Afrique Education

L’élection présidentielle approche au MALI.

Mercredi 22 mai 2013 // L’Afrique

On a rarement vu François Hollande insister, autant, sur une chose. Lui qui s’affiche, d’habitude, comme l’Anti-Sarkozy : là où son prédécesseur imposait sa vision, son point de vue à ses homologues africains (à la rare exception du patriarche Omar Bongo Ondimba), l’actuel chef de l’Etat français leur laisse l’entière initiative, n’intervenant qu’à leur demande et, en dernier ressort. Conséquence, les questions de « Biens mal acquis », de mauvaise gouvernance et de démocratie pour lesquelles François Hollande se veut intraitable mises de côté, les relations entre Paris et les capitales francophones d’Afrique, sont au beau fixe. De leur côté, les intellectuels trouvent son action, en Afrique, globalement positive. Pourtant, sur l’élection présidentielle au Mali, le chef de l’exécutif français se montre plus que pressant. Depuis plus de deux mois, il demande à son homologue malien, le professeur Dioncounda Traoré, de tout faire pour organiser l’élection présidentielle en juillet prochain.

Dans l’euphorie de la victoire militaire de la France venue au secours de l’armée malienne, contre les djihadistes d’Al Qaïda, d’Ansar Dine et du Mujao, les autorités de Bamako avaient avalisé le calendrier proposé par leur sauveur français, en allant même jusqu’à annoncer la tenue du premier tour, le 7 juillet 2013.

Seulement, aujourd’hui, le gouvernement malien n’est plus très sûr de pouvoir respecter ce délai. Pour faire admettre le principe d’un report sans trop irriter Paris, il a envoyé une mission secrète, en France, afin de négocier un nouveau calendrier électoral où l’organisation de la présidentielle aurait lieu dans deux ou trois mois. Ce recul est inopportun pour au moins deux raisons.

Premièrement, la France subit à peu près toute seule, l’essentiel du poids financier de cette lourde intervention militaire. Les financements occidentaux ayant été promis à Bamako seulement après la tenue de l’élection présidentielle, le Mali reste dans une situation difficile où son seul interlocuteur qui puisse le comprendre et lui venir en aide, est la France. Mais au moment où les caisses de l’Etat français sont vides, François Hollande se satisferait sans doute d’une élection correcte qui permettrait à un chef d’Etat pas trop contesté, d’entamer la reconstruction du pays, avec le soutien de la communauté financière internationale, au lieu d’attendre un hypothétique accord préalable de la classe politique malienne, qui mettrait plusieurs longs mois à se dessiner. On le sait, le paysage politique malien déborde de très beaux parleurs qui peuvent faire tourner en rond les débats, pendant plusieurs mois, sans aboutir à un résultat concret accepté par tous. C’est inacceptable quand c’est un autre pays, en l’occurrence, la France, qui paie la note.

Il faut donc que Bamako respecte son engagement de juillet 2013. Deuxièmement, on ne sait pas ce qui pousse, objectivement, les dirigeants maliens à vouloir reporter la présidentielle. Le pays entier a été libéré y compris Kidal bientôt. Etant donné que les dirigeants actuels de la transition ont été exclus de la compétition, les candidats à cette élection partiront avec une chance à peu près égale. On pourrait, par conséquent, assister à un scrutin mieux organisé et plus crédible que d’autres élections tenues, ailleurs, sur le continent africain.

Il y a donc lieu de ne pas s’alarmer sur la situation qui prévaut au Mali. Elle permet et autorise l’organisation d’une élection présidentielle sur l’ensemble du territoire. En juillet L’intervention française au Mali est historique et restera gravée en très bonne place dans les annales des relations franco-africaines comme l’opération qui aura permis un début de réhabilitation de la France en Afrique, après la très piteuse image laissée par les deux derniers présidents de droite : Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

En effet, un an après son arrivée à l’Elysée, François Hollande, jusque-là, fait du sans-faute dans sa politique africaine. Du Mali en République centrafricaine, il n’y a vraiment rien à signaler de véritablement préoccupant. On pourrait même dire que tout va bien. Pourvu que ça dure !

« Les élections doivent se tenir sur tout le territoire malien, j’insiste bien, sur tout le territoire malien, à la fin du mois de juillet. Aucune fraction du Mali ne doit être privée de la possibilité d’organiser le scrutin. A Kidal (dans le Nord-Est du pays) comme le reste des villes maliennes. Nous devons faire en sorte que l’administration malienne civile puisse être installée partout pour l’organisation de ces élections. Et la France, à travers sa présence militaire, et d’autres armées, y contribueront », a déclaré le président français, à l’issue de l’entretien qu’il a eu avec son homologue du Niger, Ingénieur Mahamadou Issoufou, vendredi 10 mai, une date mythique pour la gauche française qui, après un quart de siècle d’opposition, installait, en 1981, François Mitterrand à la tête de l’Etat.

En bon voisin du Mali qui connait, aussi, le problème du terrorisme, du narco-terrorisme et du djihadisme, et dont les troupes sont également positionnées au Nord-Mali, le Niger soutient, également, que la fin du mois de juillet est la bonne date, pour organiser l’élection présidentielle. La France n’est donc plus le seul pays à faire pression pour la tenue de la présidentielle au Mali. Le Niger va dans le même sens. Un voisin immédiat dont les problèmes sont étroitement liés à ceux rencontrés au Nord-Mali.

Répondre à cet article