Le pacte avec Hollande.

Jeudi 13 février 2014 // La France


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Le fanatisme de leur morale n’est plus supportable. Mais on voit bien que le chef de l’État en fait la contrepartie à gauche de son VIRAGE.

Mme Axelle Lemaire, socialiste franco-canadienne élue députée des Français de l’étranger, aura bien préparé la visite de M. Hollande au Vatican. C’est à elle que l’on doit cet amendement débattu lundi supprimant la notion de "détresse" dans les causes possibles d’un avortement. Amendement qui porte sur l’article 5 de la loi Vallaud-Belkacem sur l’égalité homme-femme. On voit bien l’intention : pour que cette égalité soit parfaite, la femme doit pouvoir considérer l’avortement non plus comme un drame mais comme un droit. La veille de cette discussion, 40 000 personnes défilaient à Paris pour le respect de la vie ; une manifestation que le pape François avait veillé à soutenir.

On imagine l’accueil que le pape devait réserver aux réformes de société de M. Hollande. Celui-ci avait souhaité cette audience pour parler avec cette « grande autorité morale » de la Syrie, de la conférence de Genève et des chrétiens d’Orient. Le souverain pontife avait bien en tête de lui répondre aussi sur le fond des choses, sur la personne, la vie, la loi.

Si l’amendement "avortement" a été inséré aussi vite dans les débats de l’Assemblée, ce n’est pas dû à un hasard de calendrier. Il est venu au moment même où le président de la République doit s’expliquer, à peu près chaque jour, sur son "pacte de responsabilité", l’affichage répété de son profil "social-démocrate" avec les compliments des médias et son assurance nouvelle à vouloir trancher dans les dépenses publiques. Mais cela lui vaut les accusations de son aile gauche d’avoir trahi, d’être devenu « le premier ministre du patronat », de faire des « cadeaux aux riches ». Et c’est là que se pose la question des contreparties véritables, non plus en termes d’emplois, mais d’avancées politiques. Elle est là, la contrepartie du pacte : l’accélération des réformes dites de société, en mettant la loi partout, sur la vie, sur la mort, et surtout là où l’on ne demandait rien comme cet amendement sur l’avortement.

Il faut se souvenir de ce qui s’était passé, l’an dernier, avec le mariage homosexuel. On n’avait jamais vu un Hollande aussi déterminé. Des millions de manifestants dans la rue, des pétitions de centaines de milliers de signatures, toutes les religions hostiles, et lui, inébranlable. Les socialistes font à Mme Taubira un triomphe ; il signe la loi à peine la dernière lecture achevée au Parlement. Pourquoi tant de hâte, si ce n’est parce que le vote rassemble toute la gauche (en particulier, il ne manque pas une voix du groupe Vert) et qu’il permet de gommer un premier pacte avec les autorités européennes et ce traité européen qu’il n’a pas pu « renégocier ».

Cela recommence. Après le mariage, on revient à l’avortement ; ce sera bientôt le tour de la famille, et c’est déjà l’euthanasie. Au nom de l’égalité, de la liberté, de la transparence ou de la dignité et d’une incroyable prétention morale qui ne se fonde sur rien mais dont la pensée directrice consiste à priver la personne, enfant ou adulte, de son cadre naturel, ses parents, sa famille, pour la confier à la société, donc à la loi, donc au juge. Et quand la décision du juge n’est pas conforme à la "morale", on change de juge.

On vient de le voir, la semaine dernière, dans le cas de cet accidenté automobile tétraplégique, maintenu en vie par les moyens de la médecine. Son épouse demande que cesse cet « acharnement » ; ses parents ne veulent pas d’une interruption volontaire de la vie. L’épouse se porte devant le tribunal administratif ; le juge ne la suit pas. Contre l’acharnement thérapeutique, son avocat pratique alors l’acharnement judiciaire : il ira devant le Conseil d’État, etc.

Qui condamne-t-on ? Les parents. Le Monde publie les déclarations de deux médecins, l’un du cancer, l’autre des soins palliatifs, qui tous deux dénoncent « les croyances religieuses fondamentalistes » des parents, « la récupération [de l’affaire] par une mouvance extrémiste politico-religieuse », « les arguties juridiques » de l’avocat des parents, en exigeant du législateur qu’il rappelle « leur place aux juges »... Ce fanatisme atteint ici les sommets d’un discours qui n’est plus supportable.

Dans son nouvel essai, les Pierres d’angle (Cerf), Chantal Delsol écrit cette phrase admirable : « Un système politique qui détruit par dérision, jour après jour, les questions muettes et profondes concernant le sens de la vie finit par régner sur une population de zombies qui, rejetés d’abord vers le soin exclusif de leur corps et de leur confort, se révoltent ensuite contre l’État providence qui n’était pas un dieu. » C’est un système totalitaire, celui qui veut ruiner par haine de soi nos traditions, notre culture, notre famille, tout ce qui fait notre bonheur.

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