En France : Les extrêmes aux anges.

La mort de Clément Méric et les réactions qu’elle a suscitées accentuent la polarisation de la vie politique française.

Mercredi 3 juillet 2013 // La France

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Tout a commencé par Fred Perry. Les skinheads de droite et leurs adversaires antifascistes aiment la même marque de fringues. Ce jour là, il y avait une vente privée dans le centre de Paris. Cela se passait dans un petit appartement, couloirs étroits, pièces minuscules, et toute la collection à l’intérieur. Des gens aux cheveux courts qui se cherchaient une tenue classe pour les beaux jours ont trouvé d’autres jeunes gens aux cheveux courts, mais d’un genre bien différent.

S’il n’y avait pas eu un mort, la première scène serait comique un antifasciste farfouille dans les portants et découvre que l’acheteur potentiel qui se trouve de l’autre côté est un skin, avec tout l’attirail, tatouage de croix gammée compris. Et vice versa. Ailleurs, on se serait ignoré mutuellement, au pire insulté et bousculé, et les choses en seraient restées là. A Paris, cela s’est terminé par la mort d’un jeune. Les deux bandes se tapent dessus devant l’immeuble, le coup d’un des skins est mortel.

La panique totale avec laquelle on a réagi à cet événement à Paris donne la mesure du caractère dramatique de la situation politique en France. Il y a eu une minute de silence au Parlement, un sénateur a fondu en larmes à la télévision [Yves Pozzo di Borgo sur LCP], et le président de la République, en voyage au Japon, a fait une déclaration. Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, est apparu à, la télévision avant même la fin de l’enquête et a qualifié la victime de "militant d’extrême gauche".

Les amis de Clément décrivent mieux son engagement : un jour où une manifestation de droite devait passer sous les fenêtres de l’université, il avait proposé de lancer des ballons remplis d’eau sur les participants. L’homme qui est soupçonné de l’avoir battu préférait d’autres jouets : selon les témoins, il avait un coup-de-poing américain ce jeudi-là, quant à l’équipement idéologique, on fait appel actuellement à tout l’arsenal disponible : "No pasarân", clament les amis de Clément. C’est pousser le bouchon un peu loin que d’utiliser le cri de ralliement des antifascistes espagnols et transformer ainsi cette affaire en guerre civile.
 
On doit se demander si ce parallèle historique est justifié, si la réalité politique de la France exige vraiment un combat aussi acharné. On est entrain de payer le fait que le président Hollande, contrairement à Mitterrand, n’ait pas intégré l’extrême gauche dans son gouvernement : car Jean-Luc Mélenchon et ses camarades font désormais carrément pression, ce qui profite à l’extrême droite, qui attend son heure. On ne peut nier qu’elle est en plein essor et de plus en plus active, et cela tombe bien pour Marine Le Pen, la présidente du Front national, » Le FN N’EST PAS UN PARTI D’EXTREME DROITE ; il est la droite Nationale.

 Le Front national a tellement de succès depuis quelques années que certains pans de la droite conservatrice appellent à collaborer avec lui. Il y a longtemps que Jean-François Copé, le président de l’UMP, plaide pour une droite unifiée "sans complexes".

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