Le poids de Mélenchon.

Mercredi 4 avril 2012 // La France

Drapeau de FranceJean-Luc Mélenchon a incontestablement réussi son pari le dimanche 18 mars à la Bastille, dépassant de loin les 30.000 manifestants attendus. Dans ce lieu rappelant à la fois les révolutions de 1789 et de 1830, il s’est posé en incarnation de la vraie gauche, celle qui s’inscrit dans la tradition soucieuse de changer le système, puisque, avec le drapeau rouge, il entend conduire « le peuple des révolutions et des rébellions en France ». Cette posture et l’écho qu’elle éveille traduit par quelque 10% d’intentions de vote posent au moins deux questions.

La première concerne le fond, La symbolique et le discours de la Bastille montrent une volonté évidente de se situer dans la lignée la plus dure de la Révolution française. Même la référence à Jean Jaurès visait à tirer le représentant du socialisme non marxiste vers la nécessité d’une révolution sociale, d’où l’appel aux réquisitions et aux expropriations. Il n’est donc pas étonnant que le Parti communiste très présent à la Bastille soutienne a fond cette attitude, D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a bien indiqué qu’il voulait « changer les institutions » et mettre au point une Vème République grâce à une Constituante comme en 1789. : Son discours bref permettait de mieux mettre en valeur ses axes essentiels, avec des for- mules faisant mouche comme l’« insurrection civique » et des allusions politico-littéraires telle la reprise du cri de Jules Vallès : « Place au peuple, place à la Commune ! », Sortant des cars enserrant la Bastille ou venus par toutes sortes de moyens, un certain nombre de manifes- tantes arboraient d’ailleurs des bonnets de Marianne.

.La seconde interrogation relève de la stratégie. Ses deux aspects, qui se recoupent, se succéderont sur le plan chronologique. Tout d’abord, il est incontestable que François Hollande trouvera là un réservoir de voix d’autant plus important que la tendance actuelle le montre plutôt à la peine face à Nicolas Sarkozy : le candidat du Ps sera donc ravi du soutien de Jean-Luc Mélenchon, déjà qualifié d’« allié » par Ségolène Royal, Cela signifie qu’il devra lui accorder des concessions et donner une place à ses idées et à son ton afin de ne plus apparaître simplement comme le « gentil mou » social-démocrate qui se satisfait du système. Il lui faudra alors définir le rôle du leader du Front de gauche non seulement dans la campagne pour le second tour de la présidentielle, mais dans le nouveau gouvernement qui en serait issu en cas de victoire. Mais la barre à gauche toute ne favoriserait-elle pas le centre et la droite ?

Au camarade Mélanchon nous disons : VIVE LE ROI

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