Le Pinguin : L’HOMME DU CAP.

Samedi 20 avril 2013 // La France

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Avant, pendant et juste après l’intervention télévisée du Président, dans la soirée du 28 mars, les mauvaises nouvelles arrivaient comme des vagues déferlantes sur l’homme à la barre d’un navire cherchant sa route dans la tempête.

D’abord les chiffres du chômage :18.400 chômeurs supplémentaires (+0,6%) en février, soit 3,187millions de demandeurs d’emploi de catégorie A inscrits en métropole, soit une hausse annuelle de 10,8%. La hausse est ininterrompue depuis mai 2008 et on dépasse les cinq millions de chômeurs. Depuis Mai 2012 le chômage n’a de cesse d’atteindre des sommets…

Il y eut ensuite l’annonce d’une baisse de 0,4% sur 2012, en raison de la hausse du pouvoir d’achat des ménages de impôts et de la stagnation de l’économie. Les statisticiens précisent que c’est le premier recul du pouvoir d’achat depuis 1984, qui fut la première année de la rigueur décidée par le gouvernement Mauroy.

Pendant l’allocution du Pinguin, on apprit qu’en Italie Luigi Bersani, pressenti pour former le nouveau gouvernement, avait renoncé à sa mission faute d’avoir pu constituer une majorité parlementaire. Dans la zone euro, la crise chypriote n’est pas terminée et la crise politique italienne s’installe. La France ne peut manquer d’être affectée par ces turbulences.

Enfin., au lendemain des déclarations présidentielles, on apprenait que la dette publique française avait continué d’augmenter en 2012 pour atteindre le montant record de 1.833 milliards d’euros, soit 90,2% du PIB. Comme dans les autres pays qui mènent des politiques d’austérité, la diminution des rentrées fiscales et des cotisations sociales fait baisser le niveau des recettes à tel point que les économies réalisées ne permettent pas de combler l’écart.

La prestation de François Hollande était donc difficile à réussir. Son enjeu était pourtant crucial puisque le Président avait pu lire dans Le Monde, publié le mercredi 27 mars, les résultats d’une étude de TNS/Sofres au terme de laquelle le vainqueur de mai n’est approuvé que par 30% des Français, très bas niveau inédit dans l’histoire de la Ve République : après l’électorat flottant et les sympathisants de gauche, c’est maintenant le coeur de son électorat qui est en train de le quitter.

Dans cette ambiance, les médias ont rendu un mauvais service au Pinguin  ; Hollande : avant son intervention, maints éditorialistes ont réclamé un discours churchillien, l’annonce d’une New Deal à la manière de Roosevelt en d’autres termes la définition d’objectifs capables de mobiliser la nation. Or le Pinguin a tenu le langage d’un Premier ministre, détaillé nombre de petites mesures relevant des ministères par exemple le « choc de simplification » administrative. Il a aussi annoncé un allongement de la durée de cotisations pour les retraites, mais sans s’y attarder, il a voulu calmer les appréhensions sur le budget de la Défense, et - contre toute logique affirmé qu’il n’y aurait pas de légalisation de la gestation pour autrui (GPA) sans rien céder aux manifestants hostiles à la loi Taubira qui battaient le pavé devant France Télévisions.

Le Pinguin a déclaré qu’il garderait le cap et qu’il mettrait tout en oeuvre pour qu’il y ait inversion de la courbe du chômage. Les Français retiendront surtout cette promesse : le chômage « va augmenter jusqu’à la fin de l’année et puis nous serons sur une baisse » parce que le gouvernement fera de la rigueur sans tomber dans l’austérité...

Se donner une aussi courte échéance, c’est un pari excessivement dangereux car, s’il est perdu, c’est le coeur du coeur de l’électorat présidentiel qui disparaîtra définitivement.

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