La cinquième colonne est en marche

Mardi 18 août 2015 // La France

Qui peut désormais nier qu’il existe aujourd’hui un véritable ennemi de l’intérieur, structuré, organisé, armé jusqu’aux dents et chargé de semer la terreur en France ?

Des attentats, la France en a connu beaucoup. Mais comme celui qui a eu lieu, vendredi dernier, au sein de l’usine Air Products de Saint-Quentin-Fallavier, dans l’Isère, jamais. Si le terroriste, Yassin Salhi, n’est pas parvenu à faire sauter ce site stockant des gaz industriels dangereux, en revanche, il a importé en France la teneur et la barbarie que Dae’ch a instaurées partout où ce groupe est installé, en Syrie, en Irak ou en Libye.

Il n’a pas hésité à décapiter son patron avant de poser la tête de la victime près d’un grillage, entourée de banderoles sur lesquelles est inscrite la profession de foi islamique. Quant au corps sans tête de sa victime, il l’avait disposé à l’aplomb de son véhicule avec lequel il a foncé vers un hangar contenant des bouteilles de gaz et d’acétone afin de provoquer une explosion.

Bien sûr, ce qui s’est passé en France ne doit pas occulter l’horreur qui a frappé un hôtel près de Sousse, en Tunisie, quelques minutes plus tard, lors d’un attentat revendiqué par Dae’ch. Un homme est arrivé sur la plage avant de tirer en rafales sur tous les vacanciers occidentaux, prenant le temps de choisir ses victimes. Ensuite, il s’est dirigé tranquillement vers la piscine pour y lancer une grenade, vers le pavillon de la direction et vers la salle de sport. Un véritable carnage laissant sans vie 38 touristes, principalement britanniques, irlandais, allemand, belge... et 39 blessés.

De ces atrocités, qui ne sont que la suite des attentats des 7,8 et 9 janvier à Paris contre Charlie Hebdo, des policiers et une épicerie casher, et de la tentative d’assaut menée, il y a quelques semaines, par Sid Ahmed Ghlam et ses amis contre une église de Villejuif à l’heure de la messe dominicale (qui projetait aussi de s’en prendre à un train bondé ou au Sacré-Coeur de Montmartre, comme l’a révélé son ordinateur), il y a trois leçons précises à tirer au-delà des messages de compassion avec les proches des victimes et des appels à un renforcement de la sécurité intérieure lancés par les politiques de droite comme de gauche.

Première leçon : il existe bien en France aujourd’hui un véritable ennemi de l’intérieur, organisé comme une cinquième colonne en marche, avec des relais, des dépôts d’armes, des liens permanents avec Dae’ch et une liste de cibles à abattre afin d’organiser la terreur systématique dans le pays. La commission d’enquête parlementaire sur la surveillance des filières djihadistes présidée par Éric Ciotti a montré que, fin mai, 457 Français se trouvaient en Syrie ou en Irak, 320 personnes étaient en transit vers les territoires tenus par Dae’ch et 521 projetteraient de s’y rendre.

Mais le plus grave, c’est que plus de 278 Français auraient quitté la Syrie et 213 seraient de retour dans l’Hexagone. Si bien qu’au total, le nombre de ressortissants français impliqués dans les filières djihadistes atteint le nombre de 1683, contre 86 il y a seulement deux ans. Selon certains experts de l’islamisme en France, y compris de gauche, cet ennemi de l’intérieur pourrait compter sur au moins 5000 individus, cachant des armes, bénéficiant de connexions avec Dae’ch ou fabriquant des faux papiers. Et il s’agit de Français comme les frères Kouachi, comme Coulibaly ou comme ce Yassin Saihi, né à Pontarlier, père de trois enfants, bénéficiant tous de cet inepte droit du sol.

La deuxième leçon de ce drame réside naturellement dans toutes les mesures à prendre pour renforcer le renseignement sur ces individus et leurs filières. Que Yassin Salhi ait été classé "S" par les services entre 2006 et 2008 puisait fait l’objet d’une attention particulière entre 2010 et 2014 n’a rien de rassurant puisque, comme Mohamed Merah, lui aussi surveillé, il a pu semer la teneur en toute tranquillité. Il faut maintenant souhaiter que la récente loi sur le renseignement donne à nos gendarmes et policiers plus de moyens d’action et que ce texte ne soit plus l’objet de critiques devenues bien ridicules après ce qui vient de se passer.

Enfin, la troisième leçon de ce vendredi sanglant doit être pour tous les "idiots utiles" de l’islamisme, tous ceux qui continuent à regarder avec angélisme l’islam salafiste comme une religion de paix et d’amour, tous ceux qui nient la volonté de Dae’ch de détruire notre civilisation et toutes les valeurs qu’elle porte. Oui, la France est en guerre. Et ce n’est pas parce que certains ont déjà abdiqué en laissant s’installer un communautarisme malsain, en proposant de transformer des églises en mosquées, ou en laissant se créer plus de 750 zones de non-droit qui gangrènent le territoire qu’il faut se résigner. Face à cet ennemi de l’intérieur - car c’est ainsi qu’il faut le nommer -, le sursaut français doit se manifester maintenant. Sans attendre que la terreur ait posé sa chape de plomb sur notre pays.

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