L’idéologie au pouvoir.

Mardi 5 novembre 2013 // La France

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François Hollande à Florange, le 26 septembre. Encore une promesse pour pallier les promesses non tenues. La conscience politique des Français peut-elle arriver à maturité ? C’est toute la question. Des politiciens qui vivent de la République ont tout intérêt à les maintenir dans cet état d’infantilisme qui les empêche de porter sur la politique le regard franc et direct qui s’impose aujourd’hui.

PAR HILAIRE DE CRÉMIEZ

La popularité de François Hollande est au plus bas. Les politologues se penchent gravement sur le cas. Mais il n’est pas besoin d’être grand chef pour en saisir les raisons. Cet homme n’est pas à sa place ; mais alors pas du tout ! aucune épaisseur historique, aucune sincérité psychologique, aucune hauteur de vue, aucune droiture de vie, aucun jugement de fond, le TYPE même du politicien tel que la Ridicule sur la scène intérieure, ridicule encore sur la scène extérieure. François Hollande à la télévision ou à l’ONU est une « blague » vivante.

La république française l’a toujours façonné et sa médiocrité est à l’image du système dont il vit. Il a réussi ses concours, dit-on ; oui, en débitant des ritournelles idéologiques qui servent de principes au système. Il a gagné les élections, ajoute-t-on ; oui, mais en utilisant avec ruse toutes les ressources d’un système qui tourne en rond sur lui-même. Sérieusement, ce n’est pas pour ça qu’il est le meilleur. C’est une très fausse idée que le régime actuel impose, selon laquelle le candidat qui gagne, a pour lui, avec le pouvoir qu’il acquiert, l’intelligence, la sagesse, la perspicacité, le courage que ce même pouvoir requiert. L’illusion des Français sur ce point est totale. D’où leur déception récurrente.

OÙ EST L’INTÉRÊT NATIONAL ?

L’Allemagne ne connaît pas cette incohérence. Angela Merckel est chancelière pour un troisième mandat : elle s’inscrit dans une politique allemande continue qui, au-delà de son prédécesseur Schrôder, se relie naturellement à celle d’un Kohl et d’un Adenauer. Ce qui prime dans la pensée et dans l’action de ces hommes d’État allemands, c’est l’intérêt de l’Allemagne, celle d’après-guerre qui a réussi son redressement, sa réunification et qui place maintenant son économie au centre de l’Europe, comme seul moteur possible de cette Europe qu’elle ne conçoit plus qu’à l’allemande.

En Angleterre, il en est de même, en dépit d’une classe politique presque aussi détestable que la nôtre : l’intérêt anglais, fût-il des plus vulgaires, prime sur toute autre considération, même au milieu des querelles doctrinales les plus violentes, ce qui réduit à néant toutes les vaines tentatives de la France de ramener l’Angleterre à ses conceptions. L’Angleterre sortira de la crise, sans nous en demander la permission, tout comme l’Allemagne.

Les mêmes considérations peuvent se développer à propos des États-Unis dont les institutions ne fonctionnent jamais que dans et pour l’intérêt de leur économie, de leur dollar, de leur conception politique, qui forment un tout, sans aucun souci des répercussions de leurs décisions, en particulier monétaires, sur les autres économies, mais avec la certitude absolue que la seule règle d’or pour eux ne peut et ne doit être que le salut et la prospérité de « leur » Amérique, condition première de la prospérité et du salut du monde.

Pourquoi donc la France s’enfonce-t-elle dans son .déclin ? Question d’hommes, pense-t’on ? L’équipe au pouvoir ne serait qu’un ramassis d’incompétents, d’idéologues, de pervers. Et, certes, l’équipe en place n’est pas brillante et il n’est pas de jour où des propos présidentiels ou ministériels n’ajoutent au ridicule de leur situation déjà amplement dérisoire. Ridicule sur la scène intérieure, ridicule encore sur la scène extérieure. François Hollande à la télévision ou à l’Onu est une « blague » vivante. La France en pâtit ; et la cote du président aussi !

SORTIR D’UN SYSTÈME PERVERS

Mais l’erreur serait de croire que c’est cette clique qui seule est mauvaise et que là résiderait la cause de tous nos maux. C’est évidemment ce que veulent faire croire les opposants, ceux qui prétendent prendre ou reprendre la place, le pouvoir, ce pouvoir toujours à conquérir, la maladie française par excellence, pire que chez tous les autres peuples civilisés, et qui donne à notre monde politique français ces moeurs de tribus primitives en luttes intestines perpétuelles. La vraie question qu’il serait judicieux de se poser, serait plutôt la suivante : que peut valoir un système politique qui permet l’accession au gouvernement de tels hurluberlus aussi peu en adéquation avec une conception de la France digne de ce nom ? Imaginez que ces énarques qui nous gouvernent, si fiers d’appartenir à la promotion Voltaire, ne savent même pas que l’écrivain le plus antisémite de tous les temps répond à ce nom de Voltaire dont ils se réclament, et que le philosophe le plus méprisant pour le peuple qui ait jamais existé sur cette terre, s’appelle aussi Voltaire dont ils se glorifient d’être les disciples ! S’ils en avaient au moins le style ! Mais même pas ! Leur discours de patauds sont aussi aériens qu’un traité d’économie socialiste.

Comment la France peut-elle avoir des zozos pareils pour la diriger ? Vraie et seule question, doublée d’une autre qui lui est semblable : avec un tel système, une équipe gouvernementale qui oserait se qualifier de meilleure - ce qui, certes, n’est pas difficile - arriverait-elle à renverser le cours des choses ? Voilà le point crucial et l’expérience est déjà faite, archi-faite. Rien n’a changé depuis des décennies dans tous les domaines. Car c’est le système politique qui en France est idéologique et pervers dans son idéologie ; personne n’y échappe, ni les Fillon, ni les Copé, ni les Marine Le Pen, ni aucun des autres. Un « bon », un supposé « bon », peut-il faire le bien dans un tel cadre ? Et peut-il même envisager de parvenir au pouvoir sans donner un gage audit système.

Et pire : le « bon » ou « supposé bon » ne devient-il pas mauvais par le jeu même du système ? Aucune bonne réforme n’a jamais abouti ; le savent bien les rares ministres qui s’y sont essayés ! En revanche, les mauvaises passent comme lettre à la poste. À l’Éducation nationale où tout recommence avec des questionnaires aussi coûteux qu’inutiles, des théories aberrantes qui sont imposées, en dépit du bon sens ; en finances publiques où la taxation et la dette sont la seule règle des gouvernants qui bâtissent leurs projets sur les revenus et les patrimoines de leurs concitoyens ; en défense nationale où les budgets sont réduits au moment précis où le danger apparaît ; en matière de justice où la victime devient le coupable, le gendarme et le policier les bandits à poursuivre et où les magistrats sont sans cesse soumis aux outrages d’idéologues sans foi ni loi ; en matière de moeurs où il est évident que tout était réglé d’avance selon l’accord fondamental qui a déterminé la candidature et le succès d’Hollande jusqu’au denier remaniement du comité d’éthique pour permettre le passage de toutes les lois dites sociétales.

Comment oser parler d’écologie après de tels traficotages ? Leur prétendue loi de transparence politicienne et d’interdiction du cumul des mandats aboutira concrètement à une mainmise des partis politiques encore renforcée sur la représentation, avec partout des stipendiés aux ordres, sans que la corruption ne cesse pour autant, au contraire, comme il est archi-démontré.

Ce système est tellement outrageant pour le peuple français qu’il exprimera son rejet profond aux prochaines élections municipales et européennes. Ceux qui vivent du système en ont peur mais ils savent aussi que leur système a été jusqu’ici toujours assez fort pour surmonter de telles crises... Jusqu’au jour où, tout à coup, ce seront les institutions mêmes du dit système qui s’effondreront. C’est dès aujourd’hui ce qu’il faut prévoir. En travaillant à la seule et véritable relève.

Comment oser parler d’écologie après de tels traficotages ? Leur prétendue loi de transparence politicienne et d’interdiction du cumul des mandats aboutira concrètement à une mainmise des partis politiques...

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