Le 13 mai 1958 à Alger, les hommes du général s’apprêtent à faire un coup d’État.

Mardi 20 mars 2012, par Claude JACQUEMART // L’Histoire

Photo officielle du Président De Gaulle

Ce jour-là à Alger le forum était noir de monde, 1 million de Français «  Musulmans où Gaulois » hurlaient leur fidélité à la mère Patrie «  La France ».

Dans l’immeuble du Délégué Général en Algérie, l’armée avec à sa tête le Généralissime Raoul Salan avait pris le pouvoir face à l’incapacité d’une république quasi morte.

Les hommes du Général de Gaulle étaient aux aguets ; devant la pression des putschistes, le Général Salan du crier Vive de Gaulle. Se cri fut repris par la foule ; à Paris le Parlement avait la peur au ventre, les Députés « tel des gazelles fasses aux lions » furent pris de panique.

Le Chef de l’État René Coty avait fait appel à l’homme du 18 juin, à l’homme qui depuis 1947 cherchait « par tous les moyens à reprendre le pouvoir »De Gaulle, l’homme « Providentiel » abandonna l’Algérie en 1962. Il demanda aux forces armées de désarmer les héroïques Harkis ; ces militaires au nombre de cinq cent milles furent massacrés par les terroristes musulmans dans des conditions que je ne souhaite pas d’écrire tellement ce fut horrible.

Les Français durent eux aussi subir les attaques ignobles des terroristes, et cela, malgré la présence de 500 milles soldats. Les « pieds noirs » s’enfuirent par bateaux vers la métropole, laissant derrière eux du sang et des larmes.

Des milliers de familles de Harkis demeurés en métropole furent traitées comme des animaux, pire encore. Nous devons rendre leur honneur à ces hommes, à leurs enfants, à leurs familles ; nous devons privilégier les études de cette jeunesse, nous devons privilégier leur logement. Si nous ne devons pas construire des lieux de cultes puisque la France Chrétienne ne peut que constater que sa religion est désavouée dans les Nations musulmanes et que nos fidèles sont massacrés, faisons une différence notable entre les arabes immigrés et nos valeureuses famille de Harkis.

Le 19 mars 1962 est une date maudite ; Comment certains associations peuvent aujourd’hui fêter cette journée de Deuil national ?

Sidi Krimsaïdi

Accords d’Evian il ne manquait que les garanties ! 1961-1962 Les négociations franco-algériennes s’ouvrent au bord du lac Léman. La France s’en va. Le pays va plonger dans le chaos.

Pour de Gaulle, il fallait en terminer une guerre qui, sans jamais dire son nom., ensanglantait l’Algérie depuis des années et mobilisait le plus gros de son armée, trouver à ce conflit une issue politique qui ne pouvait être que l’indépendance, arracher les Européens d’Algérie à leurs illusions. Chez le général de Gaulle, cette conviction était ancienne, malgré les rideaux de fumée dissimulant les intentions profondes.

En 1961, l’heure n’est plus aux précautions oratoires. « Ce dont il s’agit, c’est du dégagement », affirme de Gaulle dans une conférence de presse, le 5 septembre. La France est prête à abandonner à son sort une Algérie qui ne voudrait plus d’elle, sous réserve de garanties pour la population européenne, du maintien provisoire de certaines bases et de l’exploitation du sous-sol saharien.

Telle est la trame des négociations, d’abord secrètes puis officielles, qui vont conduire à la signature des accords d’Evian mettant officiellement fin, le 18 mars 1962, à la guerre d’Algérie (le cessez-le-feu entre en application le lendemain).

Cette négociation commence en réalité deux ans plus tôt, en 1960, avec deux échanges parallèles : les uns avec des combattants de l’intérieur, les autres avec des émissaires de Ferhat Abbas, président de la République algérienne (GPRA) en exil à Tunis. En mars 1960,en réponse à l’offre de "paix des braves" lancée dès octobre 1958 par de Gaulle et à l’insu du GPRA, plusieurs chefs militaires de l’Armée de libération nationale (l’ALN, bras armé du FLN) font connaître leur souhait de déposer les armes. Si Salah, qui commande lawilaya IV (Algérois), et ses adjoints Sidi Mohammed et Si Lakhdar sont secrètement reçus en juin par de Gaulle à l’Élysée. Ils apprennent de sa bouche qu’il va lancer un nouvel appel à la direction extérieure du FLN, dont ils veulent précisément s’émanciper. Déçus et amers, ils regagnent leur maquis. Leur fin sera tragique. Dès leur retour en Algérie, Si Mohammed fait exécuter Si Lakhdar et arrêter Si Salah, qui mourra dans une embuscade. Quant à Sidi Mohammed, il sera tué à Blida par les services spéciaux français.

Les seconds entretiens, avec des émissaires de Ferhat Abbas cette fois, vont durer du 25 au 29 juin 1960 à la sous-préfecture de Melun. Abbas n’est pas un ennemi de la France. Longtemps, il a revendiqué une égalité de droits pour toutes les populations en Algérie sous une tutelle française qu’il ne contestait pas, avant de rejoindre le FLN par déception. Mais il n’a pas renoncé à voir les diverses communautés s’entendre dans une Algérie devenue indépendante. Il souhaite s’entretenir directement avec le général de Gaulle. Refus de celui-çi, qui veut d’abord un accord sur la fin des combats et la remise des armes.

Les pourparlers reprennent à Genève en février 1961 par l’intermédiaire d’un diplomate suisse, Olivier Long. Les émissaires d’Abbas souhaitent rencontrer Georges Pompidou, sans mandat officiel mais ancien directeur de cabinet du chef de l’État. De Gaulle accepte et adjoint à Pompidou Bruno des Leusse, sous-directeur pour l’Europe au Quai d’Orsay, détaché auprès de Louis Joxe,ministre d’État chargé des Affaires algériennes. En revanche, le Général oppose un nouveau refus à une demande d’audience d’Abbas. Aussi la première rencontre des délégations à Lucerne se déroule-t-elle dans une atmosphère glaciale.

Malgré tout, le Conseil des ministres confirme, le 15 mars 1961, « son désir d’engager, par l’organe d’une délégation officielle, des pourparlers relatifs aux conditions de l’autodétermination des populations algériennes et aux problèmes qui s’y attachent ». Le 11 avril, lors d’une nouvelle conférence de presse, de Gaulle déclare crûment : « L’Algérie nous coûte, c’est le moins qu’on puisse dire, plus cher qu’elle nous rapporte. [...] Et c’est pourquoi, aujourd’hui, la France considérerait avec le plus grand sang-froid une solution telle que l’Algérie cessât d’appartenir à son domaine [... ]. »

Le FLN se montre intraitable sur les garanties aux Européens

Les négociations s’ouvrent à Évian, le 20 mai 1961 (le putsch des généraux a eu lieu entre-temps, la dernière semaine d’avril). Krim Belkacem, ministre des Affaires étrangères du GPRA, dirige la délégation du FLN. Â côté des "civils", les commandants Mendjeliet Slimane : les yeux et les oreilles de Houari Boumédiène, chef d’état-major de l’ALN, que l’on sait profondément hostile à la ligne "molle" incarnée par Abbas, et qui ne veut qu’une Algérie islamique, socialiste au sens marxiste et purgée de ses pieds-noirs.

En face, la délégation française conduite par Louis Joxe, ministre des Affaires algériennes, comprend notamment Bernard Tricot, conseiller technique à la présidence de la République, et Bruno de Leusse. D’entrée de jeu, de Gaulle a voulu marquer sa bonne volonté en annonçant une trêve unilatérale d’un mois à partir du 20 mai (Faction des troupes françaises en Algérie sera désormais limitée à l’autodéfense), la libération de 6 000 prisonniers dans les quatre semaines à venir et la mise en résidence surveillée des chefs du FLN capturés en 1956, Ahmed ben Bella en tête. Ainsi, le chef de l’État a renoncé à son intention initiale de n’engager aucune discussion politique avant l’arrêt des combats puisque l’ALN se retrouve, de fait, libre d’agir sur le terrain. Une décision dont s’alarment les chefs militaires mais qui tend à démontrer, sur la scène internationale, la volonté de paix de la France.

Une première fois, le 13 juin, les pourparlers sont interrompus. Principaux points d’achoppement : l’organisation du référendum d’autodétermination, dévolue à un exécutif provisoire au sein duquel le FLN a exigé d’être représenté en tant que tel (de Gaulle a finalement donné son accord), le statut du Sahara, sur lequel le FLN revendique la souveraineté absolue de l’Algérie, et, surtout, les garanties à donner aux Européens. À ce sujet, les hommes de Boumédiène se sont montrés inflexibles. Et les exactions, comme le redoutaient nos chefs militaires, ont repris sur l’ensemble du territoire algérien.

Pourtant, on se revoit le 20 juillet 1961 au château de Lugrin, non loin d’Évian. À nouveau, les représentants du FLN vont se montrer intraitables sur le Sahara, les garanties aux Européens et leur propre représentativité, qu’ils veulent entière à l’exclusion des autres tendances du nationalisme algérien. Impasse. Et c’est Krim Belkacem qui, cette fois, va réclamer l’interruption des pourparlers.

Pour forcer la main de l’adversaire, de Gaulle va utiliser alors deux menaces : celle d’une "Algérie algérienne" qui se construirait sans le FLN et celle de la partition, l’Algérie se trouvant découpée en deux zones dont l’une regrouperait les Européens et les musulmans fidèles à la France. Une solution à l’israélienne qu’Alain Peyrefitte, député et maire de Provins, développera à son instigation dans le Monde. Simple ballon d’essai. En fait, le chef de l’Etat a de plus en plus hâte de se débarrasser, comme il l’a confié à plusieurs interlocuteurs (dont Peyrefitte), du « terrible boulet » algérien. Les négociations reprennent le 11 février 1962, aux Rousses, station jurassienne de sports d’hiver. Or le GPRA n’est plus présidé par Ferhat Abbas, mais par un nationaliste beaucoup plus dur, Benkhedda.

Du côté français, à côté de Louis Joxe, figurent désormais le démocrate-chrétien Robert Buron, ministre des Transports, depuis longtemps partisan d’un accord avec le FLN, et l’indépendant Jean de Broglie, secrétaire d’État au Sahara. Les conversations prennent fin le 18 février, avec un accord de cessez-le-feu. Le 7 mars s’engage la seconde conférence d’Évian. Elle aboutit à un document de 99 pages paraphé par Joxe, Buron et Broglie et, pour le FLN, par le seul Krim Bel.kacem.

« Il s’y trouve tout ce que nous avons voulu qu’il y soit », se réjouira de Gaulle dans ses Mémoires d’espoir, le Renouveau. Notamment, « une fois l’indépendance de l’Algérie accordée par le peuple français et, ensuite, votée par le peuple algérien, une coopération technique approfondie ; une condition privilégiée des nationaux de chaque pays sur le territoire de l’autre ; des garanties complètes et précises aux membres de la communauté française qui voudront rester sur place ». Sans compter des droits privilégiés sur l’exploitation du pétrole du Sahara, la poursuite des expériences atomiques et spatiales dans le désert, la disposition pendant au moins quinze années de la base de Mers el-Kébir et de divers aérodromes, le maintien de forces françaises en Algérie pour trois ans..

Il manquait aux accords d’Évian la garantie des garanties

Ces perspectives idylliques vont se heurter à la réalité. Jean Morin, délégué général du gouvernement en Algérie de novembre 1960 à mars 1962, parlera avec tristesse des "non-accords" d’Evian, tant il est vrai que trop d’incertitudes pèsent sur l’avenir de cet épais document.

Certes, l’OAS porte sa responsabilité dans le sanglant chaos qui va suivre. Mais l’exode massif des Européens - que le gouvernement n’a pas su prévoir sera provoqué par une panique trop compréhensible. Jean-Jacques Susini, l’un des chefs de l’OAS, tentera de négocier avec Chawki Mostefaï, représentant du FLN au sein de l’exécutif provisoire censé assurer la transition jusqu’au référendum d’autodétermination, dont chacun sait qu’il conduira à l’indépendance. Vaine tentative.

Après avoir été débarqué de la présidence du GPRA, Ferhat Abbas affirmera à propos de ses anciens collègues : « Un colonel leur réglera un jour leur compte, ce sera le colonel Boumédiène. Pour celui-ci, le goût du pouvoir et celui du commandement relèvent de la pathologie. » Or Houari Boumédiène dispose, en 1962, de la seule force sur laquelle puisse s’appuyer le FLN : les 40 000 hommes de "l’armée des frontières , puissamment équipés et armés, auxquels seule l’armée française pourrait s’opposer. Ce qu’elle n’est plus en mesure de faire.

Trois mois après la signature des accords, ayant balayé le GPRA et l’exécutif provisoire, Boumédiène avec son allié Ben Bella font une entrée triomphale à Alger. L’Algérie sera modelée selon leurs voeux, tandis que seront massacrés les anciens supplétifs de l’armée française auxquels l’amnistie avait été pourtant promise.

Aux accords d’Evian, il manquait en effet l’essentiel : la garantie des garanties. De Gaulle réclamait leur application scrupuleuse, mais en ayant déjà tourné la page de la tragédie algérienne, et sans volonté ni moyens de contraindre ceux qui voudraient s’en affranchir. Ainsi la porte s’ouvrait surie drame final et l’inconnu.

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