La justice pervertie par la Gauche.

Dossier coordonné par Gilles Gaetner et Fabrice Madouas.

Mercredi 17 avril 2013 // La France

Bouleversement du code civil, renversement de la politique pénale... À la manoeuvre : Christiane Taubira. La gauche au pouvoir poursuit l’application de son projet de société : "jouir sans entraves".

Christiane Taubira est garde des Sceaux et ministre de la justice. C’est à ce titre qu’elle applique et définit la politique pénale du gouvernement. C’est à ce titre aussi qu’elle défend le "mariage pour tous", dont l’adoption bouleverserait le code civil dont elle a théoriquement la garde. Elle y met un zèle impatient par tempérament autant qu’en raison de sa mission, car elle est une pièce maîtresse du "changement de société" promis par la gauche. Le droit n’étant jamais qu’un système de valeurs, la réalisation du projet socialiste passe parla refonte du code civil et par le renversement de la politique pénale menée par la droite. Les deux vont de pair.

En fait de réforme, l’ambition n’est pas mince. Il s’agit bien de changer de "civilisation". Les manifestants qui battent le pavé depuis cinq mois ne s’y sont pas trompés. Christiane Taubira l’a dit au sujet du mariage homosexuel : « Nous n’avons pas l’intention de faire comme si nous ne retouchions que trois ou quatre virgules dans le code civil. » (Ouest-France, le 7 novembre 2012.) De l’aveu même de la garde des Sceaux (sots), la revendication d’égalité que le PS prétend satisfaire en accordant aux homosexuels le droit de se marier dissimule en réalité sa volonté d’en finir avec « un ordre social fondé sur une conception patriarcale de la société » (discours devant l’Assemblée nationale, le 29 janvier).

C’est le but que la gauche poursuit depuis toujours et qu’avouaient deux militants des mouvements LGBT dans une tribune publiée par Libération dès avril 2004 : Clémentine Autain et Christophe Girard, à l’époque adjoints au maire de Paris. « À l’évidence, l’ouverture du mariage aux gays et lesbiennes présente un caractère profondément subversif. Au-delà des droits concrets, l’affaire est symbolique », écrivaient-ils dans un texte intitulé « Un mariage d’un nouveau genre ». Son ouverture aux homosexuels en modifierait profondément le sens : en revendiquant le droit au mariage, les militants LGBT espèrent affaiblir une institution conçue comme la clé de voûte d’une société qu’ils jugent "conservatrice", voire oppressive. Ce projet libertaire les désigne comme les héritiers de Mai 68.

François Hollande a beau répéter que cette réforme ne modifie rien pour les "hétérosexuels", c’est une révolution que son gouvernement conduit. En appliquant aux couples de même sexe les articles du code civil comprenant les mots "père" et "mère", l’idée se répand que l’altérité sexuelle n’est plus la condition nécessaire à l’engendrement. Que le chef de l’État dise refuser la gestation pour autrui (GPA) n’y change rien : si le Parlement adoptait la loi Taubira, les mères porteuses seraient tôt ou tard légalisées. Rapporteur socialiste au Sénat, Jean-Pierre Michel l’a dit clairement : « Je suis favorable à la GPA. Je pense qu’on est en pleine hypocrisie aujourd’hui. » (Entretien sur Public Sénat, le 31 janvier.)

Il en serait de même pour la procréation médicalement assistée (PMA). Faut-il étendre aux célibataires et aux lesbiennes le droit à la PMA, aujourd’hui réservée aux couples infertiles ? François Hollande devrait suivre l’avis du Conseil consultatif national d’éthique, mais de nombreux élus de gauche se sont déjà prononcés pour... Quoi qu’il en soit, le PS ne reculera devant aucune ruse pour parvenir à ses fins : lors de l’adoption du pacs, en 1999, Jean-Pierre Michel affirmait, comme Élisabeth Guigou, qu’il n’était pas question d’accorder aux homosexuels le droit de se marier... Tout est permis pour abattre ce que Michel Foucault et ses épigones ont dénommé 1"hétérosexisme" : un ordre social fondé sur l’altérité sexuelle.

Car c’est bien ce philosophe, Michel Foucault, mort à Paris en 1984, qui inspire aujourd’hui les militants LGBT, donc la réforme du code civil, comme il inspire la politique pénale mise en oeuvre par le gouvernement. Connu pour ses critiques des institutions sociales, Foucault a influencé de nombreux et très divers mouvements contestataires depuis les années 1970.

Lui-même se définissait comme « un artificier » : « Je fabrique quelque chose qui sert finalement à un siège, à une destruction. » On trouve les traces de son analyse du système carcéral dans la réflexion de la gauche sur la prison et sur la sanction. Il ne suffit pas d’améliorer les conditions de vie des détenus, il s’agit de bannir l’incarcération au moins de la réduire autant que possible.

Toute l’action de la ministre de la Justice s’éclaire à la lumière de ce principe. « Des études multiples ont prouvé que la prison augmente davantage les risqua de récidive que les autres peines pénales ; la formule "la prison école du crime" n’est pas complètement fantaisiste », estimait-elle dans le Monde, le 20 septembre 2012, au moment de présenter sa circulaire de politique pénale. « Le recours à l’incarcération, lit-on dans ce document, doit répondre aux situations qui l’exigent strictement, selon les termes mêmes de la loi du 24 novembre2009, qui prévoit [...] qu’en matière correctionnelle [...] une peine d’emprisonnement sans sursis ne peut être prononcée qu’en dernier recours si la gravité de l’infraction et la personnalité de son auteur rendent cette peine nécessaire et si toute autre sanction est manifestement inadéquate. »

Il est vrai que la loi citée dans cette circulaire remonte à 2009 et qu’elle a donc été votée par la précédente majorité. Mais elle s’accompagnait de nombreuses autres mesures (les peines planchers, la rétention de sûreté, la création de tribunaux correctionnels pour mineurs...) que la gauche veut toutes supprimer ! La balance entre sanction et prévention est de plus en plus déséquilibrée, à mesure que s’accroît l’influence de Christiane Taubira. 

Prison ferme : de moins en moins fréquente

"Impunité zéro pour les délinquants". C’est le titre d’un "contre-rapport" publié par Debout la République, que préside Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne. Extraits : « Le problème est qu’en matière pénale, la prison ferme est de moins en moins fréquente, contrairement aux affirmations du gouvernement socialiste. » 10 % seulement des affaires jugées font l’objet d’une peine de prison ferme. « On accuse souvent la justice d’être deux fois plus répressive qu’il y a quarante ans. Il y a en effet 2 fois plus de détenus mais 6 fois plus de viols (de 1 500 à 10 000) et 7 fois plus de coups et blessures volontaires (de 25 000 à plus de 190 000). En réalité, la justice est donc beaucoup moins répressive qu’auparavant. »

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