Le pari de Manuel VALLS

Samedi 15 septembre 2012 // La France


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C’était sans doute une des hantises de la Gauche aujourd’hui au pouvoir : l’insécurité a fait son retour dans l’actualité. Il aura suffi de l’affaire du violeur de L’Ardèche et des émeutes urbaines d’Amiens.

La Gauche a toujours eu du mai avec la thématique de la sécurité qui reste associée en outre au cuisant souvenir du 21 avril 2002. Longtemps elle a cultivé le déni, évoquant un « sentiment d’insécurité » plus ou moins fantasmé, et surtout accusant la Droite de cultiver des peurs malsaines. La répression devait céder le pas à la prévention et les délinquants n’étaient finalement que des victimes.

Il semble que les beaux jours de cette idéologie soient bel et bien révolus. En revendiquant la fermeté, Manuel Valls a joué gros jeu. Il a même pris le risque, avec le démantèlement des camps de Roms, de heurter la Gauche de la majorité en paraissant mettre ses pas dans ceux de Nicolas Sarkozy. Surtout, il met en porte-à-faux la Garde des sceaux, Christiane Taubira, qui ne partage pas vraiment ses positions.

Mène-t-il, comme on l’en accuse, une politique de Droite ? Pas vraiment. Après tout, sa politique de fermeté peut se prévaloir d’une solide tradition à Gauche, avec des personnalités comme Clémenceau (le fondateur des « Brigades du Tigre » !). Elle peut aussi surtout se prévaloir du bilan plus que médiocre de Nicolas Sarkozy, et de la Droite en général, en matière de sécurité.

Manuel Valls, (l’ESPAGNOL) très certainement avec l’appui de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, a donc entamé une véritable mutation sinon dans l’idéologie, du moins dans les pratiques. Pour autant, cette mutation se heurtera encore à de sérieuses résistances. On peut aujourd’hui le vérifier chez les écologistes, voire au sein de la majorité parlementaire. Tout n’est pas joué du reste : les premières condamnations dans l’affaire des émeutes d’Amiens paraissent bien dérisoires. Rien ne serait pire qu’une fermeté qui déboucherait sur l’impunité.

Faudra-t-il pour autant parler de conversion de la Gauche, ou au moins du PS ? Il est encore trop tôt pour le dire. Revenus aux affaires, les socialistes, et c’est à mettre à leur crédit, commencent à regarder une certaine réalité en face. Cela mérite quelques encouragements.

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