Le capitaine de rétropédalo prend l’eau.

Mardi 19 novembre 2013 // La France

François Hollande n’est plus respecté ni en France ni en dehors. Et comment le serait-il après les reculades qu’il a été contraint d’opérer au cour des deux dernières semaines ?

Cela fait exactement dix-huit mois que François Hollande a été élu président de la République. Dix-huit mois au cours desquels il a mis en oeuvre sa politique, manoeuvré en fonction d’un « cap » et dirigé à l’aide de sa fameuse « boîte à outils ». Dix-huit mois, c’est peu. Mais c’est aussi suffisant pour juger de l’épaisseur d’un homme qui déclarait pendant sa campagne présidentielle : « Nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! » D’autres présidents ont fait beaucoup en l’espace de dix-huit mois. Que ce soit sur le plan de la cohésion nationale, comme sur celui de la stature internationale de la France.

Sur ces deux points-là, le bilan de l’ancien député de Corrèze est effrayant. Ce sont les Français eux-mêmes qui le disent, puisque 91 % d’entre eux réclament un changement de politique. Et même à gauche, ils sont 85 % à se lamenter devant ce terrible constat d’échec. François Hollande, qui voulait apaiser la France et rassembler les Français, a réussi, en cinq cent cinquante jours, à faire exactement le contraire. Avec le "mariage pour tous", il a fait divorcer la France d’avec elle-même, créant une fissure sociétale comme jamais on en avait vu dans notre pays. Le voilà maintenant qui s’éloigne de tous ceux qui, en province, sentent à quel point ils sont abandonnés, oubliés et devenus invisibles aux yeux du pouvoir. C’est le cas des Bretons, des Marseillais, des Picards, des Lorrains et demain d’autres populations fragilisées par la crise, la disparition des services publics ou la multiplication des normes européennes.

Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle raconte une scène qui se passe juste après la Libération. Après avoir reçu Albert Lebrun, le président de "l’étrange défaite", venu lui faire des offres de services, il le raccompagne et, prenant conscience de la fadeur de son visiteur, a ce mot magnifique : « Au fond, comme chef de l’État, deux choses lui avaient manqué : qu’il fût un chef ; qu’il y eût un État. » François Hollande en est là. Les événements le montrent jour après jour : il est incapable de diriger le pays, ficelé par son pacte électoral avec les Verts, inhibé par sa volonté de ne pas prendre de décisions et habité par la détestation stérile de son prédécesseur.

Quant à l’État, il n’existe plus. Il y a en France plus de 750 zones où il est impossible à un policier, à un pompier ou à un ambulancier d’entrer sans que son véhicule soit caillassé et sans être agressé physiquement. À Marseille, la police en est, maintenant,
à faire garder ses commissariats par des vigiles privés. Quant à la gendarmerie, dernière représentante de l’État dans les zones rurales, elle est dépourvue de moyens et gère la pénurie. Tout ce qu’il reste de l’État, c’est une administration pléthorique, jacobine et qui ne se préoccupe que de faire appliquer dans le droit français les normes établies à Bruxelles.

Comme le dit très bien jean-Louis Borloo : « François Hollande est finalement le fruit de deux hôtels, le Sofitel et le Fouquet’s. » Le Sofitel, où Dominique Strauss-Kahn a commis le forfait qui l’a empêché de se représenter à la primaire socialiste. Et le Fouquet’s, qui a servi de prétexte à toute une gauche bien-pensante pour nourrir une haine d’une violence inouïe contre Nicolas Sarkozy. Une haine qui se poursuit toujours, comme en témoignent les révélations faites par Valeurs actuelles, la semaine dernière, sur l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée destiné à nuire à l’ancien président de la République, en violation des règles constitutionnelles de séparation des pouvoirs et de protection des libertés publiques.

François Hollande n’est plus respecté ni en France ni hors de France. Et comment le serait-il après toutes les reculades qu’il a été contraint d’opérer au cours des dernières semaines ? Ce qui lui vaut aujourd’hui le surnom de "capitaine de rétropédalo" après avoir été traité par jean-Luc Mélenchon de « capitaine de pédalo ». Comment le serait-il après le bras d’honneur que lui a fait une clandestine kosovare qu’il était prêt à accueillir en France, en dépit des décisions de justice ? Comment le serait-il lorsque, pendant que la Bretagne est à feu et à sang, il préfère recevoir les patrons du football français pour s’occuper du problème des joueurs gagnant plus de 1 million d’euros par an ? Comment le serait-il, lorsqu’une poignée d’élus écologistes lui fixent un ultimatum ou qu’Harlem Désir, le premier secrétaire du Parti socialiste, le contredit en public ? Encore une fois François Hollande ferait bien de relire le général de Gaulle. Cette fois dans le Fil de l’épée. Il y apprendrait que « l’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l’éloignement ».

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