L’apocalypse des Français de confession Juive.

Vendredi 24 août 2012 // L’Histoire

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Drapeau de FranceJe veux démontrer que la République Française est responsable de crimes infâmes. Son vouloir de coloniser des Nations « de par le monde » ont fait des millions de victimes. Sa lâcheté à permis à Hitler de commettre la plus ignoble des guerres. Elle est responsable, en grande partie, du génocide du peuple Juif. Si les valeurs de la Démocratie excellent par le respect qu’elles ont envers les citoyens, l’institution républicaine en France n’est qu’une déferlante de mensonges et d’hypocrisie.

En écrivant ces quelques pages je vais prouver qu’en mille ans de Monarchie, la France a été plus respectable et respectée, que durant deux siècles de République. Ce régime,a été, entre coupée de 5 Mariannes, de deux Dictatures et d’un régime vendu à l’ennemie.

Première partie : Le massacre des Juifs.

Né en 1927 à Paris, Henri est le quatrième d’une famille nombreuse et modeste, d’origine juive russe. Quand la guerre éclate, la famille est évacuée en Anjou. Henri vient d’avoir 15 ans lorsque, le 15 juillet 1942, des soldats allemands, accompagnés de la Gestapo, viennent l’arrêter. Après une semaine passée au grand séminaire d’Angers qui sert de camp d’internement, Henri est déporté vers Birkenau le 20 juillet 42, avec son père, son frère Bernard et sa sœur Denise.

A l’arrivée, Henri est affecté dans une baraque de jeunes et travaille à la " Maurerschule ", l’école de maçonnerie. Son père disparaît peu de temps après. En septembre 42, il rejoint le bloc 7 à Auschwitz, où il reste jusqu’en octobre 1943. Il se retrouve alors de nouveau à Birkenau, où il travaille dans différents Kommandos, à faire du terrassement, de la couverture, devenu déjà un « ancien ». A l’approche des Soviétiques, le camp est évacué, en train, vers les camps d’Oranienburg, de Sachsenhausen et finalement d’Ohrdruf, dépendant de Buchenwald, où Henri arrive en novembre 1944. Il reste 6 mois à travailler dans la cantine du camp SS. Devançant l’arrivée des Américains, Henri réussit avec un ami à s’enfuir du camp et à rejoindre la ville d’Ohrdruf, libérée le lendemain par le Américains. Conduit dans un camp à Eisenach, avec d’autres prisonniers, il est en est ensuite rapatrié en train avril 1945 Le jour même, il rentre à Paris, par la gare de l’Est et retrouve sa mère et ses petits frères et sœurs. Il est le seul des membres déportés de sa famille à revenir des camps. Après plusieurs mois en train avril 1945. Après plusieurs mois en convalescence, il commence ses études au niveau secondaire, rattrape toutes ses années de retard et devient médecin. Il est père de 4 filles et grand-père de 7 petits-enfants.

Henri Borlant a recueilli de nombreux témoignages d’autres déportés et lui-même beaucoup témoigné dans les lycées et collèges. Il est actuellement membre du conseil d’administration de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Né Marcel Jablonowicz à Paris en 1924, d’un père polonais arrivé à Paris en 1920 et d’une mère née à Paris de parents russes polonais, arrivés en France en 1895. Il est fils unique. Le père continue de travailler après l’entrée des Allemands dans Paris, mais la famille se déclare comme juive et porte l’étoile jaune.

En 1942, Marcel est au collège sainte Barbe quand son prof de philo, M. Bérault, le prévient du danger des rafles et lui conseille de quitter Paris. Marcel et son père passent clandestinement la ligne de démarcation à Dax, vont ensuite à Pau, Orthez et Toulouse et Annecy. A Lyon, ils retrouvent des membres de la famille et Marcel passe son bac de philosophie qu’il obtient. Fin août, Marcel et son père partent sur Nice, où sa mère les rejoint peu après. La famille mène alors, pendant un an, une vie relativement normale. Après la capitulation des Italiens en septembre 43 et l’invasion de leur zone par les Allemands, la famille décide de partir dans l’arrière-pays niçois. Mais la veille du départ, deux Allemands de la Gestapo les arrêtent dans leur appartement et les conduisent à l’Hôtel Excelsior. Le lendemain, 26 septembre 1943, ils embarquent à destination de Paris : à leur arrivée, des autobus de la Compagnie des transports parisiens les conduisent à Drancy. La famille y reste un mois jusqu’à sa déportation vers Birkenau le 28 octobre.

Né Marcel Jablonowicz à Paris en 1924, d’un père polonais arrivé à Paris en 1920 et d’une mère née à Paris de parents russes polonais, arrivés en France en 1895. Il est fils unique. Le père continue de travailler après l’entrée des Allemands dans Paris, mais la famille se déclare comme juive et porte l’étoile jaune.

A l’arrivée, Marcel et son père sont séparés de sa mère qui ne survivra pas. Peu après, ils quittent Birkenau pour un camp de travail dans la mine, Furstenminen. Un jour de janvier 44, Marcel ne retrouve plus son père au retour du travail. Il travaille encore à la mine jusqu’en mars 44, puis comme menuisier dans un camp en construction, Gunthergrubbe. Début janvier 45, le camp est évacué à pied vers Gleivitz puis Ribnik. Alors que les survivants marchent en colonnes, les droits communs, armés par les Allemands, tirent sur les prisonniers. Marcel réussit à échapper à la fusillade et rejoint un petit groupe de rescapés, qui trouvent refuge dans la grange d’une ferme. C’est là qu’un soldat soviétique les trouve quelques jours plus tard. Avec un ami, Marcel est conduit à l’hôpital de Cracovie où il est soigné pour paralysie des membres inférieurs.

Pris en charge par une organisation américaine, Marcel effectue ensuite un périple en Europe centrale : il passe par Debrecen en Hongrie, puis Oradea en Roumanie, Cluj et Bucarest. Là, on lui délivre un certificat pour aller directement en Palestine s’il le souhaite.

Esther Schapiro est née Lichtig en 1918 en Pologne, dans une famille modeste. Elle a 9 ans quand elle arrive en France avec sa mère et ses 4 frères et sœurs, pour rejoindre son père installé à Paris quelques années plus tôt. Dès cette époque, Esther se fait appeler Hélène. Elle quitte l’école à l’âge de 14 ans et demi pour travailler avec son père. Avant la guerre, elle est, avec son frère Charles, championne d’Europe de danse de salon dans la catégorie amateur.

En 1942, sa sœur aînée est raflée près de Megève et déportée. Esther, sa sœur cadette et ses parents quittent alors Paris pour Donzenac en Corrèze où ils restent cachés jusqu’au début de mars 1944. À cette date, ils sont arrêtés, conduits au lycée de Brive-la-Gaillarde puis à la caserne de Périgueux et, de là, envoyés à Drancy. Peu après, ils sont déportés à Birkenau. Dès leur arrivée à Birkenau, sa mère est envoyée à la chambre à gaz. Esther et sa plus jeune sœur, Arlette, sont envoyées dans un commando chargé de la construction de routes. Esther attrape alors la scarlatine mais elle est sauvée par une camarade qui obtient des médicaments d’un médecin. Une fois rétablie et grâce à sa connaissance du yiddish, elle devient interprète du Meister. En décembre 1944, elle participe à la démolition des crématoires avant de prendre le dernier train qui part d’Auschwitz pour Bergen-Belsen, échappant ainsi à la marche de la mort.

Arrivée à Belsen, elle est victime du typhus et Arlette du « flectyphus » (scarlatine et typhus).

Le 15 avril 1945, les troupes britanniques et canadiennes libèrent Bergen-Belsen. Esther perd de vue Arlette qui meurt peu de temps après. Malade de la dysenterie, elle est soignée grâce à des prisonniers français, qui lui procurent du riz et du pain. Rapatriée, Esther arrive à Paris à la fin mai 1945. Elle retrouve son frère, fait prisonnier de guerre en 41 : ils sont les deux seuls survivants de la famille.

Prise en charge par l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants), elle passe plusieurs mois dans la Creuse. De retour à Paris, elle reprend l’affaire de son père, mais doit soigner de nombreux problèmes de santé. Elle se marie en 1947, date à laquelle elle obtient la nationalité française. Après avoir perdu un premier enfant, son premier fils naît en 1949. Le deuxième naît 3en 1954. Esther Schapiro est décédée le 29 février 2000.

Raphaël Esrail, est né en 1925 dans une famille modeste et nombreuse, établie à Lyon, mais d’origine juive turque. À partir de 11 ans, il fréquente les Eclaireurs israélites (EI) de France. De 1940 à 1942, il poursuit ses études à la faculté de Lyon pour préparer Centrale où il est reçu début 1943. Parallèlement, il structure, au sein des EI, un réseau de résistance. Il est spécialiste dans le « lavage « de faux-papiers et travaille avec l’Organisation juive de combat.

Le 18 janvier 1944, il est arrêté par la Gestapo et la Milice, sous le faux nom de Raoul Paul Cabanel. Il échappe à l’exécution sommaire en se déclarant comme juif. Torturé par la Gestapo, il est ensuite envoyé à la prison de Montluc avant d’être transféré à Drancy où il rencontre sa future épouse. Le 3 février 1944 il quitte Drancy pour Auschwitz.Dès son arrivée, Raphaël Esrail est affecté au bloc 11, le bloc disciplinaire d’Auschwitz où il reste pendant quinze jours en quarantaine avant d’être transféré au Kommando de l’Union (Union Werke) qui fabrique des ogives et des détonateurs d’obus. Il travaille ensuite dans un Kommando " extérieur " où il transporte des barres de fer, puis devient aide-tourneur. Le 18 janvier 1945, le camp est évacué à pied direction Gleivitz puis en train vers Gross-Rosen. À la gare de Zwickau, il tente de s’évader avec un camarade qui est finalement abattu, tandis que Raphaël est reconduit au wagon. Il arrive à Dachau le 28 janvier 1945. Le camp est frappé par une épidémie de typhus à laquelle Raphaël échappe. Il est lors envoyé dans un Kommando pour construire des routes, à Waldlager. Le camp est évacué le 25 avril 1945. Il est libéré le 1er mai 1945 par les Américains à Tutzing. Le 26 mai 1945, il retrouve toute sa famille à Lyon. Il se marie en 1948.

Raphaël Esrail est secrétaire général de l’Amicale d’Auschwitz. Il a également des responsabilités dans les Fondations pour la Mémoire de la Shoah et de la Déportation.

Née Chaja Ekhajser en 1927 à Varsovie en Pologne, Hélène a 6 ans quand elle arrive avec sa famille à Paris, fuyant l’antisémitisme. Au moment des lois anti-juives, la famille se déclare et porte l’étoile jaune. En 1941, son père est arrêté et conduit à Beaune-la-Rolande. Grâce aux efforts de sa mère, il est libéré au bout de quelques mois. Le 16 juillet 1942, sa mère et de son frère sont pris dans la rafle du Vel d’hiv. Déterminée à les faire libérer, Hélène réussit à rentrer au siège de la Kommandantur, à se glisser jusqu’au bureau de son chef et à le convaincre de libérer sa mère et son frère. Mais quelques mois plus tard, à la fin 42, la police arrête sa mère, faute d’avoir pu arrêter son père, caché depuis sa première arrestation. Peu de temps après, il est également arrêté en voulant s’enfuir de sa cachette. Pendant 15 mois, Hélène, âgée de 15 ans, s’occupe de son frère, parvient à joindre les deux bouts et fait un peu de Résistance. Le 3 février 1944, des policiers français l’arrêtent avec son frère, qui parvient à s’échapper. Hélène est transférée à Drancy, d’où elle est déportée vers Auschwitz une semaine plus tard. Après une dispute avec la chef de son bloc, celle-ci la prend en estime et lui permet de passer dans le Kommando « Canada ». En janvier 45, le camp est évacué. Les prisonniers partent sur les routes, jusqu’à Ravensbrück. Puis c’est le camp de Malkow et celui de Torah. La zone est libérée par les Soviétiques au mois de mai 1945. Peu de temps après, elle est évacuée en avion sur le Bourget et se retrouve seule à l’hôtel Lutetia. Prise en charge par l’OSE (Organisation Sociale à l’Enfance), elle y rencontre son futur mari Maurice. Elle part vivre 2 ans en Israël comme assistante sociale, rentre en France et retrouve Maurice qu’elle épouse en 1954. Le couple a deux enfants. Hélène Weksler est décédée le 25 janvier 1996.

Né en 1922 en Pologne, Serge Lemberger vient d’une famille nombreuse où l’on parle uniquement le yiddish. Son père, boulanger en Pologne, est communiste, ce qui lui vaut d’être emprisonné pendant six mois. Sa sœur Stepha est également une militante active. Envoyée en France après une manifestation, elle est bientôt rejointe par les autres membres de la famille. Le 14 mai 1941, Serge et ses frères sont convoqués par la police française au gymnase Japy. De là, ils sont transférés à la gare d’Austerlitz et envoyés dans le camp de Beaune-la-Rolande. Travaillant dans une ferme, Serge s’en évade rapidement. De retour à Paris en août 1941, il retourne au camp jusqu’en juin 1942. Le 28 juin 1942, il fait partie d’un convoi qui quitte Beaune-la-Rolande et arrive à Auschwitz le 1er juillet. Serge, le plus jeune du convoi, fait partie des 200 juifs qui ne sont pas envoyés à Birkenau. Il est envoyé dans ce qui deviendra le camp de Buna. Atteint de pleurésie puis par le typhus, il est soigné par un Polonais qui connaissait son père. Il intègre ensuite un Kommando agricole. En novembre 43, Serge fait partie du convoi qui quitte Auschwitz pour aller déblayer les ruines du ghetto de Varsovie. Le 31 juillet 1944, alors que le front soviétique avance, le camp est évacué. Au cours de cette marche, Serge échappe aux exécutions sommaires des nazis. Arrivé à Dachau, il travaille jusqu’en avril 1945 à la construction d’un champ d’aviation souterrain. Mais les bombardements des alliés obligent les SS à quitter le camp. La plupart des prisonniers sont alors abattus par un régiment allemand, sauf 6 d’entre eux, dont Serge. Ce petit groupe parvient à se cacher dans la forêt et se réfugie ensuite huit jours dans une ferme où ils sont nourris par des prisonniers français. Serge frôle la mort une fois de plus.

Le 1er mai 1945, le petit groupe est recueilli par l’armée américaine. Pendant 10 jours, Serge reste dans un stalag puis dans un camp de rassemblement pendant environ un mois. Il rentre à Paris dans la nuit du 15 au 16 juin 1945. Le jour de son arrivée à l’hôtel Lutetia, Serge rencontre Louise Zisman, qu’il épousera en 1946. Il retrouve ses parents, ainsi que Stepha et Jean, qui ont été cachés par la famille de Louise. Serge et Louise ont 2 enfants et 5 petits-enfants. Serge a été président de l’Amicale des déportés juifs de la Côte d’Azur. Serge Lemberger est décédé le 16 mai 1994.

Né en 1931 en Pologne, Karol Pila est le troisième d’une famille de cinq enfants, où l’on parle d’abord yiddish. Victime d’insultes et d’agressions à l’école, Karol prend très tôt conscience du danger lié au climat antisémite qui règne en Pologne. Dès l’invasion de la Pologne par l’armée allemande, sa famille est raflée. Il ne la reverra pas. Il tente alors de survivre dans la ville, d’abord avec sa sœur, puis seul quand celle-ci est arrêtée. Emprisonné pour vagabondage, puis pourchassé par les Allemands, Karol Pila s’improvise vendeur de bonbons afin de survivre.En 1943, il décide de se rendre et d’aller dans le ghetto de Bedzin où il travaille comme cireur, ce qui lui vaut d’être pris en affection par le commandant allemand du ghetto. Au tout début de 1944, il est déporté à Birkenau. Sa volonté de vivre et de travailler lui permet d’éviter d’être sélectionné pour la chambre à gaz à l’arrivée. Il devient alors coursier et se retrouve au bloc 4, celui qui sert à l’administration du camp. Après l’évacuation du camp, le 17-18 janvier 1945 il est transféré à Auschwitz puis à Mauthausen et à Melk où il est libéré par les Américains le 5-mai-1945.Les Américains le confient à l’Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE) au Havre. La directrice de l’OSE prend Karol sous son toit jusqu’à ce qu’un couple, les Baringoltz, l’accueille chez eux. Il reprend les cours, mais arrête en seconde pour commencer à travailler avec son père adoptif dans une fabrique de composants électriques. Il décide ensuite de s’établir à son compte et devient propriétaire de nombreux magasins de jouets. « Marié, Karol-Pila a un fils ».

Née en 1929 à Paris, dans une famille modeste, Ida est cachée à partir de juin 1940 dans un petit village des Deux-Sèvres, où elle passe son Certificat d’études. Sa mère est arrêtée le 16 juillet 1942, lors de la rafle du Vel d’Hiv, tandis que son père réussit à se cacher jusqu’en 1944, mais il est déporté vers Auschwitz par un des derniers convois qui quitte Drancy à l’été 1944. Tous deux seront exterminés à Auschwitz. Ida est arrêtée, à 14 ans, dans la nuit du 30 janvier 1944, par 3 gendarmes français. Conduite à Niort, elle est ensuite transférée à Drancy, d’où elle est déportée vers Birkenau le 10 février 1944, au milieu d’un convoi de 1500 hommes, femmes et enfants. A l’arrivée, elle fait partie des 61 femmes sélectionnées pour entrer et travailler dans le camp, tandis que les autres sont envoyées vers les chambres à gaz. Après la quarantaine, elle travaille dans le Kommando des pommes de terre puis dans une usine d’armement, sur une chaîne d’assemblage de grenades. C’est là qu’elle apprend un jour que son père a été déporté et se trouve également dans le camp. Malgré plusieurs tentatives, elle ne réussira pas à le revoir.

Le 18 janvier 1945, le camp est évacué vers Ravensbrück, à pied puis en train. De là, déjà malade du typhus, Ida monte dans un train voyageur, en direction de Neustadt, où elle est soignée par une infirmière polonaise, Wanda. A la libération du camp, Ida est soignée par les Russes pendant 3 semaines, puis évacuée vers Lüneburg, d’où elle est rapatriée à la fin mai 1945 vers la France, au Bourget, par un avion canadien. Après une hospitalisation de 2 mois à l’hôpital Broussais, elle passe 14 mois de convalescence en Suisse. De retour en France, à 17 ans, elle ne parvient pas à reprendre ses études et commence à travailler dans la confection. Elle y rencontre son mari et donne naissance à sa fille Sophie en 1961.

Roger est né le 19 juillet 1922 en Pologne, il arrive en France à 2 ans. Il passe son bac en juin 1940 et rentre en Maths sup en septembre. Recensé comme juif, il reçoit, le 13 mai 1941, une convocation au commissariat de police. Conduit au camp de Pithiviers, il travaille comme ouvrier agricole dans une ferme dont il s’échappe en octobre. Muni d’une fausse carte d’identité, il s’installe à Nice, puis repart pour Grenoble, où il est interné au groupement de travailleurs étrangers d’Uriage, sous sa véritable identité. Il tente plusieurs fois, mais sans succès, de passer en Espagne ou en Suisse et retourne finalement à Nice, sous le nom d’Isser-Aimé Skutelsky. A Nice, il travaille au cours Lebac, comme pion, professeur de mathématiques et finalement directeur, jusqu’à son arrestation par la Gestapo en octobre 43. Il reste quelques jours à l’Hôtel Excelsior, puis à Drancy où il est transféré. Il est déporté vers Auschwitz par le convoi du 28 octobre 1943. Après la sélection, il est conduit au camp de Yanina (Janigagrube), le camp de travail dans les mines, où il survit 15 mois, après s’être glissé dans l’équipe des mineurs de nuit, celle où les chances de survie sont les plus grandes. A partir de l’évacuation du camp, le 18 janvier 1945, commence une marche infernale jusqu’à Gleivitz (Gliwice) puis Ribnik. Avec un petit groupe, Roger s’enfuit de la colonne, décimée peu après par les soldats allemands et les droits communs. Rattrapé, il échappe à la mort, lors de la fusillade de ce petit groupe de prisonniers par un SS. Considéré comme mort, il est jeté dans une fosse commune, dont il s’échappe avant d’être recueilli et soigné par une famille d’Allemands. Dans la confusion qui règne, entre la déroute des Allemands et l’avancée des Russes, il entame un périple à travers l’Europe centrale : il passe à Czestochowa, Piensk, Debrecen en Hongrie, Oradea en Roumanie, puis Cluj, Bucarest et enfin Odessa où il arrive le 15 mai-1945. 3 mois plus tard, il est rapatrié en train vers Brunswick en Allemagne, puis en avion jusqu’au Bourget. Il retrouve alors son père et sa sœur, sa mère ayant été tuée par les Allemands en passant la ligne de démarcation. Il reprend ses études et devient médecin pédiatre. Auteur de nombreux ouvrages de pédiatrie, il est père de 3 enfants et grand-père de 4 petits-enfants.

Il est emmené à la prison d’Autun, puis à Pithiviers, Beaune-la-Rolande et Né en 1923 à Paris, de parents polonais qui ne parlent que le yiddish, arrivés en France en 1920. Le père est tailleur à domicile. La famille très modeste doit souvent déménager. Après avoir fait une fugue, Isidore est envoyé 3 ans en maison de correction, à l’époque un véritable bagne pour enfants. Quand la guerre éclate, Isidore travaille comme livreur.

Quand son père est arrêté en août 1941, Isidore part en zone libre où il reste jusqu’en 1942. De retour à Paris, il échappe à la rafle du Vel d’Hiv de juillet 42 et part vers Dax avec son frère et un ami. Tous les trois sont arrêtés le 18 juillet, peu après avoir franchi la ligne de démarcation. Isidore reste libre, tandis que son frère et son camarade sont conduits au camp de Gurs en tant que juifs apatrides. Mais dès le lendemain, il est arrêté par les Allemands qui découvrent qu’il est Juif.

Drancy. Le 23 septembre 1942, il quitte Drancy pour Auschwitz. Pendant la quarantaine, Isidore retrouve son père. Mais dès le lendemain des retrouvailles, Isidore voit son père se faire fusiller après s’être jeté sur les barbelés-électrifiés.
Pendant un an, Isidore travaille ensuite comme manœuvrier dans le camp.

En juillet 1943, Isidore fait partie des hommes qui partent construire le camp de Swietochlowice, dépendant d’Auschwitz. Nommé chef d’équipe, sous les ordres du kapo, il refuse le poste et change de commando. Il attrape ensuite le typhus, ce qui lui vaut de retourner à Auschwitz pour une « convalescence » de 15 jours dans le bloc des fours crématoires. Grâce à son ancienneté, il intègre le commando issu de la fusion du Canada et de la Wascherei. Pour avoir aidé une amie, Isidore est envoyé dans un autre camp-en-construction. En janvier 1945, les Allemands décident de l’évacuation du camp devant l’avancée des Soviétiques. Isidore participe à la marche de la mort qui conduit les survivants à Berlin, puis au camp de Sachsenhausen. Isidore y reste dix jours avant de rejoindre Bergen-Belsen où il reste jusqu’au 15 avril 1945. Là, il est chargé d’entasser les cadavres dans les fosses.

Lorsque les Anglais libèrent le camp, Isidore arrive à obtenir un uniforme pour rejoindre la gare. Il arrive à Lille. À la mairie, il est arrêté 3 jours, le temps de vérifier la véracité de son récit. Il arrive à Paris le 8 mai 1945, passe par le Lutetia avant de rejoindre sa sœur.Isidore a vécu 6 ans en Israël. Il est père d’une fille.

Née en 1925 en Roumanie, Violette Jacquet est née Violette Silberstein. Elle n’a pas 5 ans lorsque ses parents arrivent en France et s’installent au Havre. Violette apprend le violon A la déclaration de guerre, son père est mobilisé. Pour fuir les bombardements sur le Havre, Violette et sa mère évacuent vers la Bretagne, où elles restent un mois avant de retourner au Havre. Son père ayant été démobilisé, la famille reste au Havre jusqu’en 1942. Violette est ensuite envoyée chez des amis à Paris où ses parents viennent la rejoindre. Après la rafle du Vel d’hiv, ils décident d’entrer dans la clandestinité, conscients du danger d’être déclarés comme juifs. La famille part donc à Lille chez l’oncle de Violette, qui, lui, ne s’est pas déclaré. Un soir, toute la famille est arrêtée, après avoir été dénoncée par l’amant de la tante de Violette, un Italien impliqué dans le marché noir et le trafic avec les Allemands. Il sera exécuté par les FFI à la Libération.

Transférée à la prison de Loos, puis à la prison saint Gilles à Bruxelles, Violette est ensuite conduite avec ses parents dans le camp de Malines, l’équivalent de Drancy pour la Belgique. Le 31 juillet, toute la famille est déportée vers Auschwitz. A l’arrivée, Violette est séparée de ses parents qu’elle ne reverra plus.

Au cours de la quarantaine, on vient, dans le bloc de Violette, recruter des musiciennes pour l’orchestre du camp. Elle échoue à la première audition, attrape la dysenterie et se présente à une deuxième audition devant la chef d’orchestre Alma Roze. Malgré son niveau médiocre en violon, elle intègre l’orchestre.

Après le débarquement allié en Normandie, en juin 44, les Allemands décident d’évacuer une partie du camp. Après un voyage de 3 jours, le convoi arrive à Belsen le 4 novembre 1944. Violette travaille alors à la Weberei, à tisser des mèches à canon ou des tapis de camouflage. Parlant allemand et hongrois, Violette est désignée pour être Kapo de son bloc. La libération par les Américains se produit au printemps 1945, alors que Violette est atteinte de paratyphoïde. Elle est d’abord soignée par la Croix rouge allemande puis par les Anglais.

Violette rentre en France avec d’autres amies détenues après un périple d’une semaine, en camion et en train. Elle arrive à la gare du Nord à Paris, puis se rend au Lutetia. Par des amis de ses parents, elle retrouve la trace de son oncle qui n’avait pas été arrêté. Après la guerre, Violette se lance dans une carrière de chanteuse de cabaret. Elle a deux enfants. Depuis quelques années, Violette Jacquet témoigne auprès des jeunes.

Charles Naparstek, Szaja de son vrai prénom, est né en 1924 à Varsovie. Son père, tailleur, venu en France avant 1914, avait été rappelé en Pologne par l’armée pendant la première guerre mondiale.

De retour en France dans les années 1927-28, la famille Naparstek loge dans le 20e arrondissement de Paris. Après l’école primaire, Charles commence à apprendre le métier de prothésiste dentaire, à l’école de l’Oeuvre Reconstruction Travail, l’ORT, l’école technique juive de la rue de Rosiers, dépendant des Arts et Métiers. Lorsque les Allemands envahissent Paris, Charles fuit avec ses deux frères dans le Tarn et Garonne. De retour à Paris, Charles travaille dans un cabinet dentaire. Après la rafle du Vel d’hiv, Charles et Raymond, l’un de ses frères (l’autre est décédé en 1941), quittent Paris pour Bourges le 18 juillet 1942 et tentent de passer en zone libre. Mais ils sont arrêtés par les Allemands et transférés à la maison d’arrêt de Bourges. De là, ils sont envoyés à Pithiviers, Beaune-la-Rolande et Drancy.

Le 23 septembre 1942, après 8 jours de détention, ils quittent Drancy pour Auschwitz. Fin 1942, Charles et Raymond sont séparés ; ils ne se retrouveront qu’en 1943, à Birkenau. Charles travaille d’abord dans le Kommando qui doit nettoyer le ghetto juif de la ville d’Auschwitz, puis dans une usine, la DAW (société allemande des biens de consommation.)

Il est ensuite affecté au Kommando Canada, chargé de réceptionner les convois. En séparant les mères des enfants, il sauve plusieurs femmes de la mort. Le Canada est ensuite chargé de démolir les crématoires. A moment de l’évacuation du camp, Charles tombe gravement malade pendant la marche de la mort, mais survit grâce à des camarades. Il passe ensuite par Gross-Rosen, Flassenburg et Ganecker. Face à l’avancée des Alliés, le camp est évacué vers celui de Trotsberg. Libérés, Charles prend la route avec Raymond et un camarade, mais il sont arrêtés par des SS : Raymond est abattu, mais Charles et son camarade parviennent à s’échapper. Ils retournent au camp de Trotsberg où ils sont libérés par les Américains.

Charles veut s’engager dans l’armée américaine, mais renonce quand il apprend qu’il est affecté à la cuisine. Il rentre alors en France. Jusqu’en 1948, il passe par plusieurs maisons de repos et reprend ensuite son métier de prothésiste dentaire pendant deux ans. Il se marie en 1950. Il devient alors commerçant en vêtements. Charles Naparstek a deux enfants et 4 petits-enfants.

Née Odette Rosenstock en 1914 à Paris, dans une famille juive d’origine alsacienne. Elève brillante, Odette suit des études de médecine, qu’elle achève à Paris juste avant la guerre. Elle commence à travailler comme inspectrice de l’hygiène à Montargis puis, après un bref retour à Paris, descend à Nice où elle rencontre son futur époux, Moussa Abadi. Sous les pseudonymes de Sylvie Delattre et de Marcel, ils montent une officine de faux papier destinés notamment aux enfants dont les parents ont été déportés. Grâce à leur réseau, 527 enfants juifs seront sauvés. En 1943, sa mère et sa sœur sont arrêtées et déportées à Auschwitz d’où elles ne reviendront pas. Moussa est arrêté à plusieurs reprises mais à chaque-fois-relâché. Odette est arrêtée par la Milice le 25 avril 1944. Interrogée à l’hôtel Excelsior puis à l’hôtel Ermitage, elle est ensuite transférée à Drancy, d’où elle est déportée le 19 mai 1944, vers le camp de Birkenau. Pendant la quarantaine, Odette travaille dans différents Kommandos. A l’été 1944, elle entre au bureau des médecins, dans le centre sanitaire, tout en continuant son travail dans les Kommandos. Lorsque le centre sanitaire est supprimé, Odette devient médecin du « bloc des jumelles ».

Le 1er novembre 1944, elle est sélectionnée pour partir à Bergen-Belsen, où elle est affectée au bloc médical. Une épidémie de typhus ravage le camp ; Odette tombe dans un semi-coma pendant six semaines. En mai 1945, le camp n’est plus gardé que par des soldats hongrois qui, lors de l’arrivée des Britanniques, tirent sur les survivants.Odette ne retourne en France qu’à l’arrivée des médecins anglais. À Paris, elle retrouve son père puis part en Suisse pour un mois de convalescence. Elle écrit alors ses souvenirs : Terre de détresse. Auschwitz - Bergen-Belsen, qui sera réédité en 1995. A Nice, elle retrouve Moussa, qu’elle épouse, et avec qui elle fonde un centre médico-social. Ils remontent s’installer à Paris en 1951.Odette devient médecin-chef des services de lutte contre la tuberculose et les maladies vénériennes à la Direction de l’hygiène sociale à Paris. Dans les années 90, les enfants qu’ils ont sauvés, les recherchent. Odette et Moussa racontent pour la première fois l’organisation de ce sauvetage. Moussa meurt en 1997. Odette met en ordre les papiers du " réseau Marcel ". Elle se suicide le 29 juillet 1999.

Né en 1920 en Pologne dans une famille de langue allemande, Jacques a 5 ans quand ses parents fuient l’antisémitisme en Pologne pour s’installer en Allemagne, à Trèves. De 1925 à 1932, les parents Klinger y tiennent un magasin de détail et de vêtements pour homme. En 1932, la famille fuit de nouveau la montée de l’antisémitisme et se réfugie en Espagne, un des rares pays à l’époque à laisser entrer les juifs sur son sol. A Barcelone, les enfants Klinger fréquentent une école allemande jusqu’en 1933. Mais devant les difficultés, ils fuient encore vers Palma de Majorque. La guerre d’Espagne éclate en juin 1936. La famille Klinger décide de partir pour la France : elle s’installe en décembre 1936 à Paris, où le père de Jacques monte une fabrique de maroquinerie. A l’époque, toute la famille est encore polonaise. A la déclaration de guerre, Jacques s’engage volontairement dans l’armée française. Le 13 mai 1941, Jacques reçoit une convocation au commissariat. Il s’y rend le lendemain, est arrêté et conduit au camp de Pithiviers. Il y reste plus d’un an. Le 25 juin 1942, Jacques fait partie du convoi n° 4 qui emmène plusieurs centaines de prisonniers vers Auschwitz. Peu après son arrivée, Jacques est transféré à Birkenau. Comme il parle allemand et sait taper à la machine, il intègre le bureau principal, la Haupschaftstube.

Le travail de Jacques consiste à établir des statistiques sur le nombre de déportés qui entrent au camp, d’où ils viennent, combien sont envoyés au gaz, combien sont morts de mort naturelle… Il tient aussi le Numerbuch, qui contient tous les noms et les numéros des prisonniers et qu’il met à jour tous les jours, en fonction des morts, des gazés et des changements de bloc. Grâce à cela, il réussit à sauver plusieurs personnes de la chambre à gaz, en modifiant un numéro sur une liste de personnes appelées à être gazées le lendemain des appels ou en remplaçant le numéro d’un vivant par celui d’un mort.Jacques retrouve au camp son frère Léon déporté après lui et qui travaille comme veilleur de nuit au commando Canada.

Au moment de l’évacuation du camp, à la fin octobre 1944, Jacques part avec les autres prisonniers, dont son frère. Ils sont évacués en train vers Berlin, passent par Oranienburg, Sachsenhausen et arrivent à Kaufering, un camp dépendant de Dachau. Le camp de Kaufering est évacué à pied en avril 45 vers le camp de Burberg. L’officier SS qui les commande se livre à eux en attendant l’arrivée des Américains, le 1er mai 1945. Avant de rentrer, Jacques apprend que son jeune frère Emile est mort en déportation dans le camp de Buna. A Paris, Jacques et Léon retrouvent leurs parents qui se sont cachés à Saint Nectaire et leur appartement.

Le rôle exemplaire de Jacques Klinger au bureau des effectifs explique qu’il a été un des 5 déportés appelés comme témoins au procès du commandant d’Auschwitz, Rudolph-Höss. Jacques Klinger vit depuis 1962 en Israël. Il a une fille et deux petites-filles.

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