L’insupportable trahison des Clercs.

Jeudi 9 avril 2015 // La Religion

Notre démocratie, baignée d’angélisme et gangrenée par des élites qui préfèrent le multiculturalisme à la nation, a bien du mal à s’adapter à cette guerre de religion.

Le 10 mars, le groupe État islamique a diffusé une nouvelle vidéo macabre. On y voit un garçon âgé d’une douzaine d’années, vêtu d’une longue tunique, qui abat, d’une balle dans le front, un Arabe israélien, soupçonné d’être un espion du Mossad. Puis il tire plusieurs balles sur son cadavre en criant « Allah Akbar ». À ses côtés, un djihadiste s’exprimant en français évoque la récente attaque ayant visé des juifs en France et menace de s’en prendre aux Israéliens.

Selon certains experts des mouvances islamistes, le djihadiste de Dae’ch n’est autre que Sabri Essid, le demi-frère de Mohamed Merah, qui a abattu, en mars 2012, sept militaires et juifs, à Toulouse et à Montauban. C’est lui qui avait organisé l’enterrement du tueur après qu’il avait été mis hors d’état de nuire par le Raid. Sabri Essid était une figure du milieu salafiste radical toulousain. Il a rejoint la Syrie, sans difficulté, avec son frère, sa femme et leurs quatre jeunes enfants. Nos services de renseignements, qui avaient pourtant de bonnes raisons de le surveiller, n’étaient pas au courant de cette fuite. C’est sa belle-mère qui a signalé leur disparition à la police.

Mais le pire dans ce nouvel acte meurtrier du groupe État islamique, c’est que la vidéo diffusée montre l’exécution du présumé espion du Mossad par un gamin. Comme elle a très vite circulé sur les réseaux sociaux, cet enfant de 12 ans a été reconnu par ses anciens camarades de classe du collège Vauquelin à Toulouse, selon les informations de la Dépêche du Midi. Si bien qu’une enquête a été immédiatement ouverte en France pour assassinat. Cette affaire dramatique pose plusieurs questions encore sans réponse. Comment un enfant éduqué au sein d’une école de la République a-t-il pu devenir un assassin sans passer par la case prison, à la différence des auteurs des attentats de début janvier à Paris ? Comment ce mineur a-t-il pu quitter son collège de Toulouse pour devenir un héros sanguinaire de Dae’ch ? Comment les représentants de l’État ont-ils pu rester silencieux devant ce drame qui témoigne de l’échec de l’éducation, de l’assimilation et du renseignement ?

Au-delà du discours martial prononcé, le 13 janvier dernier, à l’Assemblée nationale par Manuel Valls avec ces mots : « À une situation exceptionnelle doivent répondre des mesures exceptionnelles », notre démocratie baignée d’angélisme et gangrenée par des clercs qui ont perdu les repères démocratique, a bien du mal à s’adapter à cette situation de guerre. Le Syndicat de la magistrature, connu pour son scandaleux "mur des cons" et sa pratique de la justice politique, a même décidé, la semaine dernière, d’attaquer devant le Conseil d’État le décret du 14 janvier fixant des interdictions de sortie du territoire pour les candidats au djihad. Au nom de la liberté de circulation ! On croit rêver ou plutôt sombrer dans un cauchemar qui en dit long sur la désagrégation morale de ceux-là même qui doivent veiller sur l’ordre démocratique.

Comme ces magistrats, un grand nombre de professeurs sont montés au créneau, il y aune semaine, pour demander l’autorisation du port du voile dans les universités. Il serait peut-être temps que les politiques aient enfin un discours clair sur ce sujet. Le voile musulman n’a rien à voir ni avec le fichu de nos grands-mères ni avec le voile des religieuses. Les premières n’imaginaient pas de sortir "en cheveux". Quant aux secondes, elles ont consacré leur vie à Dieu. Les jeunes filles qui vont à l’université coiffées d’un voile le font pour revendiquer une identité. Elles le font par soumission aux règles des cités où elles résident et aux lois des "grands frères" qui y sèment la terreur. Ce n’est pas seulement un refus d’intégration, c’est une forme de racisme antifrançais.

Et toutes proportions gardées, il n’y a pas de différence entre ce gamin de 12 ans qui part de son collège à Toulouse pour mener des exécutions de sang- froid et ces jeunes filles qui revendiquent le port du voile à l’université, avec l’encouragement de professeurs aveuglés par le démon du multiculturalisme.

Le politologue Alain Duhamel explique la montée du Front national par l’incroyable fossé qui s’est creusé entre l’élite de la nation, ceux que julien Benda décrivait comme les « clercs » de la République, et le pays réel, qu’il appelle les « masses ». Celles-ci ont très bien compris que sans un sursaut républicain, le pays finirait par se déliter et devenir une proie pour l’islamisation. Elles l’ont d’autant mieux compris que ni à gauche ni à droite, il n’y a de réponse à cette situation absurde. Comme si chacun trouvait normal qu’il y ait bientôt 10 000 djihadistes européens, dont de nombreux français, qui iront répandre hors de France l’horreur qu’ils ont semée à Paris au début de janvier.

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