La parabole de Tombouctou.

Jeudi 7 mars 2013 // L’Afrique

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On sait maintenant ce qu’a été le saccage de la VILLE SAINTE. Il dévoile les vrais ressorts du FANATISME ISLAMISTE ; il n’y a pas de charia light.

Quand le commandant Joffre, à la tête de sa colonne de tirailleurs, entra, le 12 février 1894 dans Tombouctou, il salua la « ville sainte ». C’était plus de dix ans avant que le père de Foucauld vienne y faire entendre son message. Cette ville sainte que saluait le Maréchal Joffre était bien la cité musulmane bâtie dans le désert depuis huit siècles. Elle renfermait des trésors d’architecture et d’enluminures. Les Touaregs l’avaient baptisée la "cité des 333 saints". Joffre y venait avec un message de paix. Lorsque, profitant de la disparition du pouvoir à Bamako, les islamistes se sont jetés sur Gao, Kidal et Tombouctou, au printemps 2012, ils ont commencé par le saccage, non des magasins, mais des sites religieux de la "ville sainte" que l’Unesco avait cru protéger en les inscrivant au patrimoine mondial de l’humanité.

Ils procédèrent en trois vagues de destructions. Une première en arrivant, une seconde entre le 30 juin et le 2 juillet, une troisième au mois de décembre. Chaque fois, les djihadistes s’attaquèrent aux plus belles mosquées, aux portes sacrées, aux mausolées des cimetières. Bientôt, les seize tombes des saints soufis vénérés par la population furent profanées et brisées. Pourquoi des combattants de l’islam s’en prenaient-ils donc avec une telle sauvagerie à de grandes mosquées, au témoignage laissé par des siècles d’art sacré d’islam ? Parce qu’il s’agissait de détruire une histoire, de déraciner un patrimoine. Toujours la "table rase". Les djihadistes salafistes ne sont pas seulement des "fous d’Allah", ils se veulent les "propriétaires" du prophète des origines. Il ne peut pas rien avoir d’autres ; le reste n’est que corruption.

Ils sont donc les seuls vais porteurs des "valeurs religieuses de l’islam". Le salafisme s’approprie la vie, publique et privée, de tous au nom des règles qu’il classe dans la "charia" : si vous ne la respectez pas, vous serez, châtiment suprême, privé de votre qualité de bon musulman. Le dire n’est rien, il faut le montrer au public. « Les islamistes se sont alors naturellement attaqués aux hommes, souligne jeannette Bougrab, aujourd’hui avocate et toujours militante de la laïcité. Des dizaines de coups de fouet en public ont été infligées à ceux qui furent pris en flagrant délit de fumer ou de boire de l’alcool. Mais le pire restait à venir.

C’est à Aguelhok, dans le nord-est du Mali, que le drame a eu lieu. Parce qu’un couple qui avait un enfant n’était pas marié, il a été lapidé sans pitié. Amenés au centre de la place publique, leurs corps à moitié enterrés, ils ont été tués sous les coups des pierres jetées parles islamistes... »

De même que les talibans,( héritiers des révolutionnaires de 1793 ) alors au pouvoir à Kaboul, avaient détruit les bouddhas de Bâmyân, en mars 2001, des scènes identiques de lapidation à mort se déroulèrent dans les zones tribales d’Afghanistan et du Pakistan. L’Amérique et l’Otan sont intervenues en Afghanistan pour faire cesser cela. La France vient de s’engager au Mali pour en chasser les islamistes qui voulaient s’imposer par le feu, la hache et le fouet. Une barbarie médiévale associée au téléphone par satellite.

Mais la MARIANNE qui se porte ainsi aux avant-postes de la guerre contre un djihadisme qui se répand des sables de Mauritanie aux caves rocheuses de Tora Bora est-elle aussi ferme et décidée chez elle ? Pourquoi se battre si loin si l’on ne se bat pas aussi chez soi ? Voilà ce qui inquiète Jeannette Bougrab, fille de harki, passionnément patriote et qui a du temps pour écrire depuis qu’elle n’est plus secrétaire d’État à la Jeunesse de Sarkozy. Elle le répète avec force dans son livre au titre sans ambiguïté, Ma DEMOCATIE se meurt (Grasset) : « Il n’y a pas de charia light. » L’identité française est en cause.

Il n’y a qu’un glissement à sens unique. « Dans des écoles, des gamins de moins de 10 ans font le ramadan. Vous voyez apparaître une forme de censure sociale sur ceux qui ne jeûnent pas. Des hommes viennent frapper à la porte à l’heure des repas pour vérifier que tous respectent le rite. En milieu carcéral, c’est pire. »Jeannette Bougrab multiplie les exemples. « La radicalisation de l’islam est bien là en France. » Et pas seulement ailleurs où le "printemps arabe" n’a fait qu’aggraver la situation. Au lieu de se laisser aller à une « laïcité moribonde », elle plaide pour ne céder sur rien. À commencer par l’enseignement de l’histoire. Puisque c’est par là que les islamistes de Tombouctou ont tenté de prendre le pouvoir en rasant ce qui fait l’âme d’un peuple.

À la radio, sur France Info dans le Duel des éditorialistes ; à la télévision, le mercredi 13, à 22 heures sur Public Sénat ; le jeudi à 10h10 sur LCI dans Choisissez votre camp.

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