La seconde guerre mondiale.

Mercredi 30 mai 2012 // L’Histoire

La seconde guerre mondiale, aurait-pu être évité si la France avait exigé des Allemands qu’ils respectent le traité signé à Versailles le 19 juin 1919.

Charles de Gaulle Le Patriote : Les responsables politiques des Lâches  : Les chefs militaires : Des généraux incompétents, inaptes à développer une stratégie capable de maîtriser l’armée ennemie.

Le guerre déclenché par Adolf Hitler n’a pas de précédent dans l’histoire du monde. La France Monarchique & Royale n’a pas connu en mille ans autant de déshonneur. Sous les Capétiens, notre Patrie et nos Rois, ont toujours préservé notre identité et notre indépendance.

La guerre mondiale fut déclenchée par un homme immonde, un être comme la terre n’en avait jamais connu. Seul avant lui Staline, Lénine et Trotsky, firent plus de 80 millions de morts dans la seule Russie Soviétique.

Si Hitler et les Nazis furent des barbares, comment ce fait-il que la France n’ait JAMAIS rien fait pour empêcher l’ascension de ce monstre, dès lors qu’il ne tenait aucun compte des accords de Versailles signés en 1919, et qui privaient l’Allemagne de toutes forces militaires, hormis une armée de 100 milles hommes.

Autant le traité de paix signé à Versailles contenait des articles qui mettaient « à genoux » les vaincus de la Grande guerre, autant la république française, n’a absolument rien fait lorsque Hitler commença le réarmement de son Pays ; Il en fut de même lorsque les Nazis envahirent des Nations proches de son territoire. Et pourtant ! Notre armée était plus puissante que celle des Nazis ; Nos responsables militaires étaient nuls, seul le colonel de Gaulle, n’avait de cesse de dénoncer la nullité de la « ligne maginot » et d’accellérer la construction de chars, seul moyen d’attaguer les Panzers allemand.

Le ministre Daladier, et ses acolytes ont trahi la patrie ; Ils ont laissé Hitler surarmée l’Allemagne, et se sont laissés berner. Les généraux Gamelin et Weygand furent incapables de prendre les mesures nécessaires pour combattre les envahisseurs allemand. Quant au sinistre Laval, il fut l’artisan du vôte qui donna les pleins pouvoirs au vieu maréchal Pétain, seul militaire au prestige incomparable. Laval fut l’ardent partisan d’une collaboration avec les nazis. Ce criminel organisa la visite du vieux Maréchal avec Hitler, et fut un des responsables de la plus horrible des déportation à savoir la Shoah.

Une question reste toujours sans réponses : ( Pourquoi le général de Gaulle n’incita pas la police et la gendarmerie Française à plus de compassion vis-à-vis de nos compatriotes Juifs ?)

Description de cette image, également commentée ci-après
Signature du traité mettant fin à la Grande Guerre dans la galerie des Glaces du château de Versailles le 21 juin 1919

Traité de paix entre les Alliés et les Puissances associées et l’Allemagne

Le traité de Versailles de 1919 désigne le traité de paix entre l’Allemagne et les Alliés, signé à l’issue de la Première Guerre mondiale.

Élaboré au cours de la conférence de Paris, le traité fut signé le 28 juin 1919, dans la galerie des Glaces du château de Versailles et promulgué le 10 janvier 1920. Il annonça la création d’une Société des Nations et détermina les sanctions prises à l’encontre de l’Allemagne et de ses alliés. Celle-ci, qui n’était pas représentée au cours de la conférence, se vit privée de ses colonies et d’une partie de ses droits militaires, amputée de certains territoires et astreinte à de lourdes réparations économiques. Ces indemnités restent cependant inférieures, par rapport à la richesse nationale, à ce que la France avait dû payer aux Alliés en 1815.

Choix du lieu Le choix du lieu de signature du traité marque pour la France l’occasion d’effacer symboliquement l’humiliation de la défaite lors de la guerre de 1870. C’est en effet dans la même galerie des Glaces, au château de Versailles, qu’avait eu lieu la proclamation de l’empire allemand, le 18 janvier 1871.

Conditions de la rédaction et de la signature du traité


Signature du traité

On invita des représentants de territoires du monde entier à la conférence de paix mais aucun responsable des États vaincus et de la Russie, qui avait quitté la guerre en 1917. Certaines personnalités eurent une influence déterminante. On en retient habituellement les dirigeants de quatre des principales puissances victorieuses : Lloyd George, Premier ministre britannique, Vittorio Orlando, président du Conseil italien, Georges Clemenceau, son homologue français et Woodrow Wilson, le président des États-Unis.


Signature du traité, vue par le peintre William Orpen

Chaque représentant est libre de travailler à la rédaction du traité, mais les positions de ces hommes divergent. Le président américain veut mettre en place la nouvelle politique internationale dont il a exposé les principes directeurs dans ses Quatorze points. Pour lui, la nouvelle diplomatie doit être fondée sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et sur la collaboration entre États. Il dispose d’un grand prestige. Il cherche à ménager l’Allemagne pour éviter qu’un esprit revanchard ne s’y développe. Les responsables anglais tiennent aussi à laisser à l’Allemagne une certaine puissance. Fidèles à leur théorie d’équilibre entre les puissances, ils tiennent à empêcher la France d’acquérir une hégémonie en Europe continentale. Clemenceau, au contraire, cherche à imposer de lourdes indemnités pour limiter la puissance économique et politique de l’Allemagne, et pour financer la reconstruction de la France.


L’affaire de Fiume

Article détaillé : Régence italienne du Carnaro.

La signature du traité fut retardée de plusieurs mois par le coup de force de Gabriele D’Annunzio qui s’empara de la ville de Fiume. Il fallut attendre l’intervention de la marine italienne en décembre 1920 pour que le traité de Rapallo, instaurant l’État libre de Fiume, puisse s’appliquer et permettre la proclamation officielle du traité de Versailles. C’est lors de ces événements que George Clemenceau fait appel au général Humbert, mis à disposition de son gouvernement militaire quelques mois plus tôt par le général Mordacq, et l’envoie en Adriatique par Fiume et les territoires revendiqués par les Italiens. Les forces interalliées dans les Balkans et l’Adriatique constatent cet impérialisme italien qui se porte à l’encontre de l’esprit du Traité de Versailles embryonnaire ; Lloyd Georges et George Clemenceau s’inquiètent de ce comportement agressif qui prolonge les tensions de la fin de guerre, tandis que Woodrow Wilson voit par ces revendications une menace au « droit des Serbes et des Slaves à disposer d’eux-mêmes ». La prise de Fiume laisse entrevoir le militarisme et le nationalisme de l’Italie six ans avant Mussolini.

Contenu

Woodrow Wilson et les émissaires américains

La première partie établit une charte pour une Société des Nations. Elle reprend l’idéal wilsonien d’une diplomatie ouverte, organisée par un droit international. La treizième partie pose les principes du Bureau International du Travail. Le reste du traité est essentiellement consacré aux conditions de la paix en Europe. Un principe, énoncé à l’article 231, structure l’ensemble : l’Allemagne et ses alliés sont déclarés seuls responsables des dommages de la guerre (que l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie avaient effectivement déclarée en 1914). Ce principe justifie les exigences très lourdes des vainqueurs à l’égard de l’Allemagne. Les principales dispositions du traité sont :

Remaniements territoriaux

La seconde partie du traité définit les frontières de l’Allemagne, mais dans plusieurs régions, le tracé définitif est remis à plus tard. L’indépendance des nouveaux États de Pologne et de Tchécoslovaquie est également affirmée. L’indépendance de l’Autriche est également protégée : il est interdit à l’Allemagne de l’annexer (art. 80).

L’Allemagne se voit amputée de 15% de son territoire et de 10% de sa population au profit de la France, de la Belgique du Danemark, et surtout de la Pologne, nouvellement recréée. Il s’agit essentiellement de régions qu’elle avait naguère conquises par la force. Les principales transformations territoriales sont :

  • la restitution à la France de l’Alsace-Lorraine (art. 27)
  • l’intégration à la Belgique des cantons d’Eupen et de Malmedy, dont la Vennbahn (art. 27)
  • la possibilité pour le Danemark de récupérer certains territoires du Nord de l’Allemagne où se trouvent des populations danoises. La décision doit être soumise à un vote de la population locale. (art. 109 à 111). Le référendum est mené en 1920. Les villes d’Aabenraa, Sønderborg et Tønder, et leurs environs passent alors au Danemark
  • Le Territoire du Bassin de la Sarre est placé sous administration internationale pour 15 ans. Son statut définitif doit être soumis à référendum.
  • D’importants territoires qui se trouvaient dans l’est de l’Allemagne sont attribués au nouvel État polonais (art.28). Dans certaines régions, le statut définitif n’est pas décidé. Il doit être déterminé par une commission ou par un référendum dans la zone concernée (art 87 à 93). Dantzig devient une ville libre, ce qui garantit l’accès de la Pologne à la mer mais a aussi pour effet de séparer la Prusse orientale, restée allemande, du reste de l’Allemagne.

Dispositions militaires

De nombreuses mesures sont prises pour limiter le pouvoir militaire de l’Allemagne et protéger ainsi les États voisins. Les clauses militaires forment la cinquième partie du traité.

  • L’Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses quelques blindés et toute sa flotte (qui se sabordera dans la baie écossaise de Scapa Flow).
  • Son réarmement est strictement limité. Elle n’a plus droit aux chars, à l’artillerie et à l’aviation militaire.
  • Son armée sera limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire aboli.

Article détaillé : Occupation de la Rhénanie après la Première Guerre mondiale.

Dispositions économiques et financières


Page couverture de la version en anglais du traité. (Document publié vers le 28 juin 1919)

Suite aux dommages de guerre causés pendant toute la durée de la guerre dans le Nord de la France et en Belgique, l’Allemagne - considérée comme seule responsable de la guerre -, doit payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en 1921. Il s’élève à 132 milliards de marks-or, une somme très élevée. Le montant total des dommages causés par la guerre aux alliés a toutefois été estimé à 150 milliards de marks-or.

Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ce volet économique : l’Allemagne perd la propriété de tous ses brevets (l’aspirine de Bayer tombe ainsi dans le domaine public). Les fleuves Rhin, Oder et Elbe sont internationalisés et l’Allemagne doit admettre les marchandises en provenance d’Alsace-Moselle et de Posnanie sans droits de douane. En outre, le pays doit livrer aux Alliés du matériel et des produits.

Renoncement de l’Allemagne à son empire colonial

Dans la quatrième partie du traité, l’Allemagne, toujours à titre de compensations, est sommée de renoncer à son empire colonial. Il s’agit pour les puissances victorieuses d’agrandir leurs empires coloniaux aux dépens de l’Allemagne mais aussi de punir moralement l’Allemagne. L’Allemagne, responsable de la guerre, avait commis auparavant des actes de barbarie, notamment le génocide du peuple Herrero (1904-1911, Namibie). En ce sens, elle est incapable d’assumer la mission civilisatrice que les contemporains attachent au colonialisme. C’est ainsi que, au sein des Alliés, les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partagent ces dernières : le Cameroun, le Togo, l’Afrique-Orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande a déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l’Union sud-africaine, qui la reçoit en mandat par la SDN en 1920. Dans la foulée, l’Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam, Maroc, Égypte, Turquie, etc.).

Les traités annexes

Des traités annexes au traité de Versailles sont signés séparément avec chacun des vaincus : Les traités de Saint-Germain-en-Laye puis du Trianon avec l’Autriche-Hongrie qui est partagée en :


Carte de l’Europe en 1923

Réception et conséquences


Train contenant du matériel versé au titre des réparations après le traité de Versailles.


Photo d’archive allemande (1920) illustrant le démontage d’un canon lourd, en application de la disposition du traité imposant la destruction des armes à feu)

Le traité de Versailles a été soumis à de multiples critiques. Les frustrations qu’il a fait naître, ainsi peut-être que les déséquilibres qu’il a engendrés, ont joué un rôle non négligeable dans la politique européenne des décennies suivantes. Hitler s’oppose dans le début de son ascension politique au traité de Versailles qui fait reposer les conséquences de la Première Guerre mondiale sur les épaules de l’Allemagne.

Le Sénat des États-Unis refuse de le ratifier et donc empêche les États-Unis d’entrer à la Société des Nations, ce qui d’emblée réduit la portée de cette organisation.

La France, qui est pourtant une des principales bénéficiaires des traités (retour de l’Alsace et de la Lorraine dans le giron français, démilitarisation de l’ouest de l’Allemagne, dépeçage de l’Empire austro-hongrois et obtention d’un énorme montant pour les réparations financières), n’est pas encore satisfaite car elle aurait voulu obtenir l’occupation permanente de la rive gauche du Rhin pour assurer sa sécurité. En Savoie, l’article 435 du traité de Versailles fait que certaines dispositions d’annexion du traité de Turin (1860) ne sont plus respectées. Cet article supprime les zones neutres et franches présentes en Savoie et liées aux conditions d’annexion. La France est d’ailleurs condamnée par la Cour internationale de justice de La Haye en 1932 pour la violation du traité de Turin.

Le ressentiment est particulièrement fort encore en Italie. On a parlé de « victoire mutilée », car les Alliés n’ont pas respecté les promesses faites durant le conflit concernant l’attribution des provinces de l’Istrie, de la Dalmatie et du Trentin. Les fascistes italiens exploitent cette trahison et y trouvent un terreau propice à l’exaltation d’un nationalisme virulent.

La Belgique, qui est le pays qui a connu le plus d’exactions et d’exécutions de civils de la part de l’Occupant, relativement à sa population, est la première nation dédommagée financièrement par l’Allemagne et la seule à l’être totalement, ce qui contribue à sa rapide reconstruction.

La République de Chine, bien que mentionnée parmi les parties contractantes, refuse de signer le traité, qui prévoit la cession à l’Empire du Japon des droits allemands sur le Shandong. Les prétentions japonaises entraînent en Chine une agitation nationaliste et anti-japonaise connue sous le nom de mouvement du 4 mai.

Les réparations


Le traité de Versailles est vécu ou présenté comme un Diktat par de nombreux Allemands.

Le paiement de réparations représente une lourde charge pour la République de Weimar. En proie à de graves difficultés financières, elle se révèle vite incapable d’y faire face. Les alliés demandent alors des livraisons en nature. Face aux retards de livraison allemands, la France et la Belgique envahissent la Ruhr en 1923, ce qui aggrave encore la déstabilisation économique de l’Allemagne. Toutefois, les difficultés ne sont pas réglées.

Sous la direction américaine, le plan Dawes est alors élaboré. Il facilite les conditions de remboursement pour l’Allemagne. Toutefois, la charge apparaît encore trop lourde ce qui conduit à l’élaboration d’un nouveau plan, le plan Young, en 1929. Les dettes allemandes sont diminuées et rééchelonnées de manière considérable. En Allemagne, les réparations font tout au long de la période l’objet de vives contestations politiques, et alimentent un vif ressentiment. Celui-ci s’ajoute à la volonté de reprendre la guerre dans de meilleures conditions, qu’ont de toute façon, dès 1918, l’establishment militaire (Ludendorff) et les nationalistes. En 1929, une pétition aboutit, contre l’avis du gouvernement, à soumettre à référendum une proposition de loi qui annule le paiement de dettes. Cependant, la participation au référendum fut très faible et la loi fut rejetée à près de 95%.

Selon les termes du plan Young, le paiement des réparations devait s’échelonner jusqu’à 1988, mais avec la Grande Dépression, les versements furent interrompus (moratoire Hoover en 1931). En 1933, les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne, ils rejettent toute idée de paiement des réparations. Les paiements sont définitivement arrêtés tandis que l’annexion de l’empire colonial allemand sera maintenu jusqu’à l’accession à l’indépendance des peuples africains concernés au début des années 1960, à l’exception de la Namibie qui n’accède à l’indépendance qu’en 1990.

L’Allemagne a trainé sa dette jusqu’au 3 octobre 2010, date à laquelle elle la solde définitivement, près d’un siècle après le début du conflit.

L’original du traité

L’original du traité a disparu en 1940 et on ignore s’il a été détruit. Face à l’avancée des troupes allemandes vers Paris, il devait être mis à l’abri à l’Ambassade de France aux États-Unis, mais ce n’est qu’une version préparatoire qui y est parvenue. On a longtemps cru qu’il se trouvait à Moscou, mais l’ouverture progressive des archives depuis 1990 n’a pas permis de le retrouver. La seule certitude est que les Allemands ont mis la main sur la ratification française du traité, qui avait été cachée au Château de Rochecotte3.

Les Conséquences économiques de la paix, livre de John Maynard Keynes, très critique à l’égard du traité dont il juge les conséquences économiques trop lourdes pour l’Allemagne, tandis qu’il sous-estime l’affaiblissement durable de la France à la suite de la guerre.

Étienne Mantoux, économiste français qui livra une critique sévère de la théorie keynésienne et de l’analyse keynésienne du volet économique Traité de Versailles. Les Conséquences politiques de la paix, livre de Jacques Bainville, très critique à l’égard du traité dont il juge les conséquences politiques incohérentes, laissant une Allemagne trop puissante avec de nombreux motifs de ne pas respecter ses obligations. Il prévoit qu’une nouvelle guerre en résultera.

La Seconde Guerre mondiale, ou Deuxième Guerre mondiale 3, est un conflit armé à l’échelle planétaire qui dura du 1er septembre 1939 au 2 septembre 1945. Ce conflit planétaire opposa schématiquement deux camps les Alliés et l’Axe. Il prit fin sur le théâtre d’opérations européen le 8 mai 1945 par la capitulation sans condition du IIIe Reich, puis s’acheva définitivement sur le théâtre d’opérations Asie-Pacifique le 2 septembre 1945 par la capitulation sans condition de l’Empire du Japon, dernière nation de l’Axe à connaître la défaite.

Provoquée par le règlement insatisfaisant de la Première Guerre mondiale et par les ambitions expansionnistes et hégémoniques des trois principales nations de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste et Empire du Japon), elle consista en la convergence, à partir du 3 septembre 1939, d’un ensemble de conflits régionaux respectivement amorcés le 18 juillet 1936 en Espagne (la guerre d’Espagne), le 7 juillet 1937 en Chine (la guerre sino-japonaise), et le 1er septembre 1939 en Pologne (campagne de Pologne), puis par l’entrée en guerre officielle de l’ensemble des grandes puissances de l’époque : France, Royaume-Uni et leurs empires dès le 3 septembre 1939, URSS à partir de l’invasion allemande de juin 1941, États-Unis le 7 décembre 1941 dans un conflit impliquant la majorité des nations du monde sur la quasi-totalité des continents.

La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km²4, et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut la première grande guerre idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis, ou qu’une résistance ait pu exister jusqu’en plein cœur de l’Allemagne nazie en guerre.

Guerre totale, elle gomma presque totalement la séparation entre espaces civil et militaire et vit, dans les deux camps, la mobilisation poussée non seulement des ressources matérielles – économiques, humaines et scientifiques – mais aussi morales et politiques, dans un engagement des sociétés tout entières.

La somme des dégâts matériels n’a jamais pu être chiffrée de façon sûre, mais il est certain qu’elle dépasse les destructions cumulées de l’ensemble des conflits connus par le genre humain depuis son apparition. Le traumatisme moral ne fut pas moins considérable, la violence ayant pris des proportions inédites.

Elle connut de multiples crimes de guerre, qui ne furent l’apanage d’aucun camp, crimes s’insérant dans une violence militaire et policière d’une intensité et d’une profondeur inégalées. Elle vit également l’émergence à une échelle inconnue jusqu’alors de crimes de masse particulièrement atroces et pour certains sans précédents, tout particulièrement à l’instigation de l’Allemagne nazie et du Japon impérial.

Parmi ces crimes figurent la déportation en camps de concentration, camps de travail et camps de la mort, comportant des chambres à gaz à des fins d’extermination de populations entières (Juifs, Slaves, Tziganes), ou de catégories particulières d’individus (homosexuels, handicapés, etc.) commandées par le régime nazi.

Le régime Shōwa ne fut nullement en reste en Asie avec, à son actif, 10 millions de civils chinois enrôlés de force par la Kōa-in au Mandchoukouo, environ 200 000 « femmes de réconfort » enrôlées en Corée et dans tout l’Extrême-Orient, ainsi que l’annihilation systématique de populations civiles, principalement en Chine et notamment lors du massacre de Nankin.

Il faut ajouter les meurtres systématiques de résistants et d’opposants politiques, ainsi que les représailles contre les civils, par les nazis ; les expérimentations sur des êtres humains auxquelles se livrèrent des médecins nazis, tel le SS Josef Mengele, et l’unité japonaise 731 ; les bombardements aériens massifs de civils d’abord par l’Axe en Europe (Coventry en Angleterre, Rotterdam aux Pays-Bas) et en Asie (Shanghai, Guangzhou, Chongqing, cette dernière étant la ville la plus bombardée du conflit sino-japonais), puis par les Alliés : Dresde et Hambourg en Allemagne, Tōkyō avec du napalm au Japon. Pour la première fois, la bombe atomique fut utilisée contre un pays : deux bombes A larguées sur des cibles civiles par les États-Unis ont explosé à trois jours d’intervalle, à Hiroshima et à Nagasaki au Japon.

La Seconde Guerre mondiale propulsera les États-Unis et l’URSS, principaux vainqueurs, comme les deux superpuissances concurrentes appelées à dominer le monde en même temps que de connaitre une vive rivalité idéologique et politique, pour près de 40 ans par la suite. Elle scelle le déclin des puissances impériales d’Europe, et ouvre le processus de décolonisation qui ne fera que s’accélérer après-guerre en Asie, dans le monde arabe et en Afrique, jusqu’aux années 1960.

Enfin ce dernier conflit d’ampleur sur le continent européen, marquera par sa fin le début en Europe de l’Ouest d’une période de prospérité sans précédent, dans la foulée de la reconstruction, et l’émergence progressive d’un projet d’unification politique pacifique.

Marche vers la guerre

Article détaillé : Causes de la Seconde Guerre mondiale.

Origines du conflit en Europe

Territoires de l’Axe :

  • Puissances de l’Axe
  • Colonies et territoires occupés de l’Axe

Territoires Alliés :

  • Alliés occidentaux
  • Dominions des Alliés occidentaux
  • Colonies et territoires occupés des Alliés occidentaux
  • Alliés de l’Est (URSS et États satellites)

Autres :

  • Empire du Japon et États satellites (avant de rejoindre l’Axe)
  • URSS et États satellites (avant de rejoindre les Alliés)
  • France de Vichy et ses colonies (officiellement neutre, mais collaboratrice de l’Axe)
  • Pays neutres

Les traités de Versailles, de Saint Germain, de Trianon et de Neuilly avaient suscité rancœurs et frustrations et désirs de reconquête chez les peuples allemands, autrichiens, hongrois et bulgares.

La crise de 1929 conduit les différents États à adopter des mesures protectionnistes et à se placer en position de rivalité les uns par rapport aux autres. Alors que l’agressivité des démocraties se situe sur le plan économique, les dictatures fascistes vont adopter une stricte autarcie et, naturellement, penser leur défense et leur expansion en termes militaires. Mais partout, les politiques d’armement sont mises en place efficacement pour sortir du marasme économique5.

Ceci pourrait expliquer une guerre dans un contexte où la politique de l’Allemagne aurait été inspirée par les classes dominantes traditionnelles. La guerre en Europe est toutefois directement issue des ambitions expansionnistes du parti nazi, au pouvoir en Allemagne, et exprimées dès 1924 par Adolf Hitler dans Mein Kampf. À ces ambitions visant à reconstituer un espace vital pour le peuple germanique se sont greffées les velléités expansionnistes du régime fasciste italien qui tenta tant bien que mal de se constituer un empire colonial en Éthiopie et en Europe du Sud.

Origines du conflit en Asie

Articles détaillés : Expansionnisme du Japon Shōwa et Ère Shōwa (1926-1989).

Ulcérés par le traitement imposé à l’Empire du Japon par les puissances occidentales lors du traité de Versailles et les traités navals de Washington et de Londres, de nombreux politiciens et militaires japonais, comme Fumimaro Konoe et Sadao Araki réactualisent la doctrine du hakko ichi’u (les 8 coins du monde sous un seul toit) et mettent en place une idéologie fondée sur la suprématie de la race japonaise et son droit à dominer l’Asie. Cette idéologie raciste présente le Japon comme le centre du monde et prend assise sur l’institution impériale et l’empereur, être divin et descendant de la déesse Amaterasu Omikami. Elle donne lieu à une tentative de restauration shôwa.

Porté par l’influence des factions militaires, le Japon envahit ainsi la Mandchourie en 1931 puis le reste de la Chine en 1937. Le refus du Japon de se retirer de l’Indochine française, envahie en 1941, et de la Chine, à l’exclusion du Mandchoukouo, mène à l’été de la même année à l’imposition par les États-Unis d’un embargo sur le pétrole. En réaction, Hirohito lance alors la guerre de la Grande Asie orientale (Dai Tô-A sensô) et autorise l’attaque sur Pearl Harbor et l’invasion de l’Asie du Sud-Est.

Belligérants

Articles détaillés : Pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale, Axe Rome-Berlin-Tokyo et Alliés de la Seconde Guerre mondiale.

Il est d’usage d’appeler les signataires du Pacte tripartite et leurs alliés, « Forces de l’Axe », et leurs adversaires, « Alliés ». Il n’est pas forcément possible de classer sans ambiguïté un pays belligérant dans l’un ou l’autre camp, car les alliances se sont modifiées tout au long du conflit. On pourra prendre l’exemple de l’URSS qui signa un traité avec Hitler avant de rejoindre les Alliés.

Membres de l’Axe


Hermann Göring et Adolf Hitler, respectivement ministre de l’Air et chef de l’État de l’Allemagne nazie.


Benito Mussolini, chef du gouvernement du Royaume d’Italie.

La marche à la guerre en Europe a été rythmée de façon constante par les initiatives allemandes. Selon les mots d’Yves Durand : « La responsabilité du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale incombe indubitablement à l’Allemagne hitlérienne6 ».

Lorsque l’Allemagne envahit la Pologne, l’Empire du Japon est déjà en guerre contre la Chine depuis 1937, mais les relations entre les deux pays restent distantes, et l’Allemagne ne soutient pas le Japon contre la Chine. L’empire du Japon, enlisé dans une guerre prévue au départ pour trois mois, est confronté à la difficulté d’occuper un territoire trop vaste et s’est livré à de nombreuses exactions contre les populations civiles (massacre de Nankin), en plus de recourir à maintes reprises aux armes chimiques et aux armes bactériologiques produites par l’unité 7317.

Le 27 septembre 1940 a lieu à Berlin la signature du pacte tripartite par lequel le Japon reconnaît la prédominance de l’Allemagne et de l’Italie en Europe et ces deux derniers États, la suprématie du Japon en Asie. Les trois pays signent un pacte d’assistance mutuelle. Quant à l’Italie, théoriquement alliée de l’Allemagne depuis 1936, elle n’a déclaré la guerre à la France et au Royaume-Uni que le 10 juin 1940 et attaque le Royaume de Grèce sans consulter les Allemands le 28 octobre 1940.


Hideki Tōjō, premier ministre de l’Empire du Japon de 1941 à 1944.

L’alliance du Royaume de Hongrie avec l’Allemagne à partir de 1938 lui vaut de réaliser des agrandissements territoriaux aux dépens de la Tchécoslovaquie et de la Roumanie. Cependant, lorsqu’elle adhère au pacte en novembre 1940, elle n’est pas encore belligérante. La Hongrie intervient militairement lors de l’invasion de la Yougoslavie en avril 1941, puis lors de l’attaque contre l’URSS.

Le Royaume de Roumanie adhère au pacte en novembre 1940, après le coup d’état du maréchal pro-nazi Antonescu et l’occupation du pays par les troupes allemandes. En juin 1941, la Roumanie, pour récupérer les territoires que l’URSS lui avait ravis un an plus tôt, participe aux côtés de l’Allemagne à l’attaque contre l’URSS. L’armée roumaine est engagée non seulement dans les opérations militaires, mais aussi dans des exactions : extermination de la moitié des Juifs déportés en Transnistrie, ou de la population civile d’Odessa.

La Hongrie et la Roumanie ont envoyé plusieurs centaines de milliers d’hommes combattre aux côtés de l’Allemagne en URSS. La Grande-Bretagne et les États-Unis leur ont déclaré la guerre en décembre 1941. Les contingents de volontaires étrangers engagés sur le front russe au nom de l’anti-bolchevisme, comme division Azul, espagnole ou la Légion des volontaires français ont des effectifs beaucoup plus modestes.

Le régent du Royaume de Yougoslavie signe une alliance avec l’Allemagne en mars 1941. Il s’ensuit aussitôt un coup d’État militaire anti-allemand : lorsque le nouveau roi imposé par le putsch dénonce l’alliance, l’Allemagne et l’Italie envahissent et démantèlent la Yougoslavie. L’État indépendant de Croatie devient un satellite de l’Allemagne nazie. Autre satellite de l’Allemagne, la Slovaquie, qui a adhéré au pacte tripartite en novembre 1940, déclare la guerre à l’URSS le 23 juin 1941.

Le Royaume de Bulgarie devient officiellement membre du pacte tripartite le 1er mars 1941 et laisse la Wehrmacht traverser son territoire pour envahir la Grèce. La Bulgarie profite de son alliance pour réaliser quelques agrandissements territoriaux. Elle ne participe pas à l’invasion de l’URSS, mais la Grande-Bretagne et les États-Unis lui ont déclaré la guerre en décembre 1941. Elle n’est en guerre contre l’URSS que pendant vingt-quatre heures, le 5-6 septembre 1944.

Après avoir été envahie par l’URSS en novembre 1939 lors de la guerre d’Hiver, la Finlande s’allie à l’Allemagne et déclare la guerre à l’URSS le 26 juin 1941, dans le cadre de la guerre de continuation. Cependant, le maréchal Mannerheim borne explicitement ses objectifs à la reprise des terres annexées par les Soviétiques deux ans plus tôt, par le Traité de Moscou.

En détruisant une partie de la flotte des États-Unis à Pearl-Harbor le 7 décembre 1941 et en envahissant la Malaisie, possession britannique, le Japon entre résolument dans la guerre contre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Le Japon et l’URSS s’affrontent, sans déclaration de guerre, en 1939 en Mongolie (bataille de Halhin Gol). Les Soviétiques ne déclarent toutefois officiellement la guerre au Japon que le 8 août 1945. Le 21 décembre 1941, la Thaïlande signe un pacte défensif avec le Japon et déclare la guerre aux États-Unis et au Royaume-Uni. La chute du gouvernement de Plaek Pibulsonggram en juillet 1944 ne rompt pas officiellement l’alliance, mais la Thaïlande se retire du conflit en évacuant les territoires pris aux Britanniques et des contacts sont pris avec les Alliés.

Le 8 septembre 1943, Badoglio, qui a remplacé Mussolini, rompt l’alliance avec l’Allemagne en signant un armistice avec les Alliés. Hitler envahit aussitôt la péninsule qu’il occupe jusqu’à Naples.

À partir de la fin 1943, la Hongrie envisage un retournement d’alliance. Informé de ces préparatifs, Hitler ordonne l’occupation de la Hongrie le 19 mars 1944, destitue le régent Horthy et offre le pouvoir à Ferenc Szalasi qui reste dans l’Axe.

Adversaires de l’Axe


Winston Churchill, premier ministre du Royaume-Uni et Charles de Gaulle, chef de la France libre.

Comme l’armée tchécoslovaque n’avait pas opposé de résistance lors de l’invasion de la Bohême-Moravie, le 15 mars 1939, on peut considérer que la Pologne est le premier adversaire de l’Allemagne belligérant à partir du 1er septembre 1939 lorsqu’elle résiste à son invasion par l’Allemagne. L’invasion de la Pologne provoque les déclarations de guerre de la Grande-Bretagne et de la France le 3 septembre 1939, à respectivement 13 h et 17 h. Avec la Grande-Bretagne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande déclarent également la guerre à l’Allemagne. Au fil de la guerre, tous les dominions (Canada, Afrique du Sud, Terre-Neuve) et toutes les colonies (Inde, Nigeria, Kenya, etc.) de l’Empire britannique deviennent tôt ou tard partie prenante du conflit sauf l’Irlande du Sud qui reste officiellement neutre sous la direction de Éamon de Valera.

En avril 1940, lorsque l’Allemagne envahit le Danemark et la Norvège, la Norvège oppose une résistance armée alors que le Danemark, trop faible militairement, tente plusieurs contre-attaques sans succès et se place "sous la protection de l’Allemagne" selon les paroles de son roi.

En mai 1940, le 10 dans la nuit, la Belgique est attaquée brusquement. L’armée belge résiste 18 jours en reculant en même temps que les franco-anglais. Le 28 mai, devant le réembarquement imminent des Anglais à Dunkerque sans que rien soit prévu pour évacuer au moins une partie des forces combattantes belges, celles-ci, laissées à elles-mêmes et à bout de munitions et de moyens logistiques, se rendent à l’armée allemande. La reddition étant d’ordre strictement militaire laisse intact le pouvoir du gouvernement civil qui se réfugie en France, jusqu’à l’armistice que ce pays obtient de l’Allemagne, puis en Angleterre d’où il continuera la guerre à la tête de forces qui ont pu échapper à l’ennemi, dans l’aviation et la marine et aussi à la tête du Congo belge avec son potentiel économique et sa force armée contre les Italiens d’Abyssinie.


Franklin Delano Roosevelt, président des États-Unis.

Lorsque l’Allemagne établit sa domination sur l’Europe continentale, le Royaume-Uni et l’Empire britannique se retrouvent seuls dans le camp des adversaires de l’Allemagne, mais la Grande-Bretagne héberge un certain nombre de gouvernements en exil ou de gouvernements dissidents qui mettent des forces armées, notamment polonaises, tchèques, yougoslaves, belges, néerlandaises et françaises, plus ou moins importantes, aux côtés du Royaume-Uni. Les Indes néerlandaises restent sous le contrôle du gouvernement néerlandais en exil à Londres.

Après l’attaque sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, les États-Unis entrent en guerre contre le Japon ; et de fait contre l’Allemagne et l’Italie, puisque l’Allemagne et l’Italie déclarent la guerre aux États-Unis le 11 décembre en guise de soutien affiché au régime japonais.

La République de Chine, en guerre avec le Japon depuis 1937, se retrouve dès lors dans le camp des puissances alliées. De nombreux pays d’Amérique latine déclareront la guerre à l’Allemagne : le Brésil en janvier 19428 et le Mexique en mai 1942.
Après le débarquement allié en Afrique du Nord, en novembre 1942, la majeure partie de l’Empire colonial français se retrouve du côté des Alliés.


Viatcheslav Molotov et Joseph Staline, respectivement ministre des affaires étrangères et dirigeant politique de l’Union soviétique.


Tchang Kaï-chek, dirigeant de la République de Chine.

En octobre 1943 le gouvernement italien Badoglio déclare la guerre à l’Allemagne, mettant l’armée italienne, grossie de nombreux engagés venus de la résistance, au service des Alliés. D’autres états qui avaient été membres de l’Axe, comme la Finlande ou la Roumanie qui, amputées territorialement par l’URSS en 1940, avaient participé à l’attaque allemande contre l’URSS en 1941 pour récupérer les territoires perdus (respectivement Carélie et Bessarabie), rejoignent à leur tour les Alliés lorsque l’Armée Rouge revient sur leurs frontières, la première en décembre 1944 (Guerre de Laponie), la seconde le 23 août 19449 (en outre, la Roumanie avait eu deux divisions engagées du côté allié dès 1941). Dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944, la Bulgarie, occupée par l’Armée Rouge depuis trois jours, déclare à son tour la guerre à l’Allemagne. Toutefois, ces ralliements tardifs et contraints ne permettront pas à ces trois pays de participer à la fondation de l’Organisation des Nations unies. À l’ouest, l’effondrement du régime de Vichy en France métropolitaine met toutes les ressources du pays et de nombreux engagés au service de la France libre.

En 1945, les Alliés avertissent tous les États, que ceux qui auront déclaré la guerre à l’Allemagne seront admis à la conférence fondatrice de l’ONU. Ce qui entraîne, au printemps 1945, une cascade de nouvelles déclarations de guerre au Troisième Reich, qui pour la plupart resteront fort platoniques : il s’agit de pays sud-américains tels que le Paraguay, l’Équateur, le Pérou, l’Argentine, ou du moyen-orient tels que l’Égypte, la Syrie, le Liban, la Turquie (le 6 mai 1945...) et quelques autres. En tout, 52 États se sont trouvés en état de guerre avec l’Allemagne hitlérienne, sans pour autant être admis aux conférences interalliées, réservées aux « trois grands » (États-Unis, Empire britannique, URSS et, après l’été 1944, France), état de guerre auquel aucun traité de paix après 1945 n’est jamais venu mettre juridiquement fin.

Le 9 mai 1945, lendemain de la capitulation allemande, les dernières délégations diplomatiques nazies sont expulsées des derniers États neutres : la Suisse, la république d’Irlande, l’Espagne, le Portugal, l’Afghanistan et le Chili.

URSS

Lorsque l’URSS attaque la Pologne le 17 septembre 1939, conformément au protocole secret du pacte germano-soviétique, elle est, d’un point de vue polonais, dans le même camp que l’Allemagne, sans pour autant être en état de guerre déclarée avec la France et le Royaume-Uni. Lorsque l’URSS attaque la Finlande en novembre 1939, la Finlande se trouve plutôt du côté de la France et du Royaume-Uni. Cette agression vaut par ailleurs à l’URSS de se voir expulsée de la SDN fin 1939. Pendant la durée du pacte, Staline livre ponctuellement et à crédit du pétrole, des matières premières et des céréales permettant au Reich de contourner partiellement le blocus des Alliés. Il lui livre aussi plusieurs dizaines de communistes allemands réfugiés en URSS.

À partir du 22 juin 1941, l’URSS, attaquée par l’Allemagne, se retrouve dans le camp des Alliés. Elle bénéficie du prêt-bail américain en échange des réserves en or de la Banque d’État d’URSS. À défaut de pouvoir ouvrir avant 1944 le second front instamment réclamé par Moscou, les Alliés fournissent à l’URSS une aide importante, qui transite notamment par la dangereuse voie arctique.

Selon Raymond Cartier et John Keegan, entre octobre 1941 et juin 1942, les États-Unis livrent 1 285 avions, 2 249 chars, 81 287 mitrailleuses, 56 500 téléphones de campagne, 380 000 mille international de fil téléphonique. En 1943, 427 000 des 665 000 camions de l’Armée rouge viennent d’outre-Pacifique. L’Amérique fournit aussi 13 millions de bottes, 5 millions de tonnes de vivres ou encore 2 000 locomotives, 11 000 wagons, 54 000 tonnes de rail. Trois quarts du cuivre soviétique viennent des États-Unis, mais aussi une grande partie du pétrole de haute teneur sans lequel il est impossible de fabriquer du carburant pour avion.

La défaite allemande est impensable sans l’Armée rouge, qui fixe en juin 1944 les deux tiers de la Wehrmacht – en général les troupes les plus jeunes et les mieux équipées – et met hors de combat 85 % de ses soldats.

Récapitulatif

Effectifs des armées des principaux belligérants
Les chiffres pour l’Allemagne sont donnés au 31 mai de chaque année

Années

1940

1941

1942

1943

1944

1945

IIIe Reich

5 600 000

7 200 000

8 600 000

9 500 000

9 500 000

 

Japon

1 723 000

2 411 000

2 829 400

3 808 200

5 365 000

7 193 200

Royaume-Uni

2 212 000

3 278 000

3 784 000

4 300 000

4 500 000

4 653 000

États-Unis

 458 000

1 795 000

3 844 000

8 918 000

11 240 000

11 858 000

URSS

 500 000

4 027 000

9 000 000

10 000 000

12 400 000

10 800 000

France11

5 000 000

 25 000

 50 000

 100 000

 150 000

 500 000

Belgique
Forces armées reconstituées en Angleterre et forces armées d’Afrique (aviation : deux escadrilles, marine, forces de terre, y compris la logistique, Force Publique du Congo Belge), au total 100.000 hommes.

Canada

 92 296

 260 553

 454 418

 692 953

 747 475

 761 041

Résumé chronologique des opérations militaires

Article détaillé : Chronologie de la Seconde Guerre mondiale.

Succès des Forces de l’Axe (1939-1942)

Les succès des Forces de l’Axe en Europe (31 août 1939- 21 juin 1941).

La majorité des historiens14 situent le début de la Seconde Guerre mondiale le 3 septembre 1939, lorsque après l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne en vertu d’un traité de février 1921, les liant à la Pologne.

L’historien Eric Hobsbawm, dans son ouvrage L’Âge des extrêmes (1994), souligne cependant que les gouvernements britanniques et français étaient enclins à négocier malgré l’invasion de la Pologne et que c’est sous la pression de leur population qu’ils furent contraints à ne pas reculer

Front de l’Est (1939-1940


Photo illustrant la composition des blindés de la Wehrmacht au moment de la campagne de Pologne : une colonne de panzers I et II, dépassée par un transport SdKfz 251 employé comme véhicule de reconnaissance (en).

Après une opération de provocation connue sous le nom d’incident de Gleiwitz, les troupes allemandes envahissent la Pologne sur tous les fronts, le 1er septembre 1939, à 4 h 45 du matin.

Le 17 septembre 1939, en application des clauses secrètes du Pacte germano-soviétique, l’Union soviétique envahit à son tour la Pologne par l’est. Largement surclassée, l’armée polonaise est écrasée avant la fin septembre.

Après le refus de la Finlande d’échanger des territoires propices à la défense de Leningrad contre des terres plus au nord, l’URSS attaque la Finlande le 30 novembre 1939. En dépit de la disproportion des forces, la résistance finlandaise est particulièrement vigoureuse, l’URSS subit de lourdes pertes et la Guerre d’Hiver dure jusqu’au 13 mars 1940. Elle s’achève avec le traité de Moscou du 12 mars 1940, met provisoirement un terme aux hostilités entre les deux pays. L’URSS obtient l’annexion de la Carélie dont l’isthme protège l’accès à Léningrad ainsi que plusieurs îles du golfe de Finlande.

Article détaillé : Guerre d’Hiver.

Toujours en application du Pacte germano-soviétique, l’URSS occupe en juin 1940, puis annexe, les pays baltes.

Front de l’Ouest (1940)

Sur le front ouest, une fois passée la démonstration sans lendemain de Gamelin dans la Sarre allemande (6-13 septembre 1939), les troupes franco-britanniques, sous commandement français, ne prennent aucune initiative militaire et ne mènent aucune opération offensive pendant plusieurs mois. ( Lamentable)

Article détaillé : Drôle de guerre.

Au printemps 1940, les Alliés se préparent à couper l’approvisionnement en fer de l’Allemagne, qui transite de la Suède vers le Reich par la Norvège, mais l’opération tourne au fiasco : c’est l’incident de Narvik. L’Allemagne envahit alors le Danemark et la Norvège le 9 avril 1940. Une majorité du corps expéditionnaire du Royaume-Uni et de la France doit rembarquer précipitamment, ce qui entraîne la chute de Chamberlain et son remplacement par Churchill le 10 mai 1940, le jour même où la Belgique est envahie. Le 27 mai 1940, les Français de Béthouart s’emparent de Narvik, mais ils doivent l’abandonner quelques jours plus tard car en France même la victoire allemande est alors pratiquement acquise.

Article détaillé : Campagne de Norvège, de Belgique et de France..

En effet, en mai-juin 1940, l’armée allemande mène à bien l’invasion foudroyante des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Belgique et de la France. Dans cette campagne fulgurante les Allemands mettent en œuvre leur doctrine de percée et d’avance par l’usage coordonné des forces blindées, mécanisées et aériennes : la Blitzkrieg ou guerre-éclair.

Dès le 25 mai, après 18 jours de combat et alors que le front belge est tourné sur sa gauche par la reddition hollandaise du 14 mai, le roi des Belges Léopold III, sait que les Anglais préparent un réembarquement à Dunkerque et ne prévoient pas de sauver ce qui reste de combattants belges (comme l’avoue Lord Keyes, attaché militaire anglais auprès du roi). Le 28 mai 1940, l’armée belge étant à bout de munitions et de moyens logistiques, le roi donne un ordre de reddition -après avoir prévenu le gouvernement de Londres par une lettre personnelle au roi d’Angleterre et l’envoi de messages radios aux généraux français- acte purement militaire qui ne concerne pas la force armée du Congo Belge et laisse intact le pouvoir du gouvernement civil qui se réfugie en France ; Le Royaume-Uni réussit, du 27 mai au 3 juin, à sauver 300 000 soldats[réf. nécessaire] au cours de la plus vaste opération de réembarquement de l’histoire militaire.

Le 5 juin, Hitler reprend l’offensive en France et perce les lignes de défense du nouveau généralissime Weygand sur la Somme et l’Aisne. L’Italie se joint alors à l’Allemagne et déclare la guerre à la France le 10 juin. Puis, en France, le nouveau gouvernement Pétain demande l’armistice le 17 et en accepte les conditions le 22. Après l’armistice franco-italien qui suit, le 24, les combats cessent le 25 juin. À la surprise générale, l’armée française, réputée depuis 1918 la meilleure du monde, s’est effondrée en quelques semaines.

Contre l’attente des stratèges nazis et des généraux français battus, le Royaume-Uni résiste avec succès à l’aviation allemande, car, malgré la faiblesse de son armée de terre, elle dispose d’une flotte puissante (qui ne semble pas menacée par une mainmise allemande sur la flotte française, grâce aux clauses de l’armistice et après la destruction de quelques-unes de ses unités à Mers El Kebir) et d’une aviation bien organisée. En outre, le premier ministre Churchill, qui a remplacé Chamberlain, parvient à galvaniser le pays. Soumis d’abord à des attaques aériennes sur des cibles stratégiques, le Royaume-Uni fait face de septembre 1940 à mai 1941 à des bombardements terroristes sur ses métropoles : ce « Blitz », qui détruit notamment la City de Londres et la ville de Coventry, ne parvient ni à entamer la résolution britannique ni à compenser les pertes de la Luftwaffe de Göring, vaincue par les pilotes de la Royal Air Force.

Uni dispose de l’aide d’abord économique des États-Unis, puisque ceux-ci, bien qu’officiellement neutres, l’approvisionnent en armes et en ravitaillement. Roosevelt obtient du Congrès en mars 1941, le vote de la « loi Prêt-Bail », qui lui permet d’apporter une aide matérielle illimitée au Royaume-Uni et à ses alliés.

Front d’Afrique du Nord (1940

En septembre 1940, les forces italiennes avaient attaqué l’Égypte, pays alors sous influence britannique. Mais dès le mois de décembre, les Britanniques, appuyés par les forces du Commonwealth, passent à la contre-attaque, et les Allemands doivent envoyer ce que l’on appellera l’Afrika Korps en renfort pour secourir leurs alliés italiens. En juillet 1942, l’Afrika Korps de Rommel n’est plus qu’à quelques dizaines de kilomètres d’Alexandrie

Front des Balkans (1941

Hitler, désespérant de prendre le Royaume-Uni et de l’amener à faire la paix, érige une puissante chaîne de fortifications, surnommée « mur de l’Atlantique », sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche, et décide d’attaquer l’URSS. Mais l’Italie fasciste vient elle-même d’agresser, à partir de l’Albanie, la Grèce qu’elle croyait sans défense. Or ce sont les forces grecques du dictateur nationaliste Metaxás qui sont victorieuses : après avoir contenu l’attaque des troupes de Mussolini, l’armée grecque et un corps expéditionnaire britannique, australien, néo-zélandais, indien et sud-africain les repousse et envahit à son tour l’Albanie italienne.

C’est alors que, pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs semaines son opération contre l’URSS et envoie en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers la Hongrie sympathisante et après avoir envahi au passage la Yougoslavie. Les nazis battent les armées yougoslave et grecque, ce qui leur permet d’occuper tout le sud de l’Europe. Mais, du même coup, ils viennent de créer un front supplémentaire en Yougoslavie, où les résistances monarchiste de Draža Mihailović (Tchetniks) et communiste de Tito (Partisans), allaient immobiliser de 13 à 20 divisions allemandes jusqu’à la fin de la guerre. De plus, l’invasion de l’URSS est différée, du 15 mai au 22 juin.

Front de l’Est (1941

Le 22 juin 1941, la Wehrmacht envahit l’URSS dans le cadre de l’Opération Barbarossa. Elle mobilise 3 2 millions de soldats allemands, et 600 000 soldats des états alliés de Hongrie, de Roumanie, de Finlande, de Slovaquie et d’Italie. C’est à ce jour la plus grande offensive militaire de l’histoire. Malgré une avance foudroyante et la capture ou le massacre de plusieurs millions de Soviétiques, la Wehrmacht est stoppée en décembre 1941, à une trentaine de kilomètres de Moscou dans un froid glacial et sans équipement adéquat. Pour la seconde fois depuis la campagne de Russie de 1812, les Russes sont sauvés par la rigueur de leur hiver, et aussi par un appel pressant au patriotisme et au sacrifice face à des combats très meurtriers. Les Allemands restent également bloqués devant Léningrad, délibérément soumise par Hitler à un siège de 900 jours, qui fera périr de faim 700 000 habitants.

Dès lors, la campagne de Russie va mobiliser l’essentiel des efforts militaires allemands. Malgré leurs pertes énormes, les Soviétiques ont pu replier leur potentiel industriel dans l’ordre, plus de 10 millions de travailleurs et des milliers d’usines démontées étant réinstallées à l’est de l’Oural. La réintégration de l’URSS dans le camp allié lui permet aussi de recevoir une forte aide américano-britannique en matériel de qualité et en ravitaillement. Staline proclame aussi l’union sacrée et galvanise les énergies, tout en maintenant intacte la terreur contre les soldats défaillants ou les officiers vaincus. Enfin, les Soviétiques ont encore des réserves. Au cours de l’hiver 1941, leurs troupes sibériennes contre-attaquent devant Moscou, obligeant les envahisseurs à reculer.

Front d’Afrique, d’Extrême Orient et du Pacifique (1941

En 1941, les troupes coloniales du Congo Belge battent les Italiens au sud de l’Abyssinie tandis que les troupes anglaises, appuyées par des forces françaises libres battent l’armée italienne et réinstallent le Négus sur son trône à Addis Abeba.
Désireux de venger l’affront fait par la France au royaume de Siam en 1893 et 1904, la Thaïlande profite de l’invasion de celle-ci par l’Allemagne et se lance en janvier 1941 dans une série d’attaques contre l’Indochine française, déclenchant la guerre franco-thaïlandaise. Aucun camp n’étant en mesure de s’imposer, le litige est tranché par le Japon, présent au nord de l’Indochine depuis septembre 1940 et qui octroie à la Thaïlande une partie du Laos et du Cambodge.

Le 7 décembre 1941, l’Empire du Japon, allié de l’Allemagne depuis 1936 et en guerre depuis 1937 avec la République de Chine, attaque les États-Unis, restés jusque-là en dehors de la guerre. Il détruit par surprise l’essentiel de la flotte américaine du Pacifique à Pearl Harbor. Au même moment a lieu l’invasion de la Malaisie britannique. L’Armée impériale japonaise envahit ensuite le Commonwealth des Philippines et les Indes orientales néerlandaises.

Tournant de 1942

L’attaque de Pearl Harbor provoque l’entrée en guerre des États-Unis, bientôt suivis par le Mexique et par d’autres États latino-américains. Affaiblis par l’attaque japonaise, les États-Unis mettent toute leur puissance industrielle au service de la guerre et sont bientôt en mesure de porter des coups. Au début de juin 1942, la bataille aéronavale des îles Midway coûte quatre porte-avions au Japon, désormais placé sur la défensive dans le Pacifique. Les États-Unis commencent la reconquête de l’océan Pacifique, île par île.


Soldats allemands équipés d’une mitrailleuse MG34 sur le front russe, en 1942.

En Europe, l’Union soviétique supporte presque seule l’effort de guerre contre l’Allemagne nazie. À partir de juin 1942, les Allemands ont relancé leur offensive vers l’est, en direction de la Volga et des pétroles du Caucase. Mais les troupes allemandes restent bloquées devant Stalingrad.

En Afrique du Nord, les Britanniques ont repris l’initiative à partir de septembre 1942. Ils remportent une victoire décisive à El-Alamein et commencent à repousser l’Afrika Korps vers l’ouest.

Staline presse ses alliés d’ouvrir un deuxième front à l’ouest. Après des hésitations, Churchill et Roosevelt se décident pour l’Afrique du Nord. C’est l’opération Torch, qui se traduit par le débarquement des forces alliées au Maroc et en Algérie, le 8 novembre 1942. Le 11 novembre, l’amiral Darlan, à Alger, engage l’Afrique à reprendre le combat aux côtés des Alliés. Il est officiellement désavoué par le maréchal Pétain. Mais les Allemands considèrent que l’armistice de juin 1940 est rompu et envahissent alors le 11 novembre 1942 la zone sud de la France que cet armistice avait prévu non occupée. L’armée française d’Afrique se joint aux armées alliées. En Afrique du Nord, les Allemands sont alors pris en tenaille entre les Britanniques à l’est et les Franco-Américains à l’ouest.

Au cours de l’année 1942, l’entrée en guerre des États-Unis avait entraîné une extension à tout l’océan Atlantique de la lutte des sous-marins allemands contre les navires alliés qui assurent l’approvisionnement de la Grande-Bretagne. Les convois alliés subissent de très lourdes pertes tout au long de l’année, mais à partir de la fin de l’année 1942 et plus encore au début de 1943, de nouveaux moyens techniques – décryptage des communications ennemies, radars, sonars – permettent aux Alliés de détruire de plus en plus de sous-marins allemands, et les pertes alliées décroissent inexorablement.

Victoires des Alliés (1943-1944)


Dans le Pacifique comme en Europe ou en Afrique, l’aviation alliée est une des clés de la victoire contre les forces de l’Axe.

Au début de l’année 1943, les Allemands subissent sur le front oriental une très lourde défaite à Stalingrad. Après les capitulations du 30 janvier et du 2 février 1943, les Soviétiques font 91 000 prisonniers, dont le maréchal Paulus, premier militaire allemand de ce rang capturé depuis 1806. Auparavant, le nombre de victimes a été considérable : entre un et deux millions de morts de part et d’autre[réf. nécessaire]. Les Soviétiques tentent alors de libérer l’Ukraine alors que les Allemands et leurs alliés sont à bout de souffle, mais une contre attaque allemande à Kharkov (Ukraine orientale) parvient à stopper l’Armée Rouge. Les Allemands mènent une offensive d’été limitée à Koursk (en Russie, au nord de Kharkov), en compensant leur manque d’infanterie suite à Stalingrad par un fort déploiement de chars avec de nouveaux matériels. Attendus par les Soviétiques qui fortifient la région et amassent de grande quantité de blindés, les Allemands sont de nouveau défaits. Sans attendre, les Soviétiques déploient leurs chars et reprennent leurs offensives pour la libération de l’Ukraine.

Avec la prise de Tunis, le 7 mai 1943 et la reddition des troupes allemandes et italiennes, les Alliés sont maîtres de toute l’Afrique du Nord. Le 10 juillet, ils débarquent en Sicile et prennent pied sur la péninsule italienne en septembre, le jour même où Badoglio, le successeur de Mussolini, évincé du pouvoir, annonce un armistice qui préfigure un retournement d’alliance. Les Allemands envahissent le territoire de leur ancien partenaire et bloquent de longs mois les troupes alliées de toutes nationalités au Monte-Cassino. Rome ne sera libérée que le 4 juin 1944, la Toscane en août 1944. La plaine du ne sera atteinte qu’en avril 1945.

Pour la première fois depuis le début de la guerre, les trois dirigeants alliés, Churchill, Roosevelt et Staline se rencontrent à Téhéran à la fin du mois de novembre 1943 pour esquisser ce que sera le monde de l’après-guerre.

Sur le front oriental, l’Armée rouge ne cesse de progresser vers l’ouest. Elle entre à Kiev, en Ukraine, en novembre 1943, dégage Leningrad en janvier 1944. Le 22 juin, alors qu’un front à l’ouest a été ouvert en Normandie, elle lance la plus grande offensive de son histoire, opération Bagration, qui permet de reprendre la Biélorussie en quelques semaines, d’entrer en Prusse-Orientale et d’arriver aux portes de Varsovie. Fatiguée par les contre attaques Allemandes, et ne souhaitant pas aider la Résistance polonaise non-communiste, l’Armée rouge laisse écraser sans réagir l’insurrection de Varsovie (1er août - 2 octobre 1944). En août 1944, à l’approche des troupes soviétiques, la Roumanie et la Bulgarie changent de camp. Mais en s’emparant le 19 mars 1944 de la Hongrie alors alliée de l’Allemagne, Hitler empêche le régent Horthy d’allier lui aussi son pays à l’URSS, et les Soviétiques ne s’emparent de Budapest après un très long siège qu’en février 1945, s’ouvrant la route de Vienne. En Yougoslavie, les partisans de Tito libèrent une grande partie du pays et entrent dans Belgrade en septembre 1944 sans l’aide de l’Armée rouge.


Soldats canadiens à Juno Beach, débarquement de Normandie du 6 juin 1944

Le 6 juin 1944, 4 126 navires alliés réussissent le plus grand débarquement de l’Histoire sur les plages de Normandie, prenant les Allemands par surprise et ouvrant enfin le second front. Malgré l’exploit logistique, l’armée hitlérienne parvient à contenir les Anglo-Saxons en Normandie pendant plus de dix semaines dans une longue bataille d’usure (bataille des Haies, bataille de Caen), jusqu’à ce que la percée d’Avranches (31 juillet 1944) ouvre la voie de la Bretagne et prenne les troupes allemandes à revers en les encerclant dans la poche de Falaise. Paris insurgée est libérée le 25 août 1944. Auparavant, le 15 août, des troupes américaines et françaises avaient débarqué en Provence, sur la côte méditerranéenne.

La progression se fait alors rapidement et mi-septembre, presque toute la France et la Belgique sont libérées. Mais alors que les Alliés espéraient une fin du conflit avant la fin 1944, la résistance allemande va s’intensifier. L’opération aéroportée pour tenter une percée vers l’Allemagne par les Pays-Bas échoue (septembre 1944). La pénurie d’essence et les problèmes logistiques obligent à une bataille sur les abords de l’Escaut (novembre 1944) menée par les Canadiens pour libérer les accès maritimes du port d’Anvers. Dans l’est de la France, les Américains et Français, d’abord à court de carburant, n’avancent que lentement face à une défense Allemande qui s’est renforcée. La contre-attaque allemande dans les Ardennes (Noël 1944) surprend totalement les Américains mais s’essouffle au bout d’une dizaine de jours. Elle contribue toutefois à retarder le passage du Rhin jusqu’à fin mars 1945.

Victoire des Alliés et la capitulation des forces de l’Axe (1945)


Le Palais du Reichstag détruit après la bataille de Berlin.


Affiche du 9 mai 1945 du général De Lattre de Tassigny annonçant la victoire (photographiée à Strasbourg en 1979).

Écrasée sous les bombes, assaillie de tous côtés, l’Allemagne nazie voit sa capitale Berlin investie le 30 avril par les Soviétiques. Hitler s’y donne la mort dans son bunker le même jour. Le 7 mai 1945 à Reims au QG du SHAEF, le colonel général Alfred Jodl signe l’acte de reddition inconditionnelle des forces armées allemandes. Un embargo est posé sur l’information car les Soviétiques veulent une capitulation à Berlin17. Le lendemain à Berlin, le maréchal Wilhelm Keitel signera à son tour en présence des représentants des Alliés la capitulation du Troisième Reich. C’est officiellement le 8 mai 1945 que l’Allemagne capitule, ce qui met fin à la guerre en Europe.

En Asie, si l’Empire du Japon n’a plus l’initiative, il défend pied à pied ses territoires conquis que les Américains prennent au prix de lourdes pertes. Ils s’emparent ainsi d’Iwo Jima et d’Okinawa Hontō, des îles proches de l’archipel japonais permettant aux Alliés des attaques aériennes directes et massives sur le Japon comme les bombardements successifs sur Tōkyō. Le 15 août 1945, après le largage, par les États-Unis des deux premières bombes atomiques sur les villes de Hiroshima et de Nagasaki et l’invasion de la Mandchourie et de la Corée par l’URSS, l’empereur Hirohito annonce personnellement la capitulation du Japon. Les actes de capitulation inconditionnelle du Japon sont signés le 2 septembre.

Différents théâtres

Théâtre européen


L’Europe au 1er septembre 1939

Après s’être assuré de ne pas risquer une guerre avec l’URSS en signant le Pacte germano-soviétique, Hitler lance ses armées sur la Pologne, le 1er septembre 1939, sans déclaration de guerre (voir : incident de Gleiwitz). En application de leur alliance, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939. En particulier, la France a garanti après 1918 par des traités d’assistance mutuelle l’existence de la plupart des pays nouvellement créés en Europe centrale (avec l’arrière-pensée de créer un cordon sanitaire autour de l’Allemagne ainsi que de la Russie bolchevique). Cependant, malgré la pression de Chamberlain, pas plus qu’elle n’a respecté ses engagements envers les précédentes victimes d’Hitler, la France ne respecte ses obligations envers la Pologne : celles-ci prévoyaient que la France attaquerait l’Allemagne 15 jours après le début de la mobilisation générale18. Mais mise à part une brève offensive limitée en Sarre du 6 au 13 septembre, les Français restent l’arme au pied, alors que la Pologne fait seule face à l’agression allemande puis soviétique. Les Allemands utilisent pour la première fois leurs tactiques innovantes, communément appelées « guerre éclair » (Blitzkrieg), qui assurent à la Wehrmacht une victoire rapide, essentielle pour elle puisqu’elle écarte ainsi le risque d’avoir à mener une guerre sur deux fronts. Conformément aux clauses du pacte signé, l’URSS prend sa part de la Pologne en l’attaquant le 17 septembre 1939.
Le 30 novembre 1939, toujours suivant ce pacte, l’URSS attaque la Finlande pour lui prendre la région frontalière de Carélie, près de Leningrad, malgré les protestations des Franco-Britanniques qui menacent d’intervenir. Les Finlandais se battirent cinq mois, puis finissent par céder. À l’été 1940, l’URSS intégrera les États baltes et la Moldavie, sans combats.

Après sa première campagne victorieuse, Hitler se tourne vers l’ouest, mais rien ne se passe sur ce front pendant plusieurs mois. Retranchés derrière la ligne Maginot, une partie des soldats Français attendent l’assaut allemand pour l’endiguer. C’est ce que les Français appelleront la Drôle de guerre. Le généralissime Gamelin, s’attendant à une réitération de 1914, où les Allemands étaient passés par la Belgique neutre, une partie de l’armée Française se prépare à s’avancer en Belgique, et éventuellement en Hollande, si les Allemands les attaquaient.

Le 9 avril 1940, l’Allemagne s’empare simultanément du Danemark et de la Norvège afin de sécuriser ses importations de Fer depuis Narvik, au nord de la Norvège, où se concentre la principale réaction Franco-Britannique, qui se termine par le rembarquement de ces derniers le 7 juin 1940 malgré le succès local rencontré.

Enfin, le 10 mai 1940, l’Allemagne, lance l’opération Fall Gelb, une vaste offensive sur les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg, violant la neutralité de ces États. Une partie importante de l’armée Française se déploie alors vers la Belgique et la Hollande, mais elles sont prises à revers par les blindés Allemands qui passent par les Ardennes – la percée de Sedan –, jugés infranchissables par les Français. Les blindés Allemands atteignent alors la Manche le 20 mai 1940 puis remonte vers le nord, encerclant les Belges et les Franco - Britanniques, dos à la mer.

Les Belges, tournés sur leur gauche par l’effondrement de l’armée hollandaise le 15 mai 1940 et n’ayant plus de réserves après une ultime résistance de quatre jours, lors de la bataille de la Lys, cessent le combat le 28 mai 1940.

En France, le généralissime Gamelin a été remplacé dès le 19 mai par le général Maxime Weygand. Mais, faute de réserves suffisantes, les Franco - Britanniques, qui n’ont jamais pu mener de contre offensive satisfaisante, sont repoussés dans une poche autour de Dunkerque. La Royal Navy et les bateaux de plaisance britanniques parviennent à évacuer les troupes anglaises et une petite partie des forces françaises à Dunkerque (opération Dynamo) en abandonnant les équipements lourds. Ayant perdus tout le nord de la France, les Franco-Britanniques entreprennent d’établir une ligne de défense le long de la Somme, de l’Aisne, jusqu’à la ligne Maginot. Ayant perdus beaucoup de leurs moyens dans la bataille qui a précédée, les Alliés ne peuvent empêcher une nouvelle percée Allemande début juin. L’armée Allemande se répand alors sur toute la France, prenant Paris le 14 juin 1940. Le président du Conseil Paul Reynaud démissionne et le nouveau gouvernement du maréchal Philippe Pétain choisit de demander l’armistice le 17 juin, contre l’avis de l’allié Britannique. Il est signé le 22 juin 1940 : l’Allemagne occupe la partie nord et ouest de la France.

En France, le Maréchal Pétain ( agé de 84 ans ) instaure un régime désigné sous le nom officiel d’État français.

En Belgique, c’est un gouverneur militaire qui exerce le pouvoir en concurrence avec les S.S.. Le Roi Léopold III, considéré prisonnier, n’a plus aucun pouvoir et sera déporté. Mais, quelques ministres et parlementaires sous l’autorité des principaux ministres du gouvernement, MM. Pierlot, Spaak et Gutt se sont réfugiés à Londres après l’effondrement de la France et sont reconnus par toutes les puissances belligérantes comme représentant légalement la Belgique. Le ministre De Vleeschouwer, chargé des finances de la Belgique et du Grand Duché de Luxembourg (unies en vertu de l’accord économique de 1920) est aussi en possession de larges pouvoirs au Congo Belge, avec sa puissance économique et sa force armée. Les Belges exilés et les Belges d’Afrique continuent donc la guerre en allant remporter une victoire sur les Italiens d’Abyssinie, tandis que les militaires qui ont pu atteindre l’Angleterre continuent la guerre dans l’aviation et la marine.

Voyant les succès de l’Allemagne, Mussolini avait voulu aussi lancer son pays dans les conquêtes. Il avait déjà occupé l’Albanie au début de 1939 et, le 10 juin 1940, il attaque également la France, mais ne progresse que de quelques kilomètres.

N’ayant pu obtenir de paix avec la Grande Bretagne, Hitler lance une offensive aérienne sur celle ci, préparant un débarquement. Mais l’Allemagne ne parvient pas à vaincre la Royal Air Force dans la bataille d’Angleterre. Ainsi, elle ne peut obtenir la supériorité aérienne nécessaire pour envahir les îles britanniques. Afin de pousser les Britanniques à la paix, Hitler commence en septembre une campagne de bombardement sur les villes Anglaises (dite le Blitz, l’éclair), principalement sur Londres et intensifie son blocus (dit bataille de l’Atlantique), essentiellement par sous-marins, pour affaiblir le Royaume-Uni. Mais c’est un échec, l’Allemagne ne parvient pas à briser rapidement la résistance britannique.

Le 28 octobre 1940, sans consulter son allié Allemand, Mussolini décide d’attaquer la Grèce. Mais la résistance grecque de l’armée du dictateur Metaxás parvient à arrêter les Italiens et à passer à la contre offensive, avec succès : Les Grecs occupent alors le quart sud de l’Albanie italienne. Pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repousse de plusieurs semaines l’opération contre l’URSS, et envoie en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers son allié la Hongrie, et la Yougoslavie, envahie car refusant de laisser le passage, et où les Allemands sont aidés par les Oustachis, croates nationalistes d’Ante Pavelić. Les armées yougoslave et grecque sont écrasées en trois semaines, ce qui permet à Hitler d’occuper tout le sud de l’Europe. La Résistance armée sera plus vigoureuse en Yougoslavie que partout ailleurs en Europe : les résistances nationaliste de Draža Mihailović (Tchetniks) et communiste de Tito (Partisans), vont immobiliser de nombreuses troupes depuis la fin de 1942 jusqu’à la fin de la guerre.

Les opérations dans les Balkans auront retardé l’invasion de l’URSS connue sous le nom d’opération Barbarossa. Celle-ci ne commence que le 22 juin 1941. L’Allemagne, en attaquant par surprise l’Union soviétique, s’empare de grandes portions de territoires et capture de nombreux soldats.

Ils le font d’autant plus facilement que Staline a choisi de faire confiance à Hitler, alors qu’il reçoit depuis des mois des informations précises et concordantes de ses agents à l’étranger. « pour des raisons politiques, Staline s’abstient d’utiliser leurs informations. Jusqu’au dernier moment, il s’attend à une réouverture des négociations avec les Allemands… Les généraux soviétiques partagent souvent ce point de vue…19 » De plus, aux premières heures de l’attaque, Staline, dans l’espoir d’arranger les choses avec Hitler, interdit même aux forces soviétiques de traverser la frontière en cas de contre-attaque victorieuse, et initialement celles-ci n’osent pas ouvrir le feu alors qu’elles sont martelées par les bombes allemandes.


Uniforme soviétique de la Seconde Guerre mondiale

Cependant, pour la première fois, une armée ne s’effondre pas devant la Wehrmacht : en dépit de ses lourdes défaites, l’Armée rouge ne cesse dès le premier jour de multiplier les contre-attaques, à la surprise des officiers allemands. L’avance considérable des troupes hitlériennes se révèle en même temps plus lente que prévue, le nombre de divisions et de chars soviétiques nettement supérieurs aux estimations des services secrets. Les Soviétiques déplacent leur base industrielle dans l’Oural, reçoivent l‘aide alliée par les ports arctiques toujours en leurs mains, et produisent dès 1942 plus d’armes que l’Allemagne, tandis que l’Armée rouge oppose une défense héroïque qui, aidée par un hiver éprouvant, leur permet de défendre notamment Moscou et Leningrad.

Staline a par ailleurs su réveiller le nationalisme russe et organiser l’union sacrée face à l’agresseur : il reçoit le soutien des Églises, met en veilleuse le collectivisme agraire et une partie du contrôle policier sur la société, et substitue les références patriotiques à celles au communisme, dès son discours du 3 juillet 1 941 où il s’adresse habilement à ses « frères et sœurs » soviétiques. Il ne néglige pas non plus de maintenir une réelle terreur contre ses officiers et ses généraux, dont beaucoup sont fusillés pour « incompétence » dans les premiers mois de la guerre, tandis que les millions de prisonniers sont officiellement reniés et considérés comme des traîtres (et leurs familles avec eux), et les soldats défaillants exposés à l’exécution ou à la déportation au Goulag : au front, des équipes spéciales du NKVD se chargent même, en 1941 comme à Stalingrad, de mitrailler les soldats qui refluent vers l’arrière.

Au printemps 1942, l’armée allemande reprend l’offensive en concentrant celle-ci vers les champs de pétrole du Caucase, au sud. À la fin de l’année, la VIe armée, avec plus de 300 000 hommes, est détruite à Stalingrad qui représente un verrou pour le contrôle du Caucase. En 1943, la Wehrmacht reprend l’initiative à la troisième bataille de Kharkov, mais est brisée à la grande bataille de Koursk.

En 1943, après le débarquement en Sicile, puis un autre dans la péninsule italienne, les Alliés entament la campagne d’Italie. Mussolini chassé, le pays capitule et se range du côté des Alliés. Néanmoins, l’Allemagne peut tenir une ligne de défense dans les montagnes qui freine cette progression dans la péninsule. Il faut attendre début 1945 pour que les nazis soient complètement repoussés d’Italie.

Les Alliés prennent pied en Normandie avec l’opération Overlord à partir du 6 juin 1944. Les soldats alliés qui débarquent sont principalement américains, britanniques et canadiens. Un autre débarquement est organisé en août (à partir du 15), en Provence avec l’opération Anvil Dragoon, pour libérer le sud de la France et ouvrir un deuxième front en France. L’Allemagne tente une contre-offensive désespérée dans la bataille des Ardennes en décembre, où elle perd ses dernières réserves militaires. Les derniers défenseurs du IIIe Reich seront souvent des civils, des vieillards et des enfants de la Volkssturm, une milice montée par Martin Bormann.


Soldats allemands jetés dans l’opération Wacht am Rhein, à bord d’un Sonderkraftfahrzeug 250 en décembre 1944. Après la saignée humaine du front de l’Est, le Reich n’a plus que des enfants-soldats pour garnir ses troupes.

Fin mars 1945, les Alliés peuvent enfin franchir le Rhin et occuper de vastes secteurs de l’Ouest et du Sud de l’Allemagne, tandis que, à l’Est, les Soviétiques progressent de façon continue, libérant l’Europe centrale puis atteignant Berlin. Dans les rues de Vienne et Berlin assaillies par l’Armée rouge, des escadrons SS font encore régner la terreur en pendant en public ceux qui refusent de continuer un combat sans espoirs. Hitler se suicide le 30 avril d’une balle dans la tête dans le Führerbunker de la Chancellerie du Reich. Le même jour, les Soviétiques plantent leur drapeau sur le toit du Palais du Reichstag, l’ancien siège du Parlement allemand, dans un Berlin en ruines. La bataille de Berlin continue jusqu’au 2 mai. L’Allemagne capitule sans condition le 8 mai 1945. Le Troisième Reich pour lequel Hitler prédisait une durée d’un millénaire n’aura finalement duré qu’un peu plus de 12 ans.

Théâtres africain et moyen-oriental


Femmes iraniennes regardant passer un convoi de munitions américaines à destination de l’URSS (1943).

L’armée italienne, partant de sa colonie de Libye, attaque les troupes britanniques et du Commonwealth en Égypte, mais est mise en déroute jusqu’à ce que l’Allemagne la renforce. Des combats se succèdent alors, dans le désert d’Afrique du Nord, entre les forces italiennes appuyées par l’Afrika-Korps d’Erwin Rommel et la 8e armée britannique.

En Abyssinie, une armée anglaise venant du nord accompagnée par un contingent français, et, au sud, une force belge venant du Congo Belge prennent les Italiens en tenaille et les battent. Le Negus est réinstallé sur son trône à Addis Abeba.

Au Moyen-Orient, les Britanniques envahissent en avril 1941 le territoire du Royaume d’Irak, dont le gouvernement nationaliste s’était rapproché de l’Axe. En juin, les autorités vichystes sous les ordres de LAVAL permettant aux Allemands d’utiliser les territoires de la Syrie et du Liban, alors sous mandat français, les Alliés envahissent les deux pays et en prennent le contrôle. En août, le Royaume-Uni et l’Union soviétique réalisent conjointement une invasion de l’État impérial d’Iran afin d’assurer le ravitaillement via le corridor Perse et d’empêcher un basculement pro-allemand du pays.

En mai 1942, Rommel lance une grande offensive vers l’est pour atteindre Suez, et bouscule les forces britanniques, mais il est arrêté 14 jours à Bir Hakeim par la 1re brigade française libre du général Kœnig, ce qui donna le temps aux Britanniques en déroute de se regrouper sur la ligne fortifiée d’El Alamein, que Rommel ne parvient pas à franchir. Puis en octobre 1942, c’est la 8e armée britannique, commandée par Montgomery, qui attaque à son tour les forces de l’Axe et remporte la seconde bataille d’El Alamein. Celle-ci met fin à la présence de l’Axe en Libye, quelques jours après le succès du débarquement allié en Afrique du Nord.

Le 5 mai 1942, a lieu l’opération Ironclad, une invasion amphibie de la colonie française de Madagascar, sur Diégo-Suarez, contrôlée par le gouvernement de Vichy.

Le 8 novembre 1942, en effet, pour soulager l’Union soviétique qui résiste seule à l’assaut allemand, les forces américaines et britanniques débarquent au Maroc et en Algérie, contrôlés par le gouvernement de Vichy : c’est l’opération Torch. Les troupes françaises de Vichy ripostent et s’opposent aux alliés débarqués jusqu’à ce qu’un accord négocié avec l’amiral Darlan mette fin aux combats20.

Les alliés chassent finalement l’Axe du continent africain, avec l’aide de l’armée d’Afrique retournée et des Forces françaises libres. Depuis l’Afrique du Nord, les Alliés peuvent alors organiser les débarquements en Sicile et en Italie en 1943, et en Provence en 1944.

Théâtre asiatique


Maquette d’un porte-avions américain


Douglas MacArthur, chef des forces alliées en Asie, et John Curtin, premier ministre australien.

À compter de 1937 en Chine, l’Armée nationale révolutionnaire du Kuomintang de Tchang Kaï-chek et le Parti communiste de Mao Zedong font front commun contre les Japonais mais généralement sans coopérer.

Enlisée en Chine, l’Armée impériale japonaise a systématiquement recours, dès 1937, à l’utilisation d’armes chimiques. Selon les historiens Matsuno et Yoshimi, celles-ci furent notamment utilisées à 375 reprises lors de la bataille de Wuhan à l’automne 1938. L’emploi d’armes bactériologiques est quant à lui autorisé par le Quartier général impérial à compter de 1940 mais jamais contre des Occidentaux.

Soumis à compter de 1941 à un embargo sur le pétrole après son occupation de l’Indochine, le Japon ne peut plus désormais réaliser sa politique expansionniste sans détruire la principale menace qui peut encore s’opposer à lui dans le Pacifique : la force navale des États-Unis basée à Hawaii. Employant à nouveau la stratégie qui lui a réussi contre la Russie, le Japon décide de bombarder Pearl Harbor le 7 décembre 1941 par surprise. La flotte est fortement endommagée, mais les porte-avions sont en mer.


Carte des débarquements US dans l’océan Pacifique de 1942 à 1945.

Simultanément, l’armée japonaise occupe les possessions britanniques, hollandaises et américaines d’Asie du Sud-Est comme Hong Kong, Singapour (massacre de 10 000 civils), les Philippines (marche de la mort de Bataan) et s’empare des champs pétroliers de la Malaisie britannique et des Indes orientales néerlandaises, menaçant même l’Australie. L’Indochine française est déjà passée sous son contrôle militaire avec l’accord du régime de Vichy. Le 21 juillet 1941. Le coup de force du 9 mars 1945 achèvera la mainmise nippone sur la péninsule : le vide politique consécutif à la guerre mondiale favorisera la prise du pouvoir par le Việt Minh de Hô Chi Minh.


Douglas MacArthur débarquant aux Philippines, au début de la reconquête de l’archipel.

Le raid de Doolittle en avril 1942 marque le début de la riposte américaine. En mai 1942, la bataille entre porte-avions de la mer de Corail tourne à l’avantage des alliés. Un mois plus tard, celui-ci est accentué par celle de Midway.

À partir du début 1942, l’Armée impériale japonaise tente de neutraliser la résistance communiste chinoise en lançant la politique des Trois Tout (三光作戦, Sankō Sakusen ?, « tue tout, brule tout, pille tout »), une stratégie de la terre brûlée, dans le Nord de la Chine, tandis que des attaques répétées sont lancées contre les place-fortes des nationalistes chinois.

En dépit de la détermination de l’armée japonaise, les Alliés reprennent peu à peu les îles du Pacifique comme à Guadalcanal, les Salomon puis les Philippines après la bataille du golfe de Leyte (octobre 1944), cette dernière restant la plus grande bataille aéronavale jamais survenue21. Soumis à blocus et coupé progressivement de ses ravitaillements en matières premières, le Japon est au bord de l’asphyxie économique à l’été 1945.


Le site d’Hiroshima, après le bombardement nucléaire

L’engagement en 1944 des premiers kamikazes de l’histoire - ces avions-suicides qui se jettent sur les navires ennemis - ne peut freiner la reconquête américaine, mais prouve la détermination des Japonais. La capture des îles proches du Japon comme Iwo Jima et Okinawa permet de lancer des attaques aériennes directes. Tōkyō notamment subit un bombardement incendiaire le 10 mars 1945. Surtout, Hiroshima le 6 août et Nagasaki le 9 (ce devait être Kokura) subissent une attaque nucléaire.
Conjuguée à la déclaration de guerre de l’URSS et l’invasion du Mandchoukouo par les forces soviétiques, les bombardements atomiques provoquent finalement la reddition du Japon, annoncée par Hirohito le 15 août 1945, confirmée par la signature des actes officiels le 2 septembre à bord de l’USS Missouri.

Moyens militaires des belligérants

« Guerre de mouvement sur de vastes espaces, la Deuxième Guerre mondiale a été une guerre du moteur 22 ».

L’usage généralisé des chars est une première illustration de cette tendance à la motorisation. Alors que l’armée française fait le choix d’une dispersion des chars, mis au service des unités d’infanterie, les Allemands en adoptant une tactique basée sur l’utilisation des chars groupés sortent vainqueurs de la bataille de France. La conception du char lui-même oscille entre deux tendances : la puissance et la maniabilité. L’expérience de la guerre d’Espagne a montré que le blindage est moins important que la silhouette basse, moins vulnérable, la tourelle mobile à 360 ° et la puissance du canon. Mais au cours de la Seconde Guerre mondiale, on assiste à une croissance en poids, en blindage et en puissance de feu. Ainsi, le char allemand Tigre I fait 57 tonnes. L’américain Sherman M4 et le soviétique T-34, utilisés jusqu’à la fin de la guerre restent dans la gamme des 30 tonnes. La concentration de chars dans des divisions blindées permettent de mener des guerres éclairs (Blitzkrieg), comme la Bataille de France en mai-juin 1940 remportée par les Allemands. L’Allemagne nazie commet l’erreur d’envahir l’URSS en sous-estimant son nombre réel de chars et la qualité de leurs nouveaux chars, comme le T-34. La plus grande concentration de chars a eu lieu lors de la bataille de Koursk23, en Russie, en juillet 1943.

Les progrès des chars vont de pair avec les progrès de l’armement antichar : l’usage de la charge creuse permet de percer des blindages de plus en plus épais. Des tubes lance-roquettes comme le bazooka permettent au fantassin de disposer contre les chars de la puissance d’un artilleur 24.

Parallèlement à l’utilisation de chars, on assiste tout au long de la guerre à un accroissement des transports motorisés des troupes, au détriment des chevaux, encore très présents tant du côté français que du côté allemand lors de la bataille de France ou encore sur le front de l’Est, principalement pour des raisons logistiques. La division blindée américaine de 1944, sera, elle, entièrement motorisée.

Les immenses progrès de l’aviation réalisés entre les deux guerres vont donner aux différents avions de guerre une place de première importance. L’amélioration des structures de l’avion permet aux chasseurs-bombardiers comme le Stuka d’opérer des bombardements en piqué et de prendre ainsi toute leur part dans les combats terrestres. Les bombardiers lourds comme la forteresse volante américaine, dont le rayon d’action atteint, à la fin de la guerre, 5 000 kilomètres, sont utilisés dans des raids massifs de mille avions et plus, mettant ainsi en œuvre le concept de Bombardement stratégique. Pour contrer les bombardiers, les belligérants font usage de leurs avions de chasse et de canons de défense antiaérienne (DCA). C’est l’efficacité de la DCA qui oblige à organiser les opérations de bombardement la nuit. On demande aux avions de chasse d’assurer la maîtrise de l’espace aérien sur un champ de bataille ou sur un front donné25.


Troupes américaines parachutées sur les Pays-Bas lors de l’opération Market Garden, 1944

Dominés par l’aviation alliée dans la seconde partie de la guerre, les Allemands auraient pu retrouver un certain avantage dans la bataille aérienne, grâce à la première construction en série d’avions à réaction par Messerschmitt. Mais Hitler gâche cette chance en exigeant d’en faire des bombardiers, contre l’avis de ses officiers, et non des avions de chasse, ce qui aurait été bien plus approprié 26.

La DCA doit son efficacité à la progression technique des radars qui l’assistent et permettent de surveiller le ciel. À partir de 1942, les bombardiers alliés sont équipés de radars, des chasseurs de nuit allemands également. Grâce à leurs qualités croissantes, les radars sont également utilisés dans les navires alliés pour la direction des tirs. D’une façon générale, les télécommunications font partie intégrante de l’arsenal militaire. Les blindés allemands sont reliés entre eux par radio dès 1939, alors que leurs adversaires français ne le sont que très partiellement. Les techniques de chiffrage et de déchiffrage suivent l’évolution des techniques. Les Allemands utilisent la machine de codage Enigma, mais le déchiffrement d’Enigma par les alliés occidentaux est un facteur fondamental qui leur permet d’inverser le cours de la bataille de l’Atlantique et d’assurer finalement leur victoire finale.

Sur mer, avant la Seconde Guerre, on a assisté à un renforcement incessant des blindages des cuirassés, mais ces superstructures et ces moyens de combat exposés sur de larges appontements restent très vulnérables aux dégâts causés, par exemple, par les bombardements en piqué. Le cuirassé cesse d’être le roi des batailles navales, alors que le porte-avions, qui peut embarquer de 50 à 60 appareils, prend un rôle de plus en plus crucial, surtout lorsque le théâtre des opérations est éloigné de la base terrestre, comme c’est le cas pour les États-Unis ou le Japon dans les batailles du Pacifique. Le porte-avions devient la pièce centrale d’un dispositif où les autres navires deviennent ses auxiliaires.

Comme lors de la Première Guerre mondiale, les sous-marins sont largement employés pour bloquer l’approvisionnement ennemi, mais la lutte anti-sous-marine a fait des progrès grâce aux sonars dont les premiers développements datent de la Première Guerre mondiale mais qui deviennent pleinement opérationnels.

À la fin de la Seconde Guerre, de nouvelles armes font irruption sur le champ de bataille, comme l’avion-robot V1 lancé pour la première fois par les Allemands sur l’Angleterre dans la nuit du 13 au 14 juin 1944 ou le missile V2 lancé pour la première fois sur Londres le 8 septembre 194427. Contrairement aux craintes des alliés, les Allemands n’avaient pas de projet de bombe atomique28. Les Américains, au contraire, avaient mis à partir de décembre 1941 de gigantesques ressources dans le projet Manhattan qui aboutit le 16 juillet 1945, après la reddition de l’Allemagne, à la première explosion nucléaire dans le désert du Nouveau-Mexique et aux bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

Statistiques


L’effort de guerre industriel

 

 

 

 

 

 

 

 


Puissance navale des différentes nations en 1939

Bâtiments

Alliés

Axe

France

Royaume-Uni

Total

Allemagne

Italie

Total

Porte-aéronefs

1

8

9

 

 

 

Cuirassés

7

12

19

5

2

7

Croiseurs

19

50

69

6

22

28

Destroyers

70

94

164

17

59

76

Sous-marins

77

38

115

57

115

172

Escorteurs

 

87

87

 

 

 

Europe sous domination nazie

À partir de la victoire de l’Allemagne sur la France, et plus encore à partir de 1941, avec l’invasion des Balkans et de l’Union soviétique, et jusqu’à la fin 1944, la presque totalité de l’Europe est sous domination Allemande. Certains pays et certaines régions ont carrément été rattachés au Grand Reich, comme l’Autriche, le Protectorat de Bohême-Moravie, ou l’ouest de la Pologne. D’autres pays se sont alliés volontairement à l’Allemagne, il s’agit de la Bulgarie, de la Roumanie et de la Hongrie, mais ils sont complètement dépendants de l’Allemagne. Certains pays, Slovaquie et de la Croatie qui doivent leur indépendance à l’Allemagne nazie. D’autres sont occupés à la suite de victoires allemandes. C’est le cas des Pays-Bas, de la Belgique, de la Norvège, du Danemark, de la France, de la Serbie, de la Grèce.

Domination économique et asservissement

La domination allemande en Europe revêt un caractère différent à l’est et à l’ouest. Les pays de l’Est européens, au peuplement slave sont considérés par les nazis comme un « espace vital » (Lebensraum) revenant à la « Race des Seigneurs ». Dans cet espace immense, il s’agit à la fois d’implanter des colons allemands, de germaniser de force les populations qui peuvent l’être, de déplacer, stériliser ou faire mourir des millions de « sous-hommes » : Polonais, Slaves soviétiques ou Tziganes, en utilisant les survivants comme esclaves, allant jusqu’à la solution finale pour les juifs.

L’Ouest n’est pas considéré comme un espace vital à vider pour que des Allemands puissent y prendre place. Dans le nouvel ordre européen, un pays comme la France garde sa place, mais à un rang inférieur à celui de l’Allemagne. Si l’occupant allemand exerce une terreur moindre, il n’en soumet pas moins les ressources des pays conquis au pillage systématique.

En effet, sur le plan économique, le continent européen est soumis à l’hégémonie du Reich. Pour l’Allemagne, il s’agit d’abord de mettre l’ensemble des ressources et capacités économiques du continent au service du Reich en guerre. D’autre part, des jalons sont posés pour une intégration de toutes les économies nationales dans un grand espace économique dominé par l’Allemagne. En France on appelle les soldats allemands « doryphores », qui ravagent tout.

Dans la pratique, les différents moyens pour mettre l’économie de l’Europe au service de l’Allemagne vont des accords de compensation avec taux de change avantageux pour les pays alliés au pillage massif pour les pays comme la Pologne ou l’Union soviétique en passant par le paiement d’indemnités pour un pays comme la France. La mise au travail des prisonniers de guerre et les déplacements en Allemagne de millions de travailleurs représentent une forme encore plus directe de l’exploitation des ressources.

Collaborations et résistances en Europe

Pour Yves Durand, « Les occupations engendrent parmi les occupés, des comportements qui vont de la collaboration à la résistance en passant par toute une gamme d’attitudes qui ne peuvent être réduites ni à l’une ni à l’autre32 ».


L’entrevue de Montoire entre Philippe Pétain et Adolf Hitler.

L’entrevue avait été minutieusement préparé par le Collaborateur LAVAL.


Ante Pavelić

Tous les pays vaincus doivent accepter au moins une forme de collaboration minimale qui permet aux peuples de survivre en acceptant au moins temporairement les conditions du vainqueur. C’est ce que Werner Rings appelle la collaboration neutre qui est typiquement pratiquée aux Pays-Bas et en Belgique dont les gouvernements ont quitté le pays mais dont les administrations font le nécessaire pour permettre aux habitants de survivre et à l’économie de tourner au service de l’effort de guerre allemand33. Dans certains pays, comme pour la Norvège de Quisling à partir de 1942, ce sont les partisans des nazis qui gouvernent directement le pays. Les historiens les appellent généralement des « collaborationnistes ». Dans d’autres pays, l’Allemagne préfère favoriser des dirigeants conservateurs comme Pétain en France ou Nedić en Serbie qui sont présumés mieux gérer leurs gouvernement. En Serbie, en Croatie, ou au Monténégro, les séparatismes locaux sont encouragés pour installer des gouvernements favorables à l’Allemagne. En France, les différents gouvernements vichystes proposent d’eux-mêmes une collaboration qui va au-delà de ce qui est prévu par l’armistice de juin 1940 en espérant obtenir pour le pays une meilleure place dans l’Europe allemande. Selon les termes de Paxton, « Hitler repousse la main tendue34 ». C’est lui qui choisit ses alliés. En Pologne, gouvernée directement par les Allemands pour être pillée et complètement asservie, il ne peut y avoir ni collaborationnistes ni collaborateurs.

L’engagement dans la « résistance » permet aux peuples dominés de continuer à s’opposer au vainqueur, à participer à l’effort de guerre des Alliés et si éventuellement à la libération de leur pays. La résistance s’organise par la création de mouvements, de réseaux et de maquis, regroupant une minorité de la population et souvent en liaison avec les gouvernements en exil ou les services de renseignement anglais soviétiques ou américain.

Génocides, déportations, concentrations


Four crématoire d’Auschwitz

Le massacre des Juifs de l’Europe, qui en est résultée ont permis au régime nazi de pousser à l’extrême son idéologie raciste. Selon les termes de Goebbels : « La guerre nous offre toutes sortes de possibilités que la paix nous refusait »
Parmi ces possibilités figure un plan de nettoyage ethnique visant les populations d’Europe de l’Est : le Schéma directeur pour l’Est ; son application dans les terres conquises aura pour effet de les désorganiser en profondeur.

Le jour même de l’entrée en guerre, en septembre 1939, Hitler autorise l’extermination des handicapés mentaux allemands et autres malades incurables. Officiellement stoppée en août 1941 grâce à un mouvement d’opinion, l’aktion T4 conduit à « l’euthanasie » par le gaz de plus de 150 000 handicapés, nombre de techniciens de l’opération étant ensuite réaffectés au gazage massif des Juifs dans les camps de la mort.

Dès 1939, les juifs sont concentrés de force dans des ghettos misérables, surpeuplés et délibérément affamés, notamment dans le Gouvernement Général de Pologne. Leur extermination systématique, que l’on désigne sous le nom de Shoah, est d’abord mise en œuvre par des exécutions de masse pratiquées par la Wehrmacht puis par les Einsatzgruppen dans les territoires polonais et soviétiques. En URSS et dans une partie de la Pologne, la « Shoah par balles » cède en 1942 le pas à l’emploi méthodique de camions à gaz. Après la conférence de Wannsee (20 janvier 1942), la politique d’extermination (« la solution finale de la question juive » dans la terminologie nazie) vise les Juifs de tous les pays occupés et prend un tour industriel. Les Juifs sont déportés dans des camps d’exterminations dans lesquels les victimes sont gazées en masse, et leurs corps réduits en cendres dans des fours crématoires. Au total, environ les trois quarts des juifs de l’Europe occupée, totalisant, selon Raul Hilberg, au minimum 5 100 000 personnes sont exterminées.

Les Tziganes sont également victimes de la politique raciale des nazis. L’extermination des Tziganes est connue sous le nom de Porajmos. En décembre 1942, Himmler prend la décision de déporter vers Auschwitz tous les Tziganes d’Europe, mais se désintéresse rapidement du sujet qui ne constitue pas un enjeu stratégique de première importance. On peut estimer que pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 50 000 et 80 000 Tziganes sont morts des suites des mesures de persécutions nazies37

En plus des camps d’extermination dont la finalité est l’élimination immédiate des Juifs et autres catégories qualifiées de « sous-hommes », les nazis multiplient les camps de concentration et leurs kommandos pour enfermer, et généralement exterminer par le travail forcé, les opposants réels ou présumés, ou des droits communs. Les conditions particulièrement déshumanisantes de la détention et les traitements brutaux des SS et des kapo y entraînent une mortalité extrêmement forte (40 % des déportés français ne survivent pas). Au départ, ce sont des unités mobiles qui sont chargées d’exterminer les Juifs ainsi que les Tziganes, les cadres communistes, voire les handicapés et les homosexuels.

Extrême-Orient sous domination japonaise

En Asie également, l’Empire du Japon suscite des gouvernements collaborateurs et a recours à grande échelle au pillage des matières premières et au travail forcé des prisonniers de guerre et des populations locales qu’il prétendait libérer de la servitude coloniale.


Wang Jingwei.

En Chine, les Japonais jouent des divisions politiques locales pour s’assurer le soutien de Wang Jingwei, ancien premier ministre et ancien chef du Kuomintang, qui dirige un gouvernement collaborateur à Nankin. Pour se donner un profil patriotique, ce gouvernement met fin au régime des concessions européenne à Shanghai.

Dans plusieurs colonies occidentales asiatiques occupées, les Japonais composent avec les indépendantistes locaux, créant des régimes comme l’État de Birmanie, dirigé par Ba Maw, ou la République des Philippines, dirigée par José P. Laurel. L’Empire du Japon use du concept de la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale pour promouvoir l’idée d’une Asie auto-suffisante et justifier sa politique expansionniste.

Envahie en 1931, la Mandchourie est devenue l’État du Mandchoukouo, où l’ancien empereur de Chine Puyi exerce une autorité de façade, et qui garantit au Japon d’importantes ressources naturelles.

Dans le cadre de la campagne de Birmanie, les Japonais bénéficient de l’appui du gouvernement thaïlandais de Plaek Pibulsonggram et du leader indépendantiste indien Subhash Chandra Bose, qui crée l’Armée nationale indienne. Aux Indes orientales néerlandaises occupées, qui leur fournissent de très importantes réserves de pétrole, les Japonais ne créent pas de gouvernement, mais se ménagent l’appui des leaders indépendantistes comme Soekarno (futur président de l’Indonésie).

Camps de prisonniers et esclavage.

Disséminés sur tout le territoire de la Sphère, les camps de prisonniers japonais connurent un taux important de décès car la majorité d’entre eux impliquaient le travail forcé des prisonniers. Selon le Tribunal de Tokyo, le taux de mortalité des occidentaux y était de 27,1 %, sept fois celui des prisonniers des camps allemands ou italiens38. Le taux de mortalité des prisonniers chinois était bien supérieur en raison d’une directive ratifiée le 5 août 1937 par Hirohito qui éliminait les mesures de protection du droit international à l’égard de ces prisonniers. Ainsi, si 37 583 prisonniers britanniques, 28 500 néerlandais et 14 473 américains furent relâchés après la reddition du Japon, le nombre de Chinois libérés ne fut que de 56. Selon une étude de l’historienne Zhifen Ju, plus de 10 millions de Chinois furent mobilisés par l’armée impériale japonaise et transformés en esclaves par la Kōa-in au Manchukuo et en Chine du nord. Des documents retrouvés à la Bibliothèque du Congrès américain démontrent qu’entre 4 et 10 millions de romusha, des civils indonésiens, ont été soumis au travail forcé à Java par le régime Shōwa et que le taux de mortalité y fut de 80 %.

En Amérique du Nord, suite à l’attaque sur Pearl Harbor par les Japonais et à l’entrée en guerre contre l’Allemagne et l’Italie, le président Franklin Roosevelt autorise le 19 février 1942, l’internement de dizaines de milliers d’Américains d’origine japonaise, italienne et allemande : enemy alien (en). Le Canada, dans une moindre mesure, a également détenu des citoyens originaires de ces pays dans des camps.

Conséquences historiques

La Seconde Guerre mondiale contribue, à travers son bilan plus ou moins préjudiciable aux participants, à l’émergence de deux superpuissances qui vont se partager le monde : les États-Unis d’Amérique (États-Unis) et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

La Société des Nations, à laquelle on impute d’avoir échoué à empêcher la guerre, est remplacée par l’Organisation des Nations unies. La Charte des Nations unies est rédigée à San Francisco en juin 1945.

Les institutions d’avant-guerre ne perdurent que dans une minorité d’États européens et asiatiques. Toutes les monarchies d’Europe de l’Est sont balayées par la construction rapide des régimes communistes. Un referendum abolit la royauté en Italie (10 juin 1946) ; elle ne se maintient en Grèce qu’au prix d’une guerre civile, et la « question royale », issue directement de l’attitude controversée de Léopold III pendant la guerre, ne trouve de solution en Belgique que dans l’abdication du monarque (1951). Au Japon, les Américains maintiennent l’empereur Hirohito, pourtant constamment tenu informé des crimes commis par ses armées, mais imposent l’abolition du culte impérial qui le proclamait d’essence divine. En France, la IIIe République, rendue responsable de la défaite, cède la place à une nouvelle constitution.

Partout, les gouvernements s’engagent dans la construction du Welfare State ou État-Providence : nationalisations, planification, intervention de l’État, lois de protection sociale sont désormais à l’ordre du jour pour une trentaine d’années.

L’Allemagne est soumise à plusieurs années d’occupation. En 1949, elle est séparée en deux états, désignés des noms d’Allemagne de l’Ouest (démocratie libérale, dans la zone occupée précédemment par les Américains, les Britanniques et les Français) et d’Allemagne de l’Est (régime communiste, dans la zone occupée par les Soviétiques). La réunification allemande n’aura lieu qu’en 1990.

En Europe centrale et en Europe de l’Est, zones investies en 1944-1945 par l’Armée rouge, les partis communistes locaux sont en position de force et prennent le pouvoir entre 1945 et 1948. Dès mars 1946, Winston Churchill déclare « un rideau de fer s’est abattu à travers le continent ». En Hongrie, en Bulgarie, en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Albanie, des régimes communistes sous influence de l’Union soviétique sont mis en place. Le bloc de l’Est se constitue en Europe, signant le début de la guerre froide. Seul le régime communiste de Tito, en Yougoslavie, maintient une position indépendante vis-à-vis de l’URSS, avec laquelle il rompt dès 1948. En Grèce, les différents mouvements de la résistance locale entrent en conflit ouvert entre eux et avec le Royaume-Uni avant même la fin de la guerre : la guerre civile grecque dure jusqu’en 1949 et manque de faire basculer la Grèce dans le camp communiste, mais le gouvernement monarchique remporte finalement la victoire.

L’Allemagne de l’Ouest et le Japon sont démilitarisés et démocratisés par les Occidentaux. Les principaux dignitaires de la hiérarchie nazie sont jugés, et la plupart condamnés, pour crime contre l’humanité (une notion nouvelle, que les horreurs sans précédent des nazis ont obligé à définir) ou pour crime de guerre lors d’un procès international à Nuremberg. Les chefs militaires japonais répondent de leurs exactions devant le tribunal international de Tokyo. L’empereur Hirohito est cependant protégé de toute poursuite. Des criminels de guerre comme Shirō Ishii, ancien chef de l’unité 731, bénéficient également de l’impunité grâce à leur coopération avec les États-Unis. Un certain nombre d’ex-responsables nazis évitent des procès pour crimes de guerre grâce à des initiatives américaines comme l’opération Paperclip et retrouvent plus tard des postes de responsabilités.

La recherche scientifique et technique, dans l’ensemble, bénéficient d’une forte impulsion, en particulier pour la maîtrise de l’atome dans le projet Manhattan et la recherche sur les fusées qui permettra des programmes spatiaux. La guerre a aussi vu le premier usage massif des antibiotiques dont la pénicilline inventée par les Britanniques, ou encore du DDT, utile aux Américains dans les marais du Pacifique.

En Chine, le régime de Tchang Kaï-chek est affaibli par les années de guerre. La guerre civile chinoise, interrompue par la guerre contre les Japonais, reprend dès 1946. En 1949, les nationalistes de Tchang Kaï-chek sont battus par les communistes de Mao Zedong. Ce dernier proclame sur le continent la République populaire de Chine, tandis que Tchang se réfugie à Taïwan.

Conséquences au Royaume-Uni.


V for Victory, Churchill au balcon de Whitehall, le 8 mai 1945 (jour V-E)

Les autres alliés en effet, et si l’on excepte le Royaume-Uni, ont un rôle mineur ou bien sont écartés des négociations qui aboutissent à la mise en place de deux zones d’influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam. Cette situation, qui porte en elle les germes de la guerre froide, dure jusqu’en 1989.

Le Royaume-Uni sort considérablement affaibli de la guerre. Celle-ci, en effet, a consacré le déclin des puissances coloniales : le mouvement Quit India s’est développé durant le conflit aux Indes britanniques, les indépendantismes indien et birman ayant pris des formes parfois violentes. L’Indian Independence Act prend effet à l’été 1947, immédiatement suivi par la partition des Indes. La Birmanie obtient son indépendance en 1948. Par la suite, les îles britanniques connaissent une crise sans précédent, due à la reconstruction et à la restructuration de son économie.

Conséquences en France

Au cours de la bataille de Normandie, le général de Gaulle, accueilli en libérateur par les Français, parvient à obtenir des alliés la reconnaissance de la pleine autorité de son gouvernement, le gouvernement provisoire de la République française (GPRF) (proclamé le 3 juin à Alger), sur la métropole. Il fait en sorte que la France soit reconnue par le camp allié comme un vainqueur. Cette reconnaissance lui permet d’occuper une partie de l’Allemagne, ou d’obtenir un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

La Libération de la France s’accompagne de l’épuration d’une partie des personnes suspectées d’avoir collaboré. Les Allemands et leurs collaborateurs ont multiplié les atrocités sous l’Occupation, puis pendant leur retraite. Aussi dans les territoires libérés par les résistants, et malgré les efforts de la plupart de leurs chefs et des commissaires de la République pour instaurer au plus vite une épuration légale et judiciaire, de nombreuses exécutions sont expéditives et pas toujours précédées de jugements. Environ 20 000 femmes sont tondues pour « collaboration horizontale ». De ce fait, des erreurs sont commises dans cette libération rapide, et des innocents injustement assassinés. Les historiens estiment qu’environ 11 000 exécutions sommaires ont lieu, aux trois quarts pendant les combats. L’épuration sauvage a pu être d’autant plus brutale que la population peut avoir envie de se venger des exactions de la milice et des Allemands dans leur déroute et que le gonflement des effectifs de la Résistance a permis à certains résistants de la 24e heure de se dédouaner ainsi à peu de frais. On a observé le même phénomène lors de l’indépendance de l’Algérie.

À l’opposé, certains collaborateurs sont parfois acquittés ou condamnés à de faibles peines (malgré la gravité de leurs crimes) par les tribunaux réguliers dont la majorité des juges ont prêté serment au Maréchal Pétain. D’autres furent jugés par la Haute Cour composée de résistants, mais l’importance des condamnations décrut avec le temps. C’est ainsi qu’en 1949, le dernier accusé jugé est acquitté : le secrétaire d’État à l’Intérieur du Maréchal, René Bousquet (qui mit la police et la gendarmerie françaises à la disposition des occupants pour faire la chasse aux résistants et déporter près de 60 000 Juifs) est acquitté. À noter que les collaborateurs n’ont été poursuivis que pour trahison, et pas pour crime contre l’humanité.

De Gaulle empêche le développement d’une situation armée insurrectionnelle (voir Histoire de France), en amalgamant les mouvements ayant participé à la Résistance à l’armée régulière issue de l’armée d’armistice cantonnée en Afrique (dont nombre de cadres avaient été vichystes avant de se rallier en 1942). Non sans mal, les résistants des Forces françaises de l’intérieur (FFI) et des Francs-tireurs et partisans (FTP) sont intégrés dans l’armée régulière sans trop d’à-coups. L’intégration des milices patriotiques du PCF est négociée contre leur participation au gouvernement et l’amnistie de Maurice Thorez.

Au nom de la reconstruction du pays et afin de permettre à la France de tenir son rang nouvellement restauré aux côtés des alliés, l’épuration de l’administration est limitée. Certains hauts fonctionnaires invoquent la continuité de l’État comme acte de résistance. Les policiers dont une partie a poursuivi les résistants se dédouanent par une insurrection à Paris à la veille de la Libération. Certains collaborateurs se font oublier en intégrant des régiments de FFI ou en s’engageant dans le corps expéditionnaire d’Extrême-Orient (engagé en Indochine), ce qui est par la suite exploité par la propagande Việt Minh.

La France oublie qu’elle fut anglophobe et pétainiste après le bombardement de Bataille de Mers el-Kébir, que des gendarmes français gardèrent le camp de concentration de Drancy et convoyèrent les convois de déportés jusqu’à la frontière. La proportion de Juifs d’avant-guerre ayant survécu n’est pas la plus importante de tous les pays occupés, les Juifs dit apatrides ont été bien moins protégés que les Juifs français. Pour un temps, la législation française considéra que seuls les Allemands peuvent être poursuivis pour crime contre l’humanité. Le procès manqué de Bousquet ainsi que les procès tardifs de Paul Touvier et Maurice Papon sont emblématiques de cette politique.

Conséquences aux États-Unis

Les États-Unis d’Amérique prennent l’initiative d’avoir une attitude positive. Ils imposent la démocratie, particulièrement en Allemagne de l’Ouest et au Japon, à travers une épuration et un contrôle des rouages de l’État et de l’éducation. Parallèlement, ils fournissent à partir de 1947 une aide économique à la reconstruction de l’Europe, connue sous le nom de plan Marshall. Celle-ci permet une reconstruction rapide des économies occidentales, achevée au début des années 1950, et évite aux populations la tentation de s’abandonner au communisme ou aux néo-fascismes.

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont avec l’URSS l’une des deux plus grandes puissances mondiales. Les États-Unis possèdent la première flotte de guerre, la première flotte de commerce, ils détiennent 75 % des stocks d’or du monde (d’où la devise « dollar as good as gold », le dollar est aussi sûr que l’or).

16 millions d’Américains furent incorporés dans les forces armées des États-Unis, 407 000 y périrent, dont 292 000 sur le champ de bataille.

Conséquences en URSS

Staline n’est pas en reste et fut l’un des grands gagnants du conflit. L’Armée rouge a mis hors de combat plus de 85 % des soldats allemands et apparaît à raison comme le principal vainqueur de Hitler. Le prestige et le rôle de l’Union soviétique sortent grandis bien au-delà des seuls cercles communistes. Réintégrée dans le concert des nations, l’URSS est membre permanent du Conseil de Sécurité.

Pour les Russes, cette grande guerre patriotique menée sur le front de l’Est invoqua la survie de la nation. En portant un toast au peuple russe lors du défilé de la victoire, le 24 juin 1945, Staline confirmait le retour de l’URSS à une forme plus accentuée de nationalisme grand-russe voire de chauvinisme, aux dépens des minorités nationales et, bien vite, des Juifs « cosmopolites ».

Les annexions de 1939-1940 sont confirmées, et d’autres sont venues s’y ajouter à la victoire. L’URSS a augmenté sa superficie de 475 000 km2 et sa population de 24 millions d’habitants, aussitôt soumis à une très brutale soviétisation par la terreur. Derrière le rideau de fer, le système stalinien est progressivement imposé pour des décennies à un empire immense allant de Berlin-Est à la Corée du Nord, en attendant le basculement de la Chine et du Viêt Nam dans le camp communiste.

Cependant, l’URSS sort considérablement appauvrie de la guerre, qui lui a coûté plus de 25 millions de morts, ainsi que les pires destructions jamais subies par un belligérant dans l’histoire humaine. En 1945, une commission officielle estime que le coût des destructions équivaut au double des investissements consentis lors des deux premiers plans quinquennaux des années 1930. Enfin, technologiquement, l’Union Soviétique accuse un retard sur l’Amérique, dont elle ne brise le monopole nucléaire qu’en 1949.

Coûts humains en fonction des pays

En tout environ 38 millions de civils furent tués par les nazis et leurs alliés.

En Europe : entre 8,8 et 10,7 millions de militaires soviétiques44, 5,3 millions de militaires allemands six millions de Polonais, dont trois millions de Juifs et trois millions de catholiques ; trois millions de Juifs des autres pays d’Europe ; deux millions de Tziganes, handicapés, homosexuels et autres.

Concernant les seules pertes militaires en Europe, selon les estimations, environ 17 877 000 de militaires sont morts sur les champs de bataille européens, dont 10 774 000 du côté des alliés et 7 103 000 du côté des forces de l’Axe. Les tués de l’Armée rouge constituent 53 % du total des pertes militaires connues en Europe, ceux de la Wehrmacht 31 %, ceux du Royaume-Uni 1,8 %, ceux de la France 1,4 % et ceux de l’armée nord-américaine 1,3 %. Les pertes militaires de l’Union soviétique représentent 88 % du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3 %, France 2,3 % et États-Unis 2,2 %). Le total des pertes militaires seules de l’Allemagne et de l’Union soviétique réunies représentent 84 % du total de toutes les pertes militaires subies en Europe. Les pertes militaires du conflit germano-russe seul sont de 13 876 400 soit 78 % du total des pertes militaires subies en Europe.

En Asie : les historiens évaluent entre 10 et 30 millions le nombre de morts causées par les exactions japonaises, dont 2,7 millions pour la seule opération de la politique des Trois Tout (三光作戦, Sankō Sakusen ?) menée dans le Nord de la Chine par le général Yasūji Okamūra.

Exactions et crimes de guerre


Comme le montre ce graphique, plus de la moiti é des victimes furent des civils

Sur le théâtre d’opération européen

De nombreux massacres de civils ou crimes de guerre ont été perpétrés au cours du conflit, en particulier par les Einsatzgruppen sur le front de l’Est, mais aussi de façon plus générale par la Wehrmacht et les SS. Dès le 20 octobre 1943, les Alliés mettaient en place la « Commission des crimes de guerre des Nations unies » chargée d’enquêter sur les crimes de guerre commis par l’Axe. Une semaine plus tard, la Déclaration de Moscou énonçait la volonté de traquer les criminels de guerre nazis « jusqu’aux confins de la terre ». Non lié à l’ONU (qui ne fut fondé qu’en 1945), celle-là fut assistée à partir de mars 1945 par CROWCASS, chargé par le SHAEF d’établir une liste des criminels de guerre nazis. Cette volonté présida à l’instauration du tribunal de Nuremberg, jugeant les plus hauts responsables nazis encore vivants. CROWCASS fut cependant rapidement dépassé, la volonté initiale de traque contre les criminels de guerre cédant dès 1945 à d’autres priorités, marquées en particulier par l’éclatement de la guerre froide en 1947.

Parmi les divers crimes de guerre, on peut citer :

  • expériences pseudo-médicales de nombreux médecins nazis dans les camps de concentration, notamment du docteur Mengele
  • En Belgique : installation d’un camp de concentration entre Bruxelles et Anvers, à Brendonck, déportation de juifs et de résistants dans les camps de concentration allemands, révocation et arrestation de hauts fonctionnaires et d’autorités communales, rationnement dramatique de la nourriture, persécutions meurtrières exercées sur la population par les collaborateurs de l’Allemagne et, finalement, déportation en Allemagne du roi, de sa femme et des enfants royaux.
  • En Italie occupée par l’Allemagne en 1943 :
  • Dans le « Protectorat » de Bohême-Moravie :
    • déportation de centaines d’étudiants ayant manifesté contre l’occupation (novembre 1939)
    • massacre des habitants de Lidice, en représailles à l’attentat qui abattit le chef SS et « boucher de Prague » Heydrich
  • En Pologne
    • affamement et déportation du ghetto de Varsovie
    • « nettoyage » du ghetto de Varsovie par les SS après l’insurrection des derniers survivants
    • extermination de 50 000 membres des élites polonaises par les SS et la Gestapo (prêtres, aristocrates, professeurs, officiers). L’enseignement secondaire, les séminaires et les universités furent fermées, tout comme les théâtres par exemple, et ce n’est qu’à un système remarquable de cours clandestins les komplety que les Polonais parvinrent à instruire et à sauver cinq classes d’âge de bacheliers.
    • massacre de 5 000 officiers polonais à Katyń, par l’armée soviétique (l’URSS a reconnu sa responsabilité après plusieurs décennies, ayant longtemps accusé les nazis d’être responsables de ce massacre)
    • massacre de 10 000 autres officiers polonais en d’autres lieux, soit 15 000 personnes tuées froidement d’une balle dans la nuque par le NKVD, ancêtre du KGB
    • destruction à 90 % de Varsovie par l’armée allemande après le soulèvement de l’Armia Krajowa du 1er août au 2 octobre 1944. La répression de l’insurrection par Himmler fit de 150 000 à 200 000 morts. Manquant de moyens pour franchir la Vistule et immobilisée par ordre de Staline pour des raisons politiques, l’Armée rouge laissa les Allemands écraser la rébellion polonaise et ne lui apporta ni armes ni aide.
  • Een Union soviétique
    • affamement et mise à mort prémédités de prisonniers de guerre russes (2 millions de morts)
    • affamement délibéré des civils de la cité de Leningrad assiégée (700 000 victimes)
    • 20 millions de citoyens de l’Union Soviétique sont tués, dont un très grand nombre de prisonniers de guerre exécutés par les Allemands, et aussi des civils dont les villages et villes sont anéantis.
  • En Yougoslavie
    • déportation de dizaines de milliers de Serbes, Juifs et Roms dans les camps de la mort (notamment dans le Camp de concentration de Jasenovac) par les Oustachi croates. Ceux-ci sont responsables du massacre global de 300 000 à 400 000 personnes, ainsi que de multiples conversions forcées au catholicisme.

Il faut encore mentionner l’exécution sommaire de civils et de soldats alliés en uniforme (en particulier certains paras parachutés par le SOE afin d’encadrer les maquis ainsi que de certains pilotes, dont Martin Bormann autorisa et encouragea le lynchage en 1944).

Bombardements de villes

Certaines opérations de bombardement de villes ont causé de nombreuses victimes civiles. Le nombre de victimes civiles était parfois un but recherché pour affaiblir le « moral » de l’adversaire.

  • en Allemagne
    • Le bombardement de la ville de Hambourg, nom de code « Opération Gomorrhe » est estimé avoir fait 40 000 victimes, le plus lourd bilan humain en Europe pour ce type d’opération.
    • Le Bombardement de Dresde est estimé avoir fait 35 000 victimes selon les travaux d’une commission d’historiens mandatée par la ville de Dresde. L’historien Jörg Friedrich estime le nombre de victimes à 40 00048.
  • en Grande-Bretagne

Le bombardement de villes anglaises, et de Londres en particulier, nom de code « Blitz » est estimé avoir fait 14 500 victimes.

Sur le théâtre d’opération asiatique


Cadavres d’enfants chinois massacrés à Nankin en décembre 1937 par l’armée japonaise

La décision prise en août 1937 par Hirohito d’approuver une directive de son état-major supprimant l’application des traités internationaux sur la protection des prisonniers de guerre entraîna la mort de plusieurs millions de civils en Chine. Étendue à compter de 1941 aux autres pays conquis, cette mesure causa la mort d’une quantité phénoménale de civils et de prisonniers alliés détenus dans des conditions atroces (témoignage de Roger Cyr des Royal rifles).
Parmi les crimes de l’armée impériale japonaise au cours de l’Ère Shōwa (1926-1989), les plus notables sont les suivants :

  • rapt à des fins sexuelles de plus de 200 000 « femmes de réconfort », surtout des Coréennes par les soldats Japonais.
  • en Chine :
    • Massacre de Nankin au cours duquel les troupes japonaises pillent la ville pourtant évacuée par les troupes chinoises et massacrent entre 150 000 et 300 000 civils après avoir commis diverses exactions dont des viols en série.
    • Opérations de la Politique des Trois Tout (三光作戦, Sankō Sakusen ?), une stratégie de la terre brûlée mise en œuvre à partir de mai 1942 dans le nord de la Chine et ayant entraîné la mort d’environ 2,7 millions de civils50.
    • Massacre d’environ 250 000 civils du Zhejiang et du Jiangxi, d’avril à août 1942, en représailles au raid de Doolittle sur le sol japonais le 18 avril.
    • expérimentation d’armes bactériologiques sur des milliers de prisonniers chinois, coréens et russes par l’unité 731.
  • à Singapour, massacre de 25 000 à 50 000 civils lors de « l’épuration » (Daikenshô ou Sook Ching) menée du 18 février au 4 mars 1942.
  • en Malaisie
    • exécution de 161 prisonniers alliés (australiens, britanniques et indiens) à Parit Sulong en janvier 1942.
  • en Birmanie
    • massacre d’environ 600 civils en juin 1945 à Kalagon.
  • aux Philippines, le Tribunal de Tokyo et le Tribunal de Manille identifièrent 72 massacres d’envergure dont :
  • à Laha
    • exécution de 55 prisonniers australiens et 30 prisonniers néerlandais le 9 février 1943.
  • à Bangka
  • à Andaman

Cannibalisme

Plusieurs rapports écrits et témoignages colligés par la Section australienne des Crimes de guerre du Tribunal de Tokyo et analysés par l’enquêteur William Webb (le futur juge en chef du Tribunal), démontrent que les soldats japonais commirent des actes de cannibalisme à l’encontre des prisonniers alliés. Dans bien des cas, ces actes étaient motivés par la famine mais selon l’historien Yuki Tanaka, « le cannibalisme était souvent une activité systématique menée par des escouades entières et sous le commandement d’officiers. »

Selon le témoignage de nombreux prisonniers comme le soldat indien Hatam Ali, les victimes étaient parfois dépecées vivantes. Les plus hauts gradés connus ayant pratiqué le cannibalisme sont le lieutenant-général Yoshio Tachibana, qui avec 11 membres de son personnel, a été jugé pour avoir fait décapiter et mangé un aviateur américain en août 1944 à Chichi Jima et le vice-amiral Mori pour avoir mangé un prisonnier lors d’une réception tenue en février 1945.


5 juin 1941, victimes civiles de l’un des 268 raids aériens faits sur Chongqing par le Service aérien de l’armée impériale japonaise et celui de la marine.

Plus de 5 000 Chinois périrent au cours des deux premiers jours de bombardement en 193960.

Bombardements

Le Service aérien de l’armée impériale japonaise et celui de la marine menèrent, de 1937 à 1945, une campagne systématique de bombardements contre des objectifs civils en Extrême-orient et même contre la ville de Darwin en Australie. Les zones les plus éprouvées furent les grandes villes chinoises comme Shanghai et Chongqing. À l’automne 1937, la violence des bombardements de Nanjing et de Guangzhou entraina une résolution de blâme du Comité aviseur de l’Extrême-Orient de la Société des Nations à l’encontre du Japon. Lord Cranborne, le sous-secrétaire d’État aux Affaires étrangères de Grande-Bretagne, émit sa propre déclaration d’indignation. « Les mots ne peuvent exprimer le sentiment de profonde horreur avec lequel la nouvelle de ces raids a été reçue par le monde civilisé. Ils sont souvent dirigés contre des endroits éloignés de la zone d’hostilité réelle. L’objectif militaire, s’il existe, semble prendre une place secondaire. Le but principal semble être d’inspirer la terreur par le massacre des civils… »

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité l’arme nucléaire est utilisée par les États-Unis pour les Bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Le nombre de victimes immédiates est estimé à 70 000 pour Hiroshima et 30 000 pour Nagasaki. Le nombre de victimes des suites d’irradiation est mal connu et contesté, le maire d’Hiroshima évoque un total de 237 000 victimes. Bien que l’essentiel des victimes soient civiles, certains estiment qu’il ne s’agit pas d’un crime de guerre en raison de l’attitude du Quartier général impérial qui ignora à deux reprises l’ultimatum de Potsdam.

Armes chimiques et bactériologiques

En Europe, les gaz de combat ne furent pas utilisés dans les combats entre belligérants, mais seulement contre les civils déportés, dans les camps d’extermination nazis. Des réserves importantes de gaz tabun et sarin furent retrouvées en Allemagne en 1945, suffisantes pour tuer des millions de personnes. Elles furent immergées dans des caissons de béton sous la Manche. On s’inquiète de leur état de conservation aujourd’hui.

En Asie toutefois, les travaux des historiens Yoshiaki Yoshimi et Seiya Matsuno démontrent que Hirohito permettait dès juillet 1937 l’utilisation systématique de gaz toxiques contre l’armée chinoise et les populations civiles. Par peur des représailles et afin de s’assurer que ces armes ne soient jamais employées contre des intérêts occidentaux, chaque utilisation faisait l’objet d’une directive spécifique approuvée par l’empereur et transmise par le chef d’état-major de l’armée, le prince Kotohito Kan’in (le général Hajime Sugiyama à compter de 1940). Dès 1939, les armes chimiques furent employées en URSS et en Mongolie puis aux Philippines en 1942.


Charnier de l’Unité 731, l’unité de recherche bactériologique de l’armée impériale japonaise

En 2004, Yoshimi découvrit toutefois dans les archives nationales australiennes des documents démontrant que des gaz toxiques avaient été testés sur des prisonniers australiens et néerlandais en 1944 en Indonésie. À ces armes chimiques, s’ajoutent les armes bactériologiques produites par l’unité 731 et employées à maintes reprises contre des civils en Chine et contre l’armée soviétique lors de la bataille de Halhin Gol.

Viols de guerre

Toutes les troupes belligérantes de la Grande Guerre avaient commis ou laissé commettre de nombreux viols de guerre. Les historiens Ian Kershaw et Rees rapportent que contrairement à la propagande de la Wehrmacht qui défendait le mythe d’une armée saine, des viols à grande échelle ont été commis par l’armée allemande.Armée rouge, surtout, fut explicitement encouragée,[réf. nécessaire] en représailles aux exactions massives du Reich en URSS, à terroriser les populations allemandes par le viol et les pillages à grande échelle : selon Hanna Schissler, de nombreuses Allemandes de l’Est envahi ont subi en 1945 les violences systématiques des soldats soviétiques. En Yougoslavie théoriquement alliée, Milovan Đilas se plaignit en personne à Staline de milliers de viols, le dictateur soviétique lui répondant cyniquement que l’Armée rouge avait assez enduré pour ne pas devoir s’attarder à ce genre de récriminations.

Selon l’historien Robert J. Lilly, environ 14 000 femmes auraient été violées par les troupes américaines de la Normandie, en France, à l’Allemagne. Certains militaires coupables ont été exécutés, comme dans l’Affaire Clarence Whitfield, condamné à mort par pendaison le 20 juin 1944 à Canisy par la cour martiale. Vingt-et-un GIs furent condamnés en France pour viol, et les autorités militaires américaines invitèrent les victimes à assister à la pendaison des coupables.

L’historien Peter Schrijvers estime que plus de 10 000 femmes ont été violées par les troupes américaines à l’occasion de la bataille d’Okinawa.

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