Afrique Education

Les 50 ans de l’Union Africaine : Quel bilan ?

Samedi 8 juin 2013, par Jean Paul Tedga // L’Afrique

L’Afrique vient de fêter les 50 ans de son organisation continentale : créée, en mai 1963, à Addis Abeba, en Ethiopie, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) s’est muée en juillet 2002, à Durban, en Afrique du Sud, en Union africaine (UA). En 50 ans, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Que de mutations dans tous les domaines ! Pour commémorer ce cinquantième anniversaire, l’UA a convoqué un Sommet de chefs d’Etat et de gouvernement, les 26 et 27 mai, à son siège, à Addis Abeba. Celui-ci a été précédé d’un Colloque d’intellectuels du 22 au 24 mai, sur le thème, « Renaissance africaine et Panafricanisme ’, et d’une exposition, Rock’ Art », des peintures rupestres uniques. L’objectif recherché était de retracer la vraie histoire de l’homme noir, et reconstruire l’histoire des peuples d’Afrique.

Si le cinquantième anniversaire a enregistré la participation d’un grand nombre de chefs d’Etat, plusieurs d’entre eux et non des moindres ont, également, brillé par leur absence : Abdelaziz Bouteflika, président de la République algérienne démocratique et populaire, par exemple, poursuit sa convalescence, à Paris, après avoir suivi un mois de traitement à l’hôpital du Val de Grâce ; Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, président de la République de Guinée équatoriale, avait un souci de politique intérieure : la tenue des élections parlementaires et locales, dimanche 26 mai 2013, qu’il voulait, personnellement, superviser ; José Eduardo Dos Santos, président de l’Angola, ne se déplace pas pour si peu, alors qu’il est à la tête d’une puissance montante en Afrique, etc.

Hormis ces grands absents (il y en a d’autres), le cinquantième anniversaire a enregistré la présence de tous les autres grands de l’Afrique : du Sud-Africain Jacob Zuma au Nigérian, Goodluck Jonathan, en passant par le Rwandais Paul Kagame, l’Ougandais Yoweri Museveni et l’Egyptien Mohamed Morsi, seul chef d’Etat de l’Afrique du Nord à avoir répondu à l’invitation de la présidente de la Commission, Xhosazana Dlamini-Zuma.

50 ans, c’est assez pour établir un bilan. Celui de l’organisation continentale est mitigé car on serait tenté de dire : , Pouvait mieux faire ». Pourtant, la simple existence de l’OUA, puis de l’UA, est une victoire en soi. Car il n’existe pas une Afrique, mais des Afrique. D’autre part, à cause de ses richesses, l’Afrique ne fait pas l’objet de convoitise d’un seul Etat mais de la quasi-totalité des puissances mondiales. Elle est donc une proie sans grande défense exposée à l’appétit des carnassiers voraces. La plupart des divergences internes de l’OUA puis de l’UA ont souvent pris leur source à ce niveau.

Cela dit, l’OUA a globalement réussi la décolonisation en aidant à accéder à l’indédonnant la vie et trop de jeunes restent sans éducation ou sans travail. Trop de familles africaines sont en proie à l’insécurité et à la violence sexuelle. Trop d’institutions n’ont pas encore réussi à gagner l’entière confiance des citoyens. Les changements climatiques, la désertification, la pénurie d’eau et la dégradation de l’environnement sont des enjeux vitaux, mais je vois s’éveiller une Afrique prête à relever ces défis. Une vie digne dans un environnement sûr, la liberté et des perspectives offertes à tous les Africains, sans exception. Des nations qui aident les gens réaliser leur potentiel, à commeeeer par les femmes et les jeunes. Un continent qui s’équipe pour la paix, le développement durable et le respect des droits de l’homme. Un continent qui atteint les objectifs du Millénaire pour le développement et dont les aspirations sont au coeur des priorités de développement pour l’après-2015 », a relevé, Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations-Unies, présent à la cérémonie d’ouverture, à Addis Abeba, aux côtés du chef de l’Etat français, François Hollande, seul chef d’Etat européen invité, sans doute pour le remercier d’être intervenu au Mali, mais aussi, de la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, qui avait mis son séjour à profit pour effacer 900 millions de dollars de dettes contractées par douze pays africains, du secrétaire d’Etat américain, John Terry, et du vice-premier ministre chinois, Wang Yang, qui remplaçait le président, XiJinping, empêché.

Invité à prendre la parole après un hommage appuyé de la coopération afro-chinoise, du président en exercice de l’UA, le premier ministre éthiopien, Hallemariam Desalegn, Wang Yang a prononcé un discours à la hauteur des attentes : « Le continent africain est devenu plus indépendant, uni et prospère au cours des 50 dernières années, et l’Afrique a une plus grande influence sur la scène internationale. La Chine espère que les pays africains continueront à promouvoir l’esprit du panafricanisme et à mettre en évidence le consensus de la renaissance de l’Afrique afin de faire de grands progrès sur le chemin de la paix et du développement N. Pour le vice-premier ministre chinois, « La Chine souhaite travailler ensemble avec l’UA pour renforcer leur coopération et leurs consultations sur les affaires internationales. Une UA forte et prospère assure une Afrique forte et prospère. La Chine ne changera jamais sa politique sur la coopération avec l’Afrique. Elle continuera à faire avancer la paix et le développement sur le continent. Mon pays soutient fermement une Afrique unie et forte »

Répondre à cet article