Le roi Philippe VI

Viva El Rey

Mardi 8 juillet 2014 // L’Europe

Le roi Philippe VI avait demandé un protocole sans fastes pour économiser les deniers publics, mais une majorité de la presse espagnole le déplore ; en effet la prestation de serment du nouveau ROI fut faite dans le respect d’un peuple en souffrance.

La proclamation de Felipe VI doit être une journée de liesse. La succession de Juan Carlos, monarque providentiel pour l’Espagne, devrait offrir le 19 juin une preuve incontestable que notre système fonctionne, en dépit de protestations marginales qui ont choisi de se placer en dehors de la Constitution démocratique. La couronne espagnole est une monarchie enracinée au coeur de l’Europe, un gage de stabilité et de cohésion face aux velléités indépendantistes. De plus, l’opinion publique a de l’affection et de la confiance pour le prince héritier, et elle reconnaît le travail exemplaire accompli par son père dans la reconquête des libertés.

Le couronnement de Felipe VI marque un jour hors du commun pour l’Espagne, et le cérémonial doit être à la hauteur de ce rendez-vous unique, aucune pudibonderie ne devant ternir l’apparat qui s’impose.

Depuis l’annonce de l’abdication, on prévoit une cérémonie profil bas, cantonnée au Congrès, excluant même la présence de chefs d’Etat étrangers. Ce serait pourtant une erreur que de décider, poussés par la démagogie populiste, de dépouiller de son faste ce qui doit rester comme l’image inoubliable du peuple espagnol sacrant son nouveau roi. Il ne faut pas transformer le couronnement de Felipe VI en une cérémonie honteuse au prétexte d’une austérité qui n’y a pas sa place. Car, quand les Espagnols applaudiront Felipe VI, c’est au fond l’Espagne qui se fera honneur à elle-même.

Le peuple sait parfaitement faire la différence entre dépenses superflues et dépenses nécessaires. On ne peut mettre sur le même plan le couronnement d’un roi, événement exceptionnel, et l’investiture d’un chef de gouvernement. Encore moins sous la pression de partis, d’intellectuels et de médias qui abhorrent notre modèle constitutionnel, la monarchie parlementaire.

Empêcher les Espagnols d’assister à l’intronisation de leurs nouveaux souverains est injuste. Rater cette occasion unique de réunir les dirigeants étrangers est absurde. La communion du peuple avec la couronne doit être rendue visible par une grande célébration de la démocratie espagnole. Un pays respectable se doit d’honorer ses symboles et de mettre en valeur ses traditions, avec fierté et sans complexe.

Pour la proclamation de Felipe VI, la couronne espagnole choisi le modèle belge et des célébrations exclusivement nationales plutôt que le modèle néerlandais du couronnement de WilIem-Alexander en avril 2O13, en présence d’invités étrangers. La Casa Real justifie ce choix en partie par le manque de temps pour coordonner les agendas des chefs d’Etat les plus importants. Juan Carlos a annoncé qu’il n’assisterait pas aux festivités, pour ne pas faire d’ombre à son fils. L’infante Cristina n’y sera pas non plus, éloignée des activités officielles depuis fin 2011. Contrairement à 1975, il n’y aura pas de cérémonie religieuse.

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