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Il fait honte à la France.

Débandade.

Mardi 14 mai 2013 // La France

Abaissée, dégradée, isolée : les qualificatifs accablants pleuvent sur la France au terme de la première année de mandat de François Hollande.

Un seul responsable : le chef de l’État. Une seule victime : le peuple français.

Dossier coordonné par Arnaud Folch et Geoffroy Lejeune

Saint-Denis, Stade de France, le 6 février 2013. L’équipe de France de football reçoit l’équipe d’Allemagne. Le genre de match qui n’a d’amical que le nom. À la mi-temps, alors que la France mène 1-0, Hollande et Merkel sont invités à livrer leurs pronostics. Hollande : « On est dans un match amical, je veux faire plaisir à madame Merkel, il peut y avoir aussi égalité. » Merkel : « Je souhaite que la partie reste passionnante et j’espère qu’il y aura des buts du côté allemand, bien sûr. » Quarante-cinq minutes plus tard, les Français s’inclinent sur le score de 2-1. Conspué par les esprits chagrins, le défaitisme présidentiel est-il le symptôme d’une France qui capitule ? On n’ose y croire.

Paris, palais de l’Élysée, le 26 mars 2013. Le soir même, l’équipe de France défie l’Espagne, en match de qualification pour la Coupe du monde 2014. Au cours de leur conférence de presse commune, alors qu’ils abordent les sujets qui seront débattus lors du prochain Conseil européen, la même question est posée à François Hollande et à Mariano Rajoy. Hollande : « Là, pour plein de raisons, à la fois amicales, sportives, le match nul serait le meilleur résultat pour la France. » Rajoy : « Si tu me le permets, je ne suis pas d’accord. Je crois que le meilleur résultat serait une victoire pour l’Espagne. » Ce soir-là, la France s’incline sur le score de 1-0...

Il fait honte à la France. Ce président qui ne perd pas une occasion de s’humilier, et la France avec lui, achève sa première année de mandat le sourire aux lèvres, certain que le corset idéologique dont il fait sa ligne politique lui permettra de survivre à la crise. Une année durant laquelle les Français seront passés par des sentiments de doute, d’inquiétude, de rancoeur, de colère... avant que s’impose celui de honte. Honte de voir leur pays représenté par un chef de l’État toujours sanglé dans son costume de président de conseil général. Honte de voir la France marcher dans les pas de la Grèce. Honte de voir leur pays isolé sur la scène internationale ; Honte de voir la France abaissée, sa situation dégradée, son peuple divisé sur le "mariage pour tous" pour satisfaire le caprice d’un lobby. Honte de savoir qu’à la barre de ce pays à la dérive, un « capitaine de pédalo » feint de gouverner avec une « boîte à outils »...

Le ridicule ne tue peut-être pas, mais il forge de solides réputations. Ce président, décrit par la chaîne de télévision américaine CNN comme « un lapin ébloui par des phares », n’aura rien fait pour échapper à la sanction ni pour prouver qu’il dispose d’un semblant d’autorité. Surnommé "Pépère" par la presse et jusqu’en son palais de l’Élysée, il a, pour ne rien arranger, persévéré dans son rôle de monsieur petites blagues : le 12 février, Benoît XVI démissionne. Alors que la plupart des chefs d’État occidentaux s’empressent de saluer l’action d’un pape historique, Hollande retrouve ses habits de premier secrétaire du PS : « Nous ne présenterons pas de candidat »...

Du tweetgate provoqué par sa compagne, en juin 2012, jetant en pâture à l’opinion publique le manque d’autorité du président, à ses ministres livrés à eux-mêmes qu’il prend le soin de recadrer par... SMS, Hollande n’a pas su faire montre de caractère pour effacer l’image désastreuse qui lui colle à la peau et s’extirper des quatre boulets (lire page 18) qui plombent son quinquennat. Il a suffi de quelques anecdotes (une cravate sempiternellement portée de travers, un verre levé pour porter un toast en présence du roi du Maroc, qui, en bon descendant du Prophète, ne boit pas d’alcool, provoquant l’incrédulité des convives et une gêne pesante plusieurs dizaines de secondes durant...) pour fixer le portrait d’un président en deçà du niveau qu’exige sa fonction et pour instaurer dans l’opinion l’interrogation exprimée par Jean-François Copé  : « La question se pose aujourd’hui de savoir si François Hollande est capable de diriger la France. » À cette question, seuls 24 % des Français, selon un sondage BVA-leParisien, sont encore prêts à répondre par l’affirmative, et fleurissent dans la presse, sur Internet et dans la classe politique, des bataillons de repentis du hollandisme...

Son bilan, objectera-t-on, ne plaide pas pour lui. Au matraquage fiscal s’ajoute surtout un déficit chronique de compétence, qualité qui, avec l’autorité, fonde l’aptitude au commandement. Le 27 septembre 2012, Hollande s’entretient durant une heure avec Lakshmi Mittal, 62 ans, président-directeur général d’Arcelor Mittal. Au menu des discussions, sensibles, l’avenir des hauts fourneaux de Florange. En les accompagnant sur le perron de l’Élysée, le président français lance à Mittal une formule qu’il veut polie : « Best regards to your father. » Le patron d’Arcelor Mittal réalise à cet instant que, depuis une heure, le président croit s’adresser à son fils, Aditya Mittal, directeur financier du groupe... « I’m the father », lui répondra-t-i1 froidement.

Nombre de signaux déshonorent la France : c’est ce président qui envoie un ministre aux obsèques du dictateur Hugo Châvez, mais omet d’en dépêcher un pour représenter la France à celles de Margaret Thatcher... Comme un symbole, cette vidéo qui fait un tabac sur Internet, où l’on voit le président français tenter de suivre Angela Merkel sur un tapis rouge, ne sachant plus où se mettre, guidé par le doigt de la chancelière, trimbalé comme un pantin...

En visite en Chine, la semaine passée, Hollande a été une nouvelle fois victime de cette image. Un cliché le montrant à l’aéroport accompagné par des autorités chinoises, la braguette ouverte, circule sur Internet. Les réseaux sociaux s’embrasent et, sur place, les commentateurs s’esclaffent. Très vite, pourtant, on conclut à un montage, qui serait l’oeuvre d’un internaute chinois. Mais le mal est fait. La France est la risée du monde. Preuve, s’il en était besoin, qu’au terme d’un an de mandat, son image est profanée.

Geoffroy Lejeune

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