Echo des blogs.

La Grèce à genoux ?

Par Jacques Blangy

Mercredi 17 juin 2015 // L’Europe

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Les grands médias voudraient bien que le gouvernement grec capitule sans conditions devant Berlin, Bruxelles et Francfort. Pourtant, rien n’est encore joué !

Le site Acrimed (1) indique les titres de la presse écrite qui, du Figaro et l’Obs, accablent Alexis Tsipras, « cauchemar de l’Europe », qui « déstabilise l’économie grecque » et déclenche la colère de l’Espagne et du Portugal » mais qui est « contraint de céder » car il est « aux abois à Bruxelles » et s’est fait recadrer par Merkel et Hollande avant de commettre « l’irréparable » aller « chercher de l’argent à Moscou » ce qui en fait « l’otage consentant » et « l’idiot utile » de Poutine !

Face aux médias qui commentent triomphalement la mise à l’écart de Yanis Varoufakis dans les négociations avec l’Eurogroupe, Olivier Delorme (2) remet les choses au point le médiatique ministre des Finances a toujours été un « électron libre », plutôt conciliant face à Bruxelles. Celui qui le remplace, Euclide Tsakalotos, n’a rien d’un capitulard.

Ce marxiste, précise Olivier Delorme, a « contrairement à Varoufakis, été élu au Comité central, et avec un total de voix qui le place en deuxième position derrière Tsipras. C’est donc un des piliers du parti et l’une des chevilles ouvrières de l’élaboration de son programme économique. Lors du congrès de 2014, il a été un des signataires de la « motion des 53 » qui se plaçait nettement à gauche du bloc majoritaire de la motion Tsipras, insistant sur le maintien d’une ligne de gauche radicale et sur le rejet de la tentation d’un discours plus modéré sensé attirer un électorat de centre-gauche. [Et], si Tsakalotos n ’est pas un partisan de la sortie de l’euro, il l’est d’une ligne de rupture avec l’austérité et considéré le défaut sur la dette comme une option sérieuse et ses dernières déclarations confirment cette option. »

Sur le site de La Tribune, Romaric Godin (3) commente longuement les projets législatifs du gouvernement, les pressions de la presse allemande qui poursuit son offensive contre Tsipras avant d’expliquer que les créanciers de la Grèce continuent de jouer la politique du pire. De son côté, « Athènes table toujours sur le recul des Européens devant le risque d’accident Et du côté européen, on doit penser que les Grecs ont la même crainte. » N’oublions pas, conclut Romaric Godin, « que l’essentiel du blocage n’est pas financier ou économique, il est politique. Et que, de ce fait, toute solution semble une défaite à l’une ou l’autre partie. Ce qui rend aujourd’hui la conclusion d’un accord très difficile politiquement, pour les deux parties. C’est dire si l’optimisme de façade du gouvernement grec sur un possible accord dans les jours à venir ne doit pas être pris au pied de la lettre. »

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