Le grand tournant ?

Lundi 15 juin 2015 // La France

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Jean-Luc Mélenchon n’avait jamais voulu admettre publiquement la nécessité du retour à la monnaie nationale. La préparation du congrès du Parti de Gauche laisse espérer un changement de position.

Deux contributions sont en débat.

La première, « Tout est possible », est présentée par la direction du parti. Elle affirme que « à ce stade de l’histoire, seul le cadre national, immédiatement disponible comme alternative aux institutions supranationales actuelles, peut permettre l’expression de la souveraineté populaire  ». Elle ajoute que « la construction d’un nouvel internationalisme passe donc par un retour à la Nation, condition de l’édification de nouvelles solidarités internationales.  »

En cas de victoire du Parti de Gauche, il est donc proposé une stratégie en deux étapes :

  • Le Plan A prévoit de mener, avec les États qui y seront prêts, « une bataille diplomatique qui passera par la désobéissance aux traités  » afin que ces États « fassent prévaloir leur droit national sur le droit européen  » chaque fois que le premier sera plus avantageux que le second. Mais, « si le gouvernement allemand continuait à bloquer une refonte radicale des traités  », il faudrait passer à la seconde étape.
  • Le plan B prévoit de sortir de l’euro et de l’Union européenne : il y aurait réquisition de la Banque de France, réforme de ses statuts pour lui permettre de monétiser la dette et contrôle strict des mouvements de capitaux. Par la suite, le Parti de Gauche proposerait aux autres États l’instauration d’une monnaie commune.

La seconde motion, intitulée « Clarté et courage politique », affirme que « si le cadre de l’Union européenne nous place dans l’incapacité d’appliquer notre mandat populaire, il faudra alors sortir de l’euro et de l’UE. Cette décision sera soumise à un référendum car elle nécessite le plus large soutien populaire possible. » La motion préconise également la mise en œuvre d’un « protectionnisme solidaire  »…

Il est intéressant de remarquer que ce texte a été approuvé par 20 % des membres du Conseil national du parti et que, fin avril, il réunissait tellement de suffrages que ses signataires espéraient obtenir la majorité.

Même si la première motion obtenait la majorité, le changement de ligne sur l’euro et sur l’Union européenne poserait la question des relations entre le Parti de Gauche et un Parti communiste qui reste favorable à l’euro. Même incertitude quant à une alliance avec les Verts…

Le Parti de Gauche va entrer dans une phase difficile de sa jeune histoire mais c’est, cette fois, pour une excellente raison : l’existence en son sein d’un fort courant patriotique, partisan de solutions radicales pour en finir avec le carcan européiste et atlantiste.

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