La FRANCOPHONIE pousse à la culture.

Lundi 5 mars 2012 // Le Monde

Drapeau de FranceDans un peu plus d’un trimestre, en juin, une réunion internationale se déroulera à Rio, vingt ans après celle qui s’était tenue dans la métropole brésilienne et dix après celle de Johannesburg, afin d’examiner la situation en matière de développement durable. C’est pour la préparer que la communauté francophone s’est retrouvée à Lyon les 8 et 9 février. Il s’agissait d’une occasion pour l’Organisation internationale de la francophonie de rappeler son rôle et sa spécificité au nom des 56 Etats qui en font partie et des 19 qui y disposent du statut d’observateur. Représentant tous les continents et rassemblant des pays très avancés comme d’autres en développement, l’OiF éprouve évidemment quelque mal à obtenir l’accord de tous les participants comme pour le projet français de créer une Organisation mondiale de l’environnement rattachée à l’ONu, dont le Canada ne veut pas mais arrive à développer quelques idées-forces susceptibles de retenir l’attention.

Passons sur le fait que Jean-Pierre Raffarin, « représentant personnel du Président de la République », est parti immédiatement après ses quelques minutes d’intervention en ouverture, suscitant soit l’ironie soit la colère. En revanche ; Brice Lalonde, envoyé par le secrétaire général de l’ONU en tant que coordonnateur exécutif de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, a défendu avec, affabilité « ce seul pays qu’est la terre ». Il pense également qu’un Conseil du développement durable pourrait réunir non seulement des Etats, mais aussi d’autres acteurs comme les villes, les associations ou les entreprises pour mieux prendre en compte la triple exigence sociale, économique et écologique.

Quant au secrétaire général de la francophonie Abdou Diouf grand lettré qui, dans la tradition de Senghor, n’hésite pas à se servir de citations latines , il estime que, si les modèles de développement actuels ne sont plus tenables, les pays les moins avancés doivent aussi pouvoir connaître un réel niveau de bien-être. Cela correspond au souhait constamment affiché par l’Oif de lier la gestion durable des ressources naturelles à la lutte contre la pauvreté.

On rejoint ici une préoccupation constante de la francophonie, qui consiste à s’appuyer sur la culture. Non seulement parce que celle-ci garantit la diversité de l’humanité mais aussi parce qu’elle doit constituer un pilier du développement durable. L’ancien président sénégalais ne manque d’ailleurs pas une occasion de le rappeler à l’ONu et on sent bien que les Etats francophones le soutiennent dans cette approche.

A ce point de vue, la rencontre de Lyon où l’Afrique était notamment représentée par deux de ses présidents, l’inoxydable Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazza et le prudent mais tenace Mahmadou Issoufou du Niger, formé à Saint-Etienne devrait permettre d’avancer dans la mise au point de réponses pratiques à ces questions du développement durable.

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