Le mystère Sarkozy.

Vendredi 25 janvier 2013 // La France

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Depuis cinq mois, Nicolas Sarkozy se tait (hormis une brève intervention à propos de la Syrie en août). Mais il n’a pas disparu des écrans radar. Que va-t-il faire ? Que veut-il faire ? Mystère. Comme il refuse tout contact avec les journalistes, notre source d’information est "l’homme qui a vu l’homme » ; en l’occurrence ceux ou celles qu’il reçoit : d’anciens ministres ou collaborateurs, des élus, des patrons, des leaders étrangers aussi. Tous ceux qui l’ont vu le disent : il va très bien. Il est plein d’énergie et heureux dans sa vie privée. Il s’est reposé cet été. On garde en tête les images de son débat avec François Hollande : un coq qui terrassait un tigre exténué.

Le voilà remonté sur sa bête. Il arbore une barbe de pirate de cinq jours, comme souvent les hommes qui changent de vie.

Il s’avoue « serein », c’est son mot. Il souligne qu’il a été battu, certes, mais qu’il n’a pas été écrasé, donc qu’il n’est pas humilié. Et il a réussi sa sortie.

Les sondages le disent : les Français ne l’ont pas oublié et lui le constate dès qu’il se montre en public.

Il a apprécié cette enquête d’opinion où 44 % des personnes interrogées jugeaient qu’il ferait mieux que son successeur. Sur un ton de commisération feinte, il s’étonne du dévissage si rapide de ce dernier en matière de popularité. « Chaque fois que Hollande perd un point, le moral de Nicolas est en hausse de deux crans », s’amuse un proche.

Il croyait être haï de la presse, il n’est plus vilipendé. Qui aurait pensé, en mai, que l’Express titrerait quatre mois plus tard : « Et si Sarkozy avait eu raison ? » En tout cas, sûrement pas lui. Les journaux qui décriaient son activisme fustigent désormais l’attentisme de François Hollande. Tout cela l’enchante.

Sur son avenir, il ne fait aucune confidence. Pour l’heure, rien n’est calé. Il se dit très sollicité pour faire des conférences. La première, c’est dans quelques jours à NewYork. L’essayiste Guy Sorman ayant affirmé qu’il allait bientôt créer une fondation à la manière de Bill Clinton, le soir même il faisait démentir. Question clé : a-t-il tourné la page de la politique ? Voire... Il continue de se tenir au courant de tout ce qui se passe en France et dans le monde avec le même appétit, il téléphone beaucoup. Comme le dit son conseiller Patrick Buisson : « Un tigre ne devient jamais végétarien. » Une maxime que Nicolas Sarkozy aime citer devant ses visiteurs. Rêve-t-il de revanche ? « L’envie n’est pas encore là », assure son ami Brice Hortefeux.

Surtout, François Hollande est à l’Élysée pour cinq ans. Tout dépendra des circonstances, il n’y a pas encore d’exemple de président battu qui soit revenu au pouvoir. La défaite de Valéry Giscard d’Estaing en 1981 était historique en ce sens que, pour la première fois, la droite cédait la place à la gauche. L’ex-président a bien tenté de reconquérir le sommet en repartant de la base.

Mais hélas, Mitterrand est resté quatorze ans au pouvoir et la droite n’avait pas de nostalgie.

Nicolas Sarkozy sera-t-il un cas à part ? Dans la tête des militants, il est toujours "le boss » : L’élection qui a tranché le duel Copé-Fillon ne réglera pas le problème du leadership à l’UMP puisque, pour l’heure, c’est lui qui l’a.

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