s’applique à défaire tout ce qu’avait fait la droite en matière pénale pour sanctionner plus durement les délinquants : diminuer le recours aux peines planchers, limiter les comparutions immédiates, réduire les peines de prison... Tous les poncifs d’une gauche dangereusement utopique.

Dominique Bertinotti, la jusqu’au-boutiste

Elle aurait voulu défendre seule le "mariage pour tous". Christiane Taubira s’en est emparée. Qu’importe ! Bertinotti aura sa revanche : une loi sur la famille, qui achèvera d’affaiblir l’institution qu’elle devrait préserver. Ce texte sera présenté avant la fin de l’année. Ouvrira-t-il aux lesbiennes la procréation médicalement assistée ? Le gouvernement l’avait promis aux députés socialistes, mais Jean-Marc Ayrault dit vouloir attendre l’avis du Comité consultatif national d’éthique, ce qui a provoqué, la semaine dernière, la colère des élus PS... Quoi qu’il en soit, d’autres réformes sont prévues : ce projet devrait accorder un statut au "parent social", c’est-à-dire à l’adulte qui concourt à l’éducation de l’enfant de son conjoint ou de son concubin. Elle devrait aussi aller plus loin que la circulaire Taubira en permettant d’inscrire à l’état civil les enfants nés d’une GPA à l’étranger.

"Aujourd’hui les catholiques, mais aussi les protestants, les juifs, les musulmans condamnent la Sainte Famille : un mari qui n’est pas le père, une mère vierge..."

Autant de réformes conformes aux convictions de Dominique Bertinotti. Maire du IVe arrondissement de Paris jusqu’en 2012, celle qui se présente comme la ministre « des » familles a fait toute sa carrière dans le Marais, l’un des fiefs de la communauté homosexuelle. Athée, féministe et de gauche, elle a coutume de répéter, en paraphrasant Simone de Beauvoir : « On ne naît pas père ou mère, on le devient. »

Marisol Touraine, la dogmatique

De l’avis général, la ministre des Affaires sociales et de la Santé est une bosseuse sur diplômée : Normale Sup, Sciences Po, Harvard. Fille du sociologue Alain Touraine, l’un des théoriciens de la deuxième gauche, elle a été responsable des questions sociales au PS pendant quinze ans. Devenue ministre, elle a pourtant failli perdre son portefeuille à la première tempête : en imposant aux partenaires sociaux un accord sur les dépassements d’honoraires dont les médecins ne voulaient pas, elle a dressé les praticiens contre un gouvernement suspect de vouloir sacrifier le secteur libéral. Elle est toujours là, mais la grève des internes a coûté sa place à son directeur de cabinet et la méfiance est installée.

Et ce n’est pas en se consacrant à ses autres projets que Marisol Touraine pourra la dissiper : la loi sur la famille, le texte sur la fin de vie promis par François Hollande et... la mise en place des "salles de shoot" ! Cécile Duflot, la "bobo" ambitieuse. Des bourdes deja ministre du Logement, on ne sait laquelle retenir : son plaidoyer pour la dépénalisation du cannabis ? ses propos sur la réquisition des biens de l’Église ? les tweets de l’adolescente qu’elle est restée (sur la meilleure façon de manger des Smarties ou de cuisiner un chili con carne) ? Mais non. Ce qui la définit peut-être le mieux, ce sont ses silences par exemple sur le projet d’aéroport de Notre Dame-des-Landes, critiqué par tous ses camarades écolos : un silence diplomatique, qui en dit long sur son ambition personnelle. « Fermer sa gueule » plutôt que démissionner : elle a choisi. Car Cécile Duflot doit "durer" pour mener sa grande politique du logement qui vise, dans les faits, à pénaliser les propriétaires accusés de spéculer et les communes qui ne construiraient pas assez de logements sociaux.

Michèle Delaunay, la Duflot du troisième âge

Elle est "nature", Michèle Delaunay un peu comme Cécile Duflot, version senior. À 66 ans, la ministre déléguée aux Personnes âgées a, comme sa collègue, une manie qui inquiète l’Élysée : elle twitte de manière compulsive, au risque de dire des sottises comme celle-ci, publiée le 28 décembre.

« Aujourd’hui, les catholiques condamneraient la Sainte Famille : un mari qui n’était pas le père, une mère vierge... » Pour sa défense, elle résumait ainsi des propos du philosophe Michel Serres sur France Inter, mais elle a déjà posté d’autres messages pour le moins déplacés.

Ainsi, quand, Sa Sainteté le Pape Benoît XVI envoie son premier tweet, le 12 décembre : « Eh bien, réagit-elle, je me réjouis que le pape s’exprime désormais sur Twitter. Un exemple pour la communication de tous les âges »... Sa dernière idée : organiser une « AgePride, sur le modèle de la Gay Pride » ; Allons-y, entre les pédalos des deux sexes « Pas une manifestation à coups de canne », a-t-elle précisé, mais un événement collectif destiné à « donner une image positive, voire sexy » des personnes âgées, qu’elle décrit volontiers comme des « pétroleuses dynamiques ».

Répondre à cet article