Le coup dur chez Peugeot. ( PSA)

Jeudi 16 août 2012 // La France

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Drapeau de France8.000 emplois supprimés, l’usine d’Aulnay-sous-Bois et le site de Rennes menacés : l’annonce du plan social de PSA constitue sans doute le premier coup dur pour François Hollande et son gouvernement.

Au choc de l’annonce s’ajoute la charge symbolique. Ouverte en 1973, Aulnay-sous-Bois était la dernière grande usine des « Trente glorieuses ». Citroën avait commencé par y fabriquer l’emblématique DS qui fut un temps l’orgueil de l’industrie automobile française. Sa disparition marque la. fin d’un cycle avec tout ce que cela peut engendrer de peurs et de rancoeurs.

Et puis il y a un symbole encore plus inquiétant pour la gauche. En 1997, Lionel Jospin, tout nouveau Premier ministre avait dû, reniant ses promesses électorales les plus formelles, laisser Renault fermer l’usine de Vilvoorde. Les syndicats n’ont pas oublié cela. Ici encore de vieux fantômes sont à l’oeuvre.

Comme on devait s’y attendre, le gouvernement a vivement réagi tout comme François Hollande. L’Etat « ne laissera pas faire » a martelé ce dernier lors de son interview du 14 juillet. Pour faire bonne mesure, on a même prétendu que le gouvernement précédent était déjà au courant. C’est de bonne guerre, mais peu convaincant. Au-delà des mots, et des effets rhétoriques, on peut bien se demander de quels moyens dispose cet Etat dont Lionel Jospin disait déjà en 1999 qu’il ne peut pas tout.

En l’occurrence, les moyens d’action directs de l’Etat et du gouvernement sont à peu près nuls. PSA est une entreprise privée. L’autorité publique n’a pas à intervenir dans sa gestion, ou dans sa stratégie. Elle ne peut empêcher la fin de l’usine d’Aulnay. Ses seules possibilités d’actions restent marginales. On peut chercher d’éventuelles irrégularités, faire du chantage aux crédits d’impôts et à l’accord pour les aides européennes, mais le remède, d’ailleurs marginal, risque d’être pire que le mal pour une entreprise qui perd déjà 200 millions d’euros par mois.

Reste à agir sur les causes directes, c’est-à-dire sur la filière automobile en général. Là encore, entre un pouvoir d’achat en berne dans les classes moyennes et des finances publiques sinistrées, la marge de manoeuvre du gouvernement paraît singulièrement étroite.

La plaie ouverte par l’affaire PSA pourrait bien ne pas se refermer de sitôt.

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