La leçon de la Chine au monde.

Jeudi 30 avril 2015 // Le Monde

L’union africaine (UA) et la Chine, ont conclu, un protocole d’accord, pour coopérer, sur de grands réseaux d’infrastructures, et, sur le processus d’industrialisation, en Afrique. La présidente de la Commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, et le vice- ministre des Affaires étrangères de Chine, Zhang Ming, ont signé un accord portant sur les transports continentaux, les trains à grande vitesse, l’aviation, les autoroutes et l’industrialisation. La cérémonie de signature a eu lieu, mardi, 27 janvier, au siège de l’UA, à Addis Abeba, en marge du 24e Sommet de I’UA. Ce protocole d’accord s’inscrit, dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’UA, qui vise à accélérer l’intégration continentale.

Les deux parties ont conclu cet accord, sur la base des discussions, entre la présidente de la Commission, Nkosazana Dlamini-Zuma et le premier ministre chinois, Li Keqiang, lors de sa visite, au siège de l’UA, l’an dernier. « Lors de nos discussions, nous avons convenu que nous avions besoin de coopérer avec la Chine, dans un certain nombre de domaines, au niveau continental, et, principalement, sur le secteur des infrastructures », a évoqué la présidente de la Commission. Expliquant que les Africains ambitionnaient de vivre dans une Afrique prospère, unie et pacifique, dirigée par les citoyens de ce continent, la présidente a salué ce protocole comme un moment important. Elle a, également, révélé que les équipes et sous-commissions avaient, déjà, commencé à aborder les questions détaillées dépendant de la coopération entre les deux parties, dans ces domaines. Chaque secteur est représenté par une sous-commission pour travailler, en cas de besoin, sur les détails de projets, tels que les points de départ, les coûts, les moyens de finalisation, etc.

« Ce sera le premier projet continental mené, conjointement, par l’Afrique et par la Chine, depuis des années », a-t- elle martelé, et de poursuivre « Cette relation, et, en particulier, la coopération dans ce cadre, prend une dimension supplémentaire, un niveau supérieur ».

Pour sa part, le vice-ministre des Affaires étrangères, Zhang Ming, explique que cet accord comprend des coopérations en matière d’infrastructures et d’industrialisation, qui seront menées dans le cadre de la coopération générale entre la Chine et l’UA, I’UA jouant un rôle de coordinateur, dans sa mise en oeuvre.

Les Chinois ayant de la suite dans les idées, ils n’ont pas hésité à faire réagir leur gouvernement, s’érigeant, par la même occasion, en donneurs de leçons (au reste du monde) : « Le gouvernement chinois souhaite que davantage de pays montrent leur sincérité, comme le fait la Chine, pour renforcer la construction des infrastructures, en Afrique, afin de répondre à son besoin important dans ce domaine », a annoncé Hua Chunying, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. Cette dernière réagissait, après la signature du Mémorandum de Compréhension (MdC) concernant le transport, les trains à grande vitesse, l’aviation, les autoroutes, ainsi que, l’industrialisation du continent.

Selon elle, « Le Mdc montre que la Chine est disposée à mettre en application le concept de coopération avec l’Afrique souhaitée par le président, Xi Jin-ping, et, le premier ministre, Li Keqiang, grâce à construction de voies ferrées, de routes et la mise en place de réseaux aériens régionaux. Et Hua Chunying de préciser que « Renforcer la connectivité et l’intégration du continent, faire sauter le goulot d’étranglement de son développement et permettre un développement durable, représentent aussi notre engagement », avant de conclure en se référant à la sagesse chinoise : « Pour devenir riche, il faut construire d’abord une route ». Traduction : qui dit aimer l’Afrique, doit l’aider à construire les routes.

En valeur absolue, la Chine a réalisé 1.046 projets, en Afrique, construisant 2.233 kilomètres de voies ferrées et 3.530 kilomètres de routes, en un temps record. Qu’en sera-t-il demain, si elle y poursuit les réalisations à ce rythme soutenu ?

Reste, cependant, une lacune : la Chine n’est pas, encore, suffisamment, bien pourvue au niveau de la défense et la sécurité, de ses équipes, qui oeuvrent en faveur de la transformation du continent. L’insécurité qui règne, dans certaines parties du continent, où opèrent des équipes chinoises, n’épargne pas ces dernières. La défense et la sécurité allant de pair avec l’industrialisation et le développement, il va de soi que la Chine doit, vite, y réfléchir afin d’apporter des résultats adaptés au niveau de son ambition africaine.

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