La boîte de Pandore du "mariage pour tous"

Mercredi 26 août 2015 // La France

www.innovation-democratique.org

Le gouvernement dit qu’il est opposé à la GPA. Mais les juges et Mme Taubira refusent d’appliquer la loi qui punit cette marchandisation des femmes et des enfants.

Quand on fait de la duplicité et de l’usage permanent du double langage un mode d’exercice du pouvoir, il ne faut pas s’étonner de voir la réalité exercer un violent retour de bâton. Prenons le cas des taxis. Tous les responsables publics, notamment depuis 2012, les ont cajolés en leur assurant qu’ils n’avaient rien à craindre d’une ouverture à la concurrence. Dans le même temps, ces mêmes responsables ont promis aux sociétés de véhicules de tourisme avec chauffeur qu’ils pourraient venir offrir leurs services à Paris et dans les grandes villes. Comme chaque campa reçu des promesses et des garanties, aujourd’hui, tous ont le sentiment d’être floués. Et cela a débouché sur des scènes de violence dramatiques pour l’image de Paris, celle de ces professions et celle de ceux qui ont laissé ce conflit s’envenimer.

Mais là où ce double discours du gouvernement et de l’ensemble des pouvoirs publics se révèle désastreux, c’est sur des sujets encore plus importants parce qu’ils touchent à des enfants, à leur filiation et finalement à notre conception de la civilisation. Un mot très utilisé ces derniers jours, puisque de plus en plus de responsables publics ont enfin compris que notre civilisation était menacée par des groupes et des États terroristes. Mais elle l’est aussi de manière bien plus sournoise par de simples décisions de justice.

La Cour de cassation, plus haute juridiction française, a ainsi validé, vendredi dernier, l’inscription à l’état civil de deux enfants nés par gestation pour autrui (GPA), en Russie, de pères français. Cet arrêt est très grave tant sur le fond, puisqu’il bafoue la parole présidentielle, que sur la forme, puisque des juges ont publié un arrêt qui va à rebours de ce que le Parlement a voté. Le maintien de l’interdiction de la gestation pour autrui était une promesse de François Hollande. En plein débat sur le "mariage pour tous", et alors que des millions de Français battaient le pavé pour défendre une conception naturelle, évidente et éternelle de la famille, le président de la République avait alors promis de maintenir l’interdiction de la GPA, tant qu’il était au pouvoir.

Ce que Manuel Valls a rappelé dès ces arrêts connus. Puisqu’un texte voté en 1994 a inscrit la GPA au code pénal et l’a rendue passible de six mois d’emprisonnement et d’une amende de 7500 euros.

Dans le cas avalisé vendredi dernier par la Cour de cassation, il faut rappeler que deux hommes ont loué pour un montant de 15000 euros l’utérus d’une femme russe. Et une fois les enfants nés, ils les ont ramenés en France et ont demandé qu’ils bénéficient d’une filiation. Ce qu’ils ont obtenu, alors que la jurisprudence est très claire sur ce sujet, puisque, le 1er Juillet dernier, un couple homosexuel a été condamné à Bordeaux pour avoir eu recours à une mère porteuse chypriote.

Alain Juppé est l’un des rares hommes politiques à avoir commenté cet incompréhensible arrêt en rappelant, sur son blog, que la GPA est « une atteinte à la dignité humaine ». Il s’est aussi à juste titre insurgé contre « une légalisation défaite de la GPA en France au mépris de la volonté du législateur, qui a posé son interdiction en principe d’ordre public ». Mais comment s’étonner que des juges se soient sentis ainsi libres de bafouer le droit, quelques jours après que le très chiraquien Jacques Toubon, désormais Défenseur des droits, a demandé la reconnaissance de la filiation des enfants nés d’une GPA à l’étranger.

Un sujet sur lequel il se retrouve seul dans le paysage politique aux côtés de Christiane Taubira. Il reste que, en faisant voter le mariage pour tous, François Hollande ne pouvait ignorer qu’il ouvrait une gigantesque boîte de Pandore d’où sortiraient deux grands interdits : la GPA et la procréation médicalement assistée (PMA). C’est-à-dire le fait de reconnaître que tous les moyens sont bons pour un couple homosexuel de "S’offrir un enfant" comme on s’achète une voiture. Et ce n’est pas qu’une question de droit, de filiation ou d’état civil, c’est bien un enjeu de civilisation. Car, depuis que notre monde existe, l’enfant, par sa fragilité, par l’enjeu qu’il représente et parce qu’il incarne l’innocence et l’avenir, est sanctuarisé par des protections et toute une série de droits, y compris universels. Or, la GPA comme la PMA font passer le droit à l’enfant avant les droits de l’enfant.

Notre civilisation judéo-chrétienne est violemment attaquée par un islam radical qui a bien compris nos faiblesses, nos incohérences et nos doutes. Il ne faudrait pas qu’elle soit également remise en cause par un gouvernement des juges, qu’il soit français ou européen. L’enfant quel qu’il soit est un être sacré. Il n’est pas un simple cas de jurisprudence. il n’est pas une promesse électorale. Et il ne peut surtout pas subir un double langage de la part de nos gouvernants, qui lui doivent toute leur protection.

Répondre à cet article