Le Caire : L’Égypte se révolte contre le totalitarisme islamiste.

Jeudi 12 septembre 2013 // Le Monde

Protégé par l’armée, un Frère musulman est pris à partie par la foule.

L’armée a engagé une lutte à mort contre les Frères musulmans, avec un fort soutien populaire et de gros moyens. Du Caire à la péninsule du Sinaï, le pays bascule dans la guerre civile. Après les violences du Caire (plus de 900 morts dans la répression des manifestations et l’évacuation des mosquées occupées par les islamistes), le chaos gagne l’ensemble du territoire égyptien. La grande majorité de la population soutient l’armée contre les Frères musulmans, accusés d’incurie et de totalitarisme, tandis que l’Occident, pris de court et saisi d’effroi devant ce début de guerre civile dans ce pays de 84 millions d’habitants, s’interroge sur la meilleure attitude à adopter depuis la destitution du président Mohamed Morsi, le 3juillet.

Le 19 août, deux minibus de policiers en civil tombaient sur un faux barrage d’islamistes près de Rafah, à la frontière de la bande de Gaza, au nord de la péninsule du Sinaï. Les 26 hommes furent alignés sur le sol puis abattus d’une balle dans la nuque. Ce massacre rappelle les méthodes du Groupe islamique armé contre l’armée algérienne, au début des années 1990. Cette "deuxième guerre d’Algérie" avait fait près de 100 000 morts entre 1992 et 1999. Le même cauchemar guette l’Égypte.

Dans la péninsule désertique du Sinaï, frontalière d’Israël, des tribus bédouines converties à l’islam radical et quelques groupes djihadistes, composés le plus souvent de mercenaires arabes, défient le général Abdel al Sissi, le nouveau maître de l’Égypte, malgré l’état d’urgence. L’armée y a déjà engagé plusieurs bataillons d’infanterie, des chars et des hélicoptères. Elle opère dans une zone dangereuse, difficile d’accès, face à des combattants déterminés, difficiles à atteindre. Elle le fait avec le consentement d’Israël, inquiet de la déstabilisation de sa frontière sud.

Décrété le 14 août, après une journée d’affrontements entre la police et les pro-Morsi, l’état d’urgence mobilise des dizaines de milliers de soldats dans tout le pays, grand comme deux fois la France. Soumis au couvre-feu, Le Caire, fourmilière de plus de 15 millions d’habitants, est quadrillé par des centaines de barrages. Militant dans l’ombre pendant des décennies, passés en un an du pouvoir à la clandestinité, les Frères musulmans cherchent à s’organiser, malgré les coups subis et l’arrestation de la plupart de leurs responsables.

La crise a éclaté avec les grandes manifestations de colère du mouvement citoyen Tamarod ("Rébellion") contre Mohamed Morsi, rejeté pour sa gestion catastrophique du pays et sa tentative de verrouiller le pouvoir. Soutenue par l’opposition et la rue, l’armée pensait éviter le pire en ordonnant l’arrestation de Morsi, malgré son élection au suffrage universel, en 2012.

Surs de leur légitimité démocratique, de leur implantation dans la société et les mosquées, sans doute assurés de l’appui des États-Unis, les Frères musulmans ont joué l’épreuve de force en multipliant les rassemblements, essentiellement au Caire, transformant la capitale en champ de bataille entre les partisans et les opposants de Morsi. Le 14 août, après un dernier ultimatum, l’armée lançait l’assaut. Couverts par les hélicoptères armées par des snipers, les bullodozers et les blindés reprenaient le contrôle de la place Raa-al-Adawiya, dans un bain de sang, au prix de 600 morts !

Dans la péninsule désertique du Sinaï, frontalière d’Israël, des tribus bédouines converties à l’islam radical et quelques groupes djihadistes, composés le plus souvent de mercenaires arabes, défient le général Abdel al Sissi, le nouveau maître de l’Égypte, malgré l’état d’urgence. L’armée y a déjà engagé plusieurs bataillons d’infanterie, des chars et des hélicoptères. Elle opère dans une zone dangereuse, difficile d’accès, face à des combattants déterminés, difficiles à atteindre. Elle le fait avec le consentement d’Israël, inquiet de la déstabilisation de sa frontière sud.

Décrété le 14 août, après une journée d’affrontements entre la police et les pro-Morsi, l’état d’urgence mobilise des dizaines de milliers de soldats dans tout le pays, grand comme deux fois la France. Soumis au couvre-feu, Le Caire, fourmilière de plus de 15 millions d’habitants, est quadrillé par des centaines de barrages. Militant dans l’ombre pendant des décennies, passés en un an du pouvoir à la clandestinité, les Frères musulmans cherchent à s’organiser, malgré les coups subis et l’arrestation de la plupart de leurs responsables.

La crise a éclaté avec les grandes manifestations de colère du mouvement citoyen Tamarod ("Rébellion") contre Mohamed Morsi, rejeté pour sa gestion catastrophique du pays et sa tentative de verrouiller le pouvoir. Soutenue par l’opposition et la rue, l’armée pensait éviter le pire en ordonnant l’arrestation de Morsi, malgré son élection au suffrage universel, en 2012.

Sûrs de leur légitimité démocratique, de leur implantation dans la société et les mosquées, sans doute assurés de l’appui des États-Unis, les Frères musulmans ont joué l’épreuve de force en multipliant les rassemblements, essentiellement au Caire, transformant la capitale en champ de bataille entre les partisans et les opposants du Général Patriote Abdel al Sissi.

Dans la péninsule désertique du Sinaï, frontalière d’Israël, des tribus bédouines converties à l’islam radical et quelques groupes djihadistes, composés le plus souvent de mercenaires arabes, défient le général Abdel al Sissi, le nouveau maître de l’Égypte, malgré l’état d’urgence. L’armée y a déjà engagé plusieurs bataillons d’infanterie, des chars et des hélicoptères. Elle opère dans une zone dangereuse, difficile d’accès, face à des combattants déterminés, difficiles à atteindre. Elle le fait avec le consentement d’Israël, inquiet de la déstabilisation de sa frontière sud.

Décrété le 14 août, après une journée d’affrontements entre la police et les pro-Morsi, l’état d’urgence mobilise des dizaines de milliers de soldats dans tout le pays, grand comme deux fois la France. Soumis au couvre-feu, Le Caire, fourmilière de plus de 15 millions d’habitants, est quadrillé par des centaines de barrages. Militant dans l’ombre pendant des décennies, passés en un an du pouvoir à la clandestinité, les Frères musulmans cherchent à s’organiser, malgré les coups subis et l’arrestation de la plupart de leurs responsables. La crise a éclaté avec les grandes manifestations de colère du mouvement citoyen Tamarod ("Rébellion") contre Mohamed Morsi, rejeté pour sa gestion catastrophique du pays et sa tentative de verrouiller le pouvoir. Soutenue par l’opposition et la rue, l’armée pensait éviter le pire en ordonnant l’arrestation de Morsi, malgré son élection au suffrage universel, en 2012.

Les 8 millions de chrétiens coptes d’Égypte (10 % de la population) sont des boucs émissaires à chaque montée de tension, d’autant que leur pape, Tawadros II, soutient discrètement le pouvoir militaire. Partout, au Caire et surtout en Haute-Égypte, où ils sont très implantés, les chrétiens ont subi de graves violences - une quarantaine d’églises (photo), de commerces et d’écoles incendiés. Beaucoup sont isolés et redoutent la violence des milices islamistes, dont le programme est clair : « Plus un seul chrétien en Égypte, terre d’islam ! » Mgr Ibrahim Isaac, le patriarche d’Alexandrie des coptes-catholiques, président de l’Assemblée de la hiérarchie catholique d’Égypte, en appelle à la conscience mondiale et aux responsables des pays : « Je les exhorte pour qu’ils comprennent et croient que ce qui se passe actuellement en Egypte n’est pas la lutte politique entre factions rivales mais qu’il s’agit d’un combat de tous les Egyptiens contre le terrorisme.

« Notre rejet du régime putschiste est devenu une obligation islamique, nationale et éthique à laquelle nous ne pourrons jamais renoncer », annoncent les Frères musulmans. En état de choc, ils comparent la situation aux pires heures de la dictature Moubarak. Un millier des leurs ont été arrêtés, dont leur guide suprême, Mohamed Badie, 70 ans, capturé au Caire dans la nuit du 19 au 20 août (son fils avait été tué sur les barricades la semaine dernière). L’ancien président Morsi est en prison, accusé de "complicité de meurtre" et de "terrorisme". Le gouvernement prépare la dissolution de la confrérie. Cette répression a des répercussions régionales. Si Israël soutient discrètement le régime militaire, garant d’une certaine sécurité, la tension est
 avec la Turquie. Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a même comparé le général al-Sissi et le Syrien Bachar al-Assad.

Les États-Unis puis la France, l’Union européenne, les Nations unies ont réagi avec un retard traduisant leur embarras devant ce putsch populaire contre un pouvoir démocratiquement élu : « La violence doit cesser, le pouvoir doit pousser à la réconciliation », disent quasi en choeur la Maison-Blanche, l’Élysée et Downing Street. Le Pentagone a annulé des exercices militaires conjoints. Mais il n’a pas remis en cause l’aide de 1,3 milliard de dollars attribuée chaque année à la Défense égyptienne.

L’armée a fait savoir qu’elle veut d’abord écraser la confrérie islamiste, avant de restaurer la démocratie et d’organiser des élections. « Il n’y aura pas de réconciliation avec ceux dont les mains sont tachées de sang et qui ont tourné leurs armes contre l’État et les institutions », a prévenu Hazem el- Beblaoui, le nouveau premier ministre. Les militaires savent que l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït, hostiles aux Frères, les soutiennent : ces "pays frères" leur ont promis une aide de plus de 5 milliards de dollars.

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