La Monarchie est indispensable, sans elle nous nous déchirerions.

Par Cristina Lopez Schlichting

Mercredi 8 mai 2013 // L’Europe

La Razôn Madrid

Être républicain, c’est à la mode : les gens de gauche trouvent cela stimulant, ceux de droite y voient une position progressiste. La convergence de l’extrême gauche et de l’extrême droite sur cette question est curieuse. Quand on évoque la république, en Espagne, on ne parle pas d’institutions, mais d’idéologie.

Tout le problème est là. Ni la monarchie ni la république ne résolvent à elles seules les problèmes des peuples. Pas plus que le fédéralisme ou le centralisme, par exemple. Les Etats-Unis fonctionnent aussi bien comme république que la Grande-Bretagne comme royaume.

La France a été aussi grande avec la couronne qu’avec ses présidents. En revanche, la corruption des élites a toujours sévi en Russie, que ce soit sous les tsars, en URSS ou dans le système républicain actuel. Naturellement, on est en droit d’émettre l’hypothèse d’une IIIe République espagnole, mais l’associer à un progrès institutionnel ne facilite pas le débat. La monarchie est un anachronisme, nous dit-on, elle est antidémocratique !

La monarchie n’est ni moderne ni ancienne ; elle est utile ou non, suivant les circonstances sociopolitiques. Quant à la république, elle n’est ni de gauche ni de droite. Ce n’est pas non plus un projet laïciste, comme certains le prétendent. En définitive, il s’agit seulement de décider quelle forme d’État est le mieux adaptée pour chaque pays. Je pense pour ma part et chacun est libre de m’approuver ou de me contredire que nous autres, Espagnols, avons tendance aux luttes fratricides. Et j’estime que la monarchie a fait la preuve de son extraordinaire utilité pour pallier ce défaut et nous représenter tous avec beaucoup de dignité.

Quels que soient ses avantages, la république serait inadéquate sur ce point. Vous imaginez la tête d’un Espagnol de gauche qui se retrouverait avec Aznar comme président et Rajoy comme chef du gouvernement ? Je crois que la république aurait pour conséquence une multiplication des attaques mutuelles.

Certes, par les temps qui courent, le spectacle n’est pas édifiant, à cause d’Urdangarin, mais je crois que nous devons espérer, aller vers l’apaisement et l’équilibre, et nous rappeler que la monarchie fait partie des rares choses qui nous ont réussi. C’est le Roi qui nous a amené la démocratie, c’est lui aussi qui en 1981 nous a préservé d’une nouvelle dictature en parlant aux généraux Franquiste qui avaient pris les Cortes en otage.

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