L’environnement en berne.

Mardi 14 août 2012 // Le Monde

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Drapeau de FranceEtrange situation que celle de l’environnement. Quand Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République en 2007, son premier geste politique d’importance a été le lancement du Grenelle de l’environnement. Bien que signataire du Pacte écologique de Nicolas Hulot, on ne l’attendait pourtant pas sur cette thématique. En dépit d’un déroulement parfois chaotique avec l’abandon de la taxe carbone et la déclaration malheureuse du Président au Salon de l’Agriculture, la formidable mobilisation des acteurs de l’Etat, des collectivités et de la société civile aura marqué une incontestable avancée pour la protection de l’environnement avec la publication des lois Grenelle 1 et 2 et la concentration des moyens pour parvenir à une société décarbonée et plus économe en énergie.

Cinq ans plus tard, la campagne pour les élections présidentielles a réduit l’environnement à la portion congrue, tant la question de la crise financière avec ses répercussions sur l’emploi ont accaparé l’attention. Le nouveau Président, François Hollande, a beau avoir inscrit dans son programme la nécessité de la transition énergétique et environnementale, celle-ci ne figure pas parmi les priorités annoncées par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans son discours de politique générale prononcée devant l’Assemblée nationale. La seule actualité environnementale aura finalement été le départ de Nicole Bricq du ministère de l’Ecologie ; du Développement durable et de l’Energie, passé presque inaperçu sur le coup, et dont il s’est avéré par la suite qu’il était la conséquence de la décision de la ministre de suspendre les autorisations de forage pétrolier au large de la Guyane dans l’attente d’une évaluation de leur incidence sur l’environnement. Il y a peu de temps encore, les Verts auraient crié au scandale mais aujourd’hui, tout occupés à compter leurs portefeuilles ministériels et leur nombre de sièges au Parlement, aucune remarque n’est sortie de leurs rangs. Il est vrai que ce ministère n’a pas été attribué à l’un des leurs et qu’il n’occupe pas, dans la hiérarchie gouvernementale, la place qui était la sienne dans la précédente mandature.

Il faut dire aussi que le niveau international ne donne guère le la en la matière. La Conférence Rio + 20, organisée vingt ans après le Sommet de la Terre, s’est finalement achevée par un compromis a minima mis au point par le Brésil, pays hôte. La déclaration finale commence certes par un engagement à renouveler l’engagement envers le développement durable et prône une « économie verte », modèle de développement moins destructeur de la planète, mais cst pour souligner un peu plus loin que les politiques pour y parvenir ne doivent pas « imposer de règles rigides » et « respecter la souveraineté nationale de chaque pays », sans constituer « une restriction déguisée au commerce international ». Quant au financement de la transition vers cette économie verte, il est resté en suspens, aucun pays ne s’en sentant réellement les moyens en ces temps de crise et préférant s’en remettre à des « financements innovants », sans pour autant les détailler.

C’est donc un peu le retour à la case départ : pourtant, les spécialistes estiment que si aucun changement significatif dans le modèle économique n’est adopté d’ici 2050, le échauffement de la planète sera inéluctable avec toutes les conséquences catastrophiques qui en découleront.

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