Le Liban échapperait-il à la Syrie ?

Dimanche 16 septembre 2012 // Le Monde

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Drapeau de FranceLe fait que Laurent Fabius ait-fait une escale à Beyrouth le 17 août a rappelé l’intérêt que la France porte toujours au Liban même si ses dirigeants ont appris qu’ils devaient avant tout compter sur eux- mêmes. Or, la situation est manifestement en train d’y évoluer d’une façon qui, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ne se révèle pas forcément très favorable à la Syrie, le voisin « protecteur » toujours très présent.

Alors que l’actuel gouvernement libanais est réputé proche du Hezbollah, la milice chiite soutenue par Damas et Téhéran, il s’est produit un véritable-coup de tonnerre le 9 août, lorsque l’ancien ministre de l’Information et ancien député Michel Samaha a été arrêté par les forces de sécurité. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, apparemment soulagé, il aurait avoué ainsi que son chauffeur avoir préparé, à l’instigation de Damas, plusieurs attentats à la bombe pour la fin du Ramadan ; il aurait même transporté les explosifs nécessaires depuis la Syrie à bord de sa propre Mercedes. Bien sûr, on peut s’interroger sur le procédé, alors que Damas dispose, directement et indirectement, de milliers de personnes au Liban pour effectuer ce genre de travail. Bien sûr, la personnalité de Michel Samaha, un grec catholique spécialiste des changements de camp, porte à quelque scepticisme. Mais il semble bien qu’il y ait une nouvelle donne dans ce pays.

En effet, malgré les enlèvements de musulmans de diverses tendances et d’opposants syriens réfugiés au Liban, l’arrestation de l’ancien ministre - doublée de la mise en cause nominative d’Ali Mamlouk, un très proche de Bachar el Assad en charge de la sécurité - n’a pas fait imploser la scène politique, tout le monde s’arcboutant sur la nécessité de préservé la stabilité et la sécurité nationales. Or, dans son édition datée du 15 août, le prestigieux Orient-Le Jour a révélé que Damas avait pourtant donné ordre à ses troupes de libérer Michel Samaha « à n’importe quel prix ». Toutefois, comme cela n’a pas fonctionné, un autre plan syrien consisterait à mettre le pays à feu et à sang en empêchant notamment la venue de Benoît XVI au Liban,prévue du 14 au 16 septembre.

On peut donc se demander si le Hezbollah qui a tenu à se démarquer des récents enlèvements, n’est pas en train de s’éloigner du régime de Damas. Comme l’écrit Gérard de Villiers dans son dernier SAS, ses responsables, ne voulaient pas insulter l’avenir, car personne pouvait garantir à cent pour cent la survie du régime de Bachar el-Assad ». Cela dit, il faut rester conscient du fait que, comme ce spécialiste du roman d’espionnage le disait il y a deux ans à propos des agents syriens  : « leurs affidés sont toujours là, invisibles, organisés, tapis un peu partout, prêts à frapper sur l’ordre de leurs maîtres de Damas [...J. Demain, ils peuvent déclencher une nouvelle vague d’assassinats et personne ne pourra les arrêter »

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