Politique Magazine

La destruction de la famille.

Samedi 24 novembre 2012 // La France

Ce que Madame Taubira a présenté aux lecteurs de « La Croix » et qui devrait être soumise au Conseil des ministres, un projet de loi « réformant le mariage en l’ouvrant aux couples du même sexe », est une absurdité totale, au sens philosophique du mot : « Contradiction dans l’essence même des choses ».

La présentation commence par un mensonge « Le mariage pour tous répond à une exigence d’égalité ». Mais ce ne sera pas « le mariage pour tous », puisqu’il faudra avoir dix-huit ans ! Le mariage est, depuis toujours, pour tous, à condition qu’ « ils le veuillent librement », ajouta l’Église, car aucune institution humaine n’a connu plus de déviations, contrefaçons et caricatures que cet écrin de l’amour, transformé en affaire politique, commerciale, agricole, ou de simple exploitation sexuelle.

Second mensonge : « Le couple du même sexe » n’existe pas. Pour former un couple, il faut s’accoupler. Le petit Larousse dit : « Accouplement, nom masculin, union sexuelle du mâle et de la femelle en vue de la reproduction ». Le même dictionnaire précise : « Couple : homme et femme mariés, ou unis par les liens de l’amour, en réunion momentanée pour une danse, dans un cortège... ». Regardons le Code civil, art. 144 : « L’homme et la femme ne peuvent contracter mariage avant dix-huit ans révolus », et, art. 75 : L’officier de l’état-civil reçoit de chaque partie la déclaration qu’elles veulent se prendre pour mari et femme »... C’est aussi le sens des mots dans le dictionnaire qu’il faudra changer !

Xavier Labbée, professeur de l’Université de Lille-2 et avocat au Barreau de Lille, observait ainsi pendant la semaine juridique du 10 septembre que « pendant longtemps, le mariage était pour la loi civile l’union d’un homme et d’une femme. Cette union constituait une institution indispensable à l’organisation sociale car elle était le socle de la famille... Le mot « institution » s’accordait assez bien avec celui de « sacrement » que l’Église utilise pour qualifier l’union devant Dieu C’était au fond sa traduction laïcisée. On disait enfin que cette institution constituait le fondement de la famille car on se mariait pour avoir des enfants, même si la chose n’était pas écrite ». « Et puis, continuait-il, le phénomène de contractualisation est progressivement apparu, transformant au fil du temps le mariage en un simple contrat, tant sur le plan de sa formation que sur celui de ses effets et de sa dissolution ». D’autres formes officielles de conjugalité sont apparues, fondées expressément sur le contrat, de telle sorte que le mariage ne sert plus aujourd’hui de socle unique à la famille. Celle-ci trouverait plutôt son assise sur un couple qui ne s’unit pas nécessairement pour procréer.

L’absurdité taubiresque apparaît donc comme le fruit malsain d’une certaine logique, celle de la contractualisation et de la laïcisation d’une institution qui est d’essence religieuse. Comme le rappelle Philippe Malaurie : « Pour l’Église catholique, le mariage n’est pas seulement destiné à propager l’espèce humaine. Il est aussi une institution sanctifiée par le Christ, ce qui lui permet de dépasser les fins de la Nature. Non seulement, il est une union totale, semence d’amour, mais surtout il est dispensateur des grâces divines. Cette union est la plus totale qu’on puisse imaginer, puisque les théologiens à la suite de Saint Paul, en ont fait le symbole de l’union mystique entre le Christ et son Eglise, ce qu’évoque aujourd’hui le Nouveau code de droit canon, en l’appelant non seulement contrat, mais aussi une « alliance » (con, ions). A cause de cette union, Dieu donne aux époux les grâces sans lesquelles il serait un joug insupportable. »

Face à cette dimension du mariage, l’emploi de ce mot, pour désigner ce qui est son contraire - naturellement et surnaturellement - n’est plus seulement une adaptation de la loi aux moeurs, non plus même une certaine logique de contractualisation. C’est une volonté délibérée de détruire une société fondée sur la famille.

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