La bataille du petit Nicolas.

Mercredi 18 avril 2012, par Josée Pochat // La France

Drapeau de FranceCampagne : Le candidat de Debout la République s’est battu comme un forcené pour obtenir ses 500 signatures. Il continue pour se faire entendre.

Jeudi 5 avril, 9h30, QG de campagne de Nicolas Dupont-Aignan, à deux pas de l’Assemblée nationale. Le candidat règle les derniers détails de sa Journée avec son directeur de campagne, en buvant du thé. Rendez-vous toute la matinée avec des journalistes, avant de passer à RMC. Le candidat est heureux et rien ne peut le démoraliser. Les sondages, qui ne lui ont jamais accordé plus de 1 % ? « Je ne suis pas inquiet, relativise-t-il. Aux dernières élections régionales, où Debout la République présentait une liste en Île-de-France, j’étais crédité de 0 %. Le Figaro ne me mettait même pas dans la liste des candidats. J’ai obtenu près de 4 % des voix, devant le MoDem et Besancenot. Plutôt que de s’appesantir sur les sondages, Dupont-Aignan préfère savourer sa première victoire : avoir les 500 parrainages qui lui permettent de se présenter, là où Morin, Boutin, Nihous, Villepin, Lepage et Chevènement ont chuté, aime-t-il rappeler. Lui a commencé sa quête fin 2010. Il est allé chercher ses signatures une par une, a rencontré personnellement plus de 600 maires, lors de 85 déplacements en province. Et cette fois le compte était bon, contrairement à 2007 où il lui avait manqué 58 paraphes.

NDA brandit un chèque géant de 140 milliards pour protester contre le mécanisme européen de stabilité

En étant officiellement candidat, il gagne le financement minimum, celui des petits candidats s’ils n’obtiennent pas 5 % des votes : le remboursement de 800 000 euros de frais de campagne. Son budget ne dépassera pas 1,2 million. Moins que la somme dépensée dans un seul grand meeting du président sortant : celui de Villepinte aurait coûté plus de 2 millions... Avec un peu plus de un million, NDA finance ses déplacements, a loué pour trois mois un QG, s’offre une dizaine de permanents. Une campagne de petit candidat, où il faut se battre pour exister.

NDA a l’habitude. Avant l’égalité de temps de parole des candidats, où chacun était censé apparaître en fonction de sa représentativité, il fait état de ce qu’il nomme « la stratégie de saturation de l’espace médiatique des grands candidats » : 368 heures d’antenne suries télévisions et les radios pour Hollande, 389 heures pour Sarkozy, du ter janvier au 19 mars ; 22 heures pour lui, soit 1,8 % du temps...

Alors pour être visible, le candidat de Debout la République a adopté la stratégie des coups médiatiques : Comme le 1er février, où il est allé à l’assaut du péage de Saint-Arnoult-en-Yvelines, en ouvrant les barrières pour laisser passer les automobilistes sans payer, pour protester contre l’augmentation des tarifs autoroutiers.

Il ne donnera pas de consigne de vote au second tour

Et trois semaines plus tard, lorsqu’il a brandi un chèque géant de 140 milliards d’euros, dans l’hémicycle, pour protester contre la ratification du Mécanisme européen de stabilité. Il n’est pas non plus en reste sur les petites phrases et ne ménage pas, comme à son habitude, le chef de l’État. « Il ne suffit pas d’enlever sa Rolex pour devenir le candidat du peuple », a-t-il taclé, la semaine dernière. Il s’énerve, encore, sur la médiatisation des dernières arrestations d’islamistes intégristes, à quelques jours du premier tour, qui surviennent après l’affaire Merah : « Cela fait des années que je réclame que l’on renvoie dans leur pays les fanatiques financés par des puissances étrangères à qui l’État français déroule le tapis rouge. » Et de rappeler que Sarkozy, en juillet 2006, alors ministre de l’Intérieur, se vantait d’avoir supprimé la double peine qui permettait d’expulser les étrangers délinquants.

Dupont-Aignan a déjà prévenu qu’il ne donnerait pas de consigne de vote au second tour. Il s’acharne à défendre son projet alternatif, national et démocrate . « Si la France continue à être sous la coupe des marchés financiers, dans un an nous sommes dans la situation de l’Espagne, et dans deux nous connaîtrons le sort de la Grèce, répète-t-il. On ne réglera rien sans sortir de l’euro. Alors seulement le pays retrouverait sa liberté monétaire qui lui permettrait d’emprunter à taux zéro à la banque de France, seule solution crédible pour régler la dette et favoriser l’investissement productif à venir. Exactement comme de Gaulle l’avait fait en 1958.

Il lui reste dix jours pour promouvoir cet autre choix, auquel il espère rallier une partie de l’électorat de la majorité. Plutôt que de « laisser la gauche immigrationniste remplacer la fausse droite du fric et de l’esbroufe. »

Valeurs actuelles 12 avril 2012

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