La République du lynchage : mieux vaut une monarchie.

Vendredi 14 août 2015 // La France

Éric Woerth a été relaxé après cinq ans de harcèlement médiatique organisé par des juges et des journalistes sans éthique. Qui ne seront jamais sanctionnés.

II y cinq ans, démarrait l’affaire Bettencourt, qui allait affecter deux hommes politiques. Le premier, c’est Nicolas Sarkozy, mis en examen et donc cloué au pilori médiatique, avant que cette accusation soit mise en pièces. Le second, c’est Éric Woerth, qui a toujours clamé son innocence. Ce qui n’a pas empêché un grand nombre de médias, d’hommes et de femmes politiques et de commentateurs de tout poil de le considérer, ainsi que sa femme comme des coupables, voire des malfaiteurs en bande organisée. Souvenons-nous. Le 18juin2010, Edwy Plenel, patron de Mediapart et grand donneur de leçons de morale devant l’Éternel, expliquait : « L’affaire Bettencourt est désormais une affaire d’État. [...] la situation politique de l’actuel ministre du Travail est intenable », avant de conclure : « Il faut être en France, dans une démocratie bien mal en point, pour devoir rappeler[...] la démission du ministre concerné. » Quelques jours plus tard, dans Libération, Laurent Joffrin dénonçait « la choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent et la droite française ».

Et par pudeur, nous tairons la campagne de presse menée pendant cinq ans par Gérard Davet et Fabrice Lhomme, qui n’ont cessé de faire d’Éric Woerth un coupable ; il a un peu plus de vingt ans, en rendant hommage à Pierre Bérégovoy, François Mitterrand avait déclaré :

« Toutes les explications du monde ne justifieront pas qu’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme et finalement sa vie, au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre démocratie. » C’est pourtant à ce manquement à la présomption d’innocence que se sont livrées tant de personnalités de gauche, comme Ségolène Royal, Arnaud Montebourg ou Martine Aubry en essayant de pousser à bout Éric Woerth. Sans compter des journalistes peu regardants sur la conception de leur profession. L’ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy aurait très bien pu connaître le même sort que Pierre Bérégovoy s’il n’avait été soutenu par sa famille et par ce ténor du barreau qu’est Jean-Yves Le Borgne.

Le pire, c’est que toutes ces personnes, journalistes, polémistes ou hommes et femmes politiques, qui ont traîné Éric Woerth dans la boue pendant cinq ans n’ont pas fait le moindre acte de contrition après que le même homme eut été relaxé par la justice, la semaine passée. Alors qu’il est le seul des prévenus de l’affaire Bettencourt à avoir été reconnu innocent de toutes les accusations qu’on lui a fait porter. La France est donc devenue un pays où l’on peut calomnier, salir et détruire une personne, sans avoir le moindre compte à rendre, sans avoir du mal à dormir, sans être gêné de se regarder chaque matin dans la glace. Rien n’a donc changé depuis l’affaire Bérégovoy ou depuis l’affaire Baudis. Et cela explique que les deux institutions dans lesquelles les Français ont le moins confiance sont la justice et la presse.

Si Nicolas Sarkozy a tenu à rendre hommage à Eric Woerth, samedi dernier, lors du congrès fondateur des Républicains, c’est bien sûr pour souligner son courage et son honnêteté. Mais c’est aussi pour pointer du doigt cette société où des Plenel, des Davet et Lhomme, des Joffrin et tant d’autres peuvent jeter aux chiens l’honneur d’un homme sans avoir jamais à s’excuser, sinon auprès de leur victime, du moins auprès de leurs lecteurs. C’est pour fustiger une France où les petits délinquants sont toujours mieux traités par les magistrats que des hommes politiques parce qu’ils sont de droite. C’est pour dénoncer cette société qui permet à un juge de n’instruire qu’à charge dès lors qu’il a dans son bureau un ministre ou un patron.

Éric Woerth est aujourd’hui lavé de tout soupçon. Il devrait même retrouver de nouvelles fonctions déterminantes au sein de sa famille politique. Mais la machine à lyncher des hommes et des femmes va continuer de tourner. Avec l’ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, qui s’est illustrée pour son "mur des cons", nommée responsable de la formation des futurs juges. Avec une garde des Sceaux qui intervient selon son bon vouloir dans les affaires qui pourraient gêner l’Élysée ou le Parti socialiste. Avec enfin un directeur des affaires criminelles et des grâces, camarade de régiment du chef de l’État, dont les services veillent à ce que certaines "boîtes aux lettres" restent bien informées des procédures affectant telle ou telle personnalité de droite. Saluons donc le retour dans l’arène d’Éric Woerth. Mais pleurons cette République où les droits les plus élémentaires d’un justiciable sont bafoués. Cette République que la gauche met en avant tout en la détruisant par petits bouts. Cette République dont la refondation est désormais l’enjeu majeur pour l’opposition.

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