La France Catholique.

L’Église universelle.

Jeudi 25 avril 2013 // La Religion

Le pape François vient de nommer une commission composée de huit cardinaux dont la mission est de réfléchir au bon gouvernement de l’Église universelle.

Rien de précipité dans cette initiative, puisque la première réunion prévue de cet organisme est annoncée pour le mois d’octobre. Mais sa composition, qui correspond très exactement à la réalité internationale du catholicisme, est un signe très fort de la volonté de François de réformer l’instrument curial en fonction des nécessités reconnues et des vœux de l’ensemble du corps ecclésial. On parle à juste titre de « collégialité », sans toutefois toujours bien préciser le sens d’une notion qui a donné lieu à beaucoup d’ambiguïtés autour du concile Vatican II. C’est que l’on calque généralement des catégories de nature politique sur une réalité sui generis, qui n’a rien d’un gouvernement ordinaire. Mettre en opposition une structure de type monarchique face à une organisation dite collégiale n’a strictement aucun sens. On ne voit guère selon quelle procédure l’Église pourrait adopter un système de type représentatif qui ne correspond en rien à sa constitution propre.

Si François n’a cessé de se réclamer de son titre d’évêque de Rome, c’est que, théologiquement, celui-ci est le plus décisif. Le charisme pétrinien se transmet dans le cadre strict de l’Église de Rome et en vertu de la continuité apostolique. Il serait proprement dénaturé, si on voulait s’inscrire dans la perspective d’une sorte de secrétariat général, analogue à celui de l’Organisation des nations unies. Par ailleurs, il y a quelque excès à désigner une hypercentralisation romaine, alors qu’on constate que les diocèses vivent de leur vie propre, sans que Rome n’intervienne, de façon intempestive, dans leurs choix pastoraux. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de réforme à opérer dans la Curie romaine. Le scandale du « Vatileaks » a mis en évidence des défaillances graves, auxquelles il faudra porter remède, et il est hautement souhaitable qu’à l’orée d’un nouveau pontificat, le successeur de Pierre se préoccupe de la pertinence et des orientations de l’organisme grâce auquel il peut exercer sa mission. Il a besoin pour cela de l’avis éclairé des cardinaux qu’il a nommés. Ceux-ci auront probablement à mesurer le souhaitable et le possible, sans sous-estimer les services rendus et sans hésiter sur les corrections indispensables. On peut penser qu’ils s’inspireront de l’héritage authentique de Vatican II, celui qui a permis d’associer à l’autorité de l’évêque de Rome une pratique de la synodalité, dans l’esprit d’une ecclésiologie de communion, qui est la véritable clé des relations d’autorité dans l’Église. 

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