Le 14 juillet de François Hollande.

Samedi 11 août 2012 // La France

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Drapeau de FranceLe président Hollande a voulu renouer avec l’interview du 14 juillet supprimée par son prédécesseur, la garden-party demeurant aux oubliettes. Ce faisant, il se place dans la lignée de François Mitterrand, qui l’avait reprise de Valéry Giscard d’Estaing notons que Nicolas Sarkozy l’avait finalement rétablie l’an passé, dans une version courte de dix minutes. Cela lui a permis de se poser en chef de l’Etat qui non seulement dirige la France mais reçoit la presse comme un grand seigneur, puisque le décor du ministère de la Marine différait fort peu de celui de l’Elysée et que seuls deux journalistes lui faisaient face, sans pousser trop loin leurs questions ; c’est ainsi qu’ils se sont contentés, à propos de l’affaire du tweet de Valérie Trierweiler soutenant lors des législatives le socialiste dissident face à Ségolène Royal, d’une simple assurance que cela ne se reproduirait pas. Peut-être s’en souviendra-t-on lorsque, plus tard, on voudra jauger la crédibilité présidentielle.

En tout cas, à propos de François Mitterrand, il convient de noter au moins trois points. Comme son ancienne compagne, l’ex-premier secrétaire du PS est un « bébé Mitterrand ». S’il a toujours été mortifié de n’avoir jamais été choisi comme ministre ni, non plus d’ailleurs, par Lionel Jospin, auquel il vient de rendre la politesse en le nommant à la tête d’une fantomatique commission sur la moralisation de la vie politique -, il n’en reste pas moins son élève. Cela suppose autant de persévérance que de mémoire, de sens de l’esquive que de capacité à porter des coups de Jarnac.

N’est-ce pas justement le président Mitterrand qui confiait aux siens : « la rigueur, on la fait, ce n’est pas la peine de la nommer... » ? d’où le simple appel de François Hollande à « l’effort » Enfin, quand on considère le chemin parcouru par ce dernier en deux mois avec le pacte de stabilité et la règle d’or budgétaires, on peut se demander si ses explications sur les « aménagements » obtenus et le fait que la deuxième ne sera qu’une loi organique - qui, même si elle ne se trouve pas dans la Constitution, s’impose pourtant à toutes les autres -, on se demande si les imprécations contre les dirigeants de Peugeot-Citroën ne constituent pas l’écran de fumée destiné à cacher une nouvelle politique, comme Mitterrand à partir de 1983...

Le président « normal » a de toute manière vite cédé à l’aspect majestueux de sa position y compris, bientôt, dans la résidence estivale officielle de Brégançon. Cela lui permet de justifier son relatif éloignement des questions quotidiennes, un peu à la manière de Mitterrand, voire même du général de Gaulle. Ce dernier était d’ailleurs passé maître dans l’art de faire croire à son empathie et même à sa sympathie envers ceux qu’il visitait, comme l’illustra le fameux « je vous ai compris » lancé aux Français et aux musulmans d’Algérie qui ne voulaient pas rompre avec la métropole. François Hollande va-t-il procéder ainsi ?

Déjà, les parents des soldats, assassinés par Mohammed Merah se plaignent de n’avoir pas été traités, le 14 juillet, comme ceux des militaires déclarés « morts pour la France » en Afghanistan...

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