LES AUTO ENTREPRENEURS de LA TERREUR

Jeudi 20 août 2015 // Le Monde

www.innovation-democratique.org

La France, la Tunisie, le Koweït, victimes le même jour de la terreur islamiste. il a un lien entre ces événements : cette vague d’attentats s’inscrit dans ce que l’État islamique (Ei) appelait « le mois de célébration », le premier anniversaire du califat islamique. Un message audio enjoignait les musulmans à « tuer les infidèles, les mécréants, les sales Français ». Pour les salafistes, le ramadan n’est pas un moment de concorde et de partage mais, au contraire, le moment du passage à l’acte contre les impies.

Au Koweït, c’est une mosquée chiite qui a été attaquée : 27 morts, plus de 200 blessés. L’Ei sunnite refuse le pluralisme de l’islam. Le Koweït est une monarchie libérale : des élections y sont organisées, des femmes participent au gouvernement, peuvent conduire et travailler. La Tunisie est depuis Bourguiba le pays le plus démocratique du Maghreb. Le seul à avoir réussi sa révolution après le départ de Ben Ah. Inacceptable pour les islamistes de l’Ei. Leur arme suprême : viser les touristes pour les faire fuir et priver le pays de la manne indispensable pour conforter le régime. Après l’attentat du Bardo (22 morts), la saison était déjà mal engagée. Avec le massacre de Sousse (38 morts), elle est perdue. Comme est périmé le slogan "Tunisie, moi, j’y vais".

La thèse du loup solitaire ne tient plus. Les frères Kouachi, Amedy Coulibaly nous ont dessillé les yeux.

En Tunisie, les auteurs ont le même profil : des étudiants sans histoire qui agiraient en solitaire. En réalité, ils sont manipulés par Internet et des officiers traitants qui leur fournissent des armes et de l’argent. En France, Yassin Salhi était lui aussi un exécutant de l’État islamique. La décapitation est sa marque de fabrique, la sauvagerie son ADN. Les dernières vidéos diffusées pour inviter les plus radicaux à passer à l’acte sont encore plus insoutenables. Quelles étaient les motivations du tueur ? Un conflit avec son patron, plaide-t-il. En réalité, il était l’instrument d’une stratégie élaborée pour créer un climat de terreur en France.

La thèse du loup solitaire avancée lors de l’affaire Merah ne tient plus. Les frères Kouachi, Amedy Coulibaly nous ont dessillé les yeux. Ils étaient de sinistres exécutants mais aussi des auto-entrepreneurs de la terreur, c’est bien ce qui complique les choses. Au moins 3000 suspects sont fichés en France. Yassin Salhi était repéré comme salafiste depuis 2006. On ne peut pas mettre un policier derrière chacun, 24 heures sur 24.

Notre pays est ciblé parce qu’il intervient au Mali, en Irak. Et il faut nommer les choses : le mal s’appelle le salafisme. Il y a 90 mosquées salafistes en France. Comment tolérer que l’on continue d’y prêcher le djihad ? Comment les mettre hors d’état-de nuire ? Le terrorisme islamiste est la menace intérieure numéro un et l’on sait très bien que ça ne fait que commencer.

PAS D’AMALGAMES !

Pas d’amalgames, ne jouons pas sur les peurs ! Voilà M. Cambadélis reparti dans ses mantras védiques au lendemain de la première décapitation sur la terre de France et d’un attentat contre une usine de gaz.

La gauche n’aura cessé d’instrumentaliser la peur d’un fascisme imaginaire mais croit pouvoir donner des leçons de maintien. Elle est la seule à parler obsessionnellement d’amalgames entre musulmans pacifiques et islamiques radicaux.

Le nouvel attentat sonne le glas de la France de Oui-Oui et de l’esprit Charlie. Finies les grand-messes compassionnelles et narcissiques. Les marches blanches forcément silencieuses. La repentance obligatoire contre un "apartheid social et ethnique" fantasmatique. Le consensus mou destiné à étouffer la colère des gens.

Après tout, pourquoi ne seraient-ils pas en colère, les gens ? Pourquoi n’auraient-ils pas le droit de détester la haine et de donner son nom ? On les assassine, on les envahit tout en les injuriant, on arrache leurs racines, on piétine leurs frontières, des potentats armant le bras des assassins achètent médias et politiques, on veut les remplacer jusque dans leurs lieux de culte, on les désinforme, on les bâillonne, et on voudrait qu’ils disent merci, bravo et encore.

Ils ont compris, les gens, que ceux qui leur donnent les leçons d’après décapitation ont perdu depuis longtemps la tête et qu’ils ont fait de leur pays une dangereuse usine à gaz.

Répondre à cet article