Le vrai test pour Hollande.

Vendredi 8 juin 2012, par Frédéric Pons // La France

Drapeau de FranceSourires et cols ouverts pour la forme, communiqués pesés au trébuchet pour le fond : l’ambiance des deux sommets tenus en terre américaine, le G8 à Camp David et l’Otan à Chicago, a été décontractée. Tout le monde en est reparti satisfait. Il ne s’agissait pas de résoudre les grands problèmes du moment mais de prendre contact et de s’entendre a minima sur les dossiers les plus délicats : de la relance économique mais plus de sérieux dans les comptes publics ; le retrait d’Afghanistan, mais dans l’ordre, sans remettre en question la sécurité des forces engagées. D’accord avec François Hollande pour affirmer publiquement « la volonté de croissance » des grands pays, Barack Obama a rassuré Angela Merkel en rappelant la nécessité de rigueur. Et chacun a communié dans une solidarité réaffirmée en Afghanistan.

La France retirera bien ses forces combattantes à la fin de l’année (deux ans avant le terme prévu) mais la mission se poursuivra, au moins jusqu’en 2014, « sous une autre forme partenaires et « dans le cadre de l’Alliance ». Ce choix ne devrait pas satisfaire les partisans d’un retrait ferme et définitif, nombreux à gauche, ni nos soldats, étonnés de cette formule très médiatiquement correcte de « non combattant », dans un pays où la pression des insurgés ne va faire que croître. Par la voix de Gérard Longuet, l’ancien ministre de la Défense, et de Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, l’opposition juge « intenable » la position française, pour des raisons techniques et au nom de la loyauté à l’égard de nos alliés. Les talibans prennent leur part dans le débat. Ils appellent tous les autres pays membres de l’Otan » à suivre l’exemple français, « à éviter de travailler pour les intérêts politiques des responsables américains ».

Très attendu pour ses premiers pas "dans la cour des grands", Hollande s’en est sorti à son avantage, grâce à son tempérament conciliant et à la bonne volonté d’Obama. Sur l’économie, comme pour l’Afghanistan, il a su faire entendre la différence française écho direct de ses promesses électorales - sans provoquer ses partenaires.

Ce n’était qu’un galop d’essai. Le vrai rendez-vous se situait ce 23 mai à Bruxelles, dans le cadre d’un sommet délicat sur le traité de stabilité européen, renégociable ou pas. C’est devant ses partenaires européens que le chef de l’État devait sortir du flou, placé pour la première fois devant la portée de ses promesses électorales. 

Valeurs actuelles 24 mai 2012

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