Hollande ne peut plus gouverner.

Samedi 26 avril 2014 // La France


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Nos institutions sont en ruine, voilà le constat qui s’impose aujourd’hui. Le dernier scrutin ne fait que le révéler. Les prochains seront encore plus démonstratifs.

Hollande ne peut plus gouverner. Quoi qu’il fasse et quelque « truc » qu’il invente, il est dorénavant dans l’impossibilité pratique de réussir personnellement à redresser la situation ; en aurait-il l’intention, il n’a plus la capacité de faire aboutir quelque projet que ce soit, sur tous les points où les Français sont en attente des réformes nécessaires. Lui et son gouvernement d’idéologues, en deux ans, n’auront fait que casser la France davantage, détruire les familles, briser les liens sociaux, épuiser les patrimoines, accabler les entreprises, tuer même l’esprit d’entreprendre, décourager les braves gens, appauvrir le peuple, désespérer la jeunesse qui n’est plus éduquée, ni formée, ni élevée, abandonnée aux sinistres pitreries d’un prétendu grand maître éducateur, aggraver les souffrances matérielles et morales des Français dont cette petite bande de paltoquets sans coeur, sans envergure d’esprit, centrés sur l’abstention massive, le discrédit où s’enfonce le Parti socialiste, la montée du Front national sont des signes qui ne doivent pas tromper.

D’ailleurs, pour aller jusqu’au bout de ce qu’il convient de signaler, Hollande était tout simplement aux ordres de quelques pervers « friqués » dont il est inutile de donner les noms, ses amis intéressés, pour certains ses copains de toujours, d’autant plus de gauche qu’ils se sont constitué des fortunes sans scrupule. Ce sont eux qui ont fait sa campagne électorale de 2012 et qui en ont assuré la trésorerie, sans que personne n’ait osé se pencher sur ce point litigieux, « l’affaire Cahuzac » servant opportunément de rideau de fumée. Hollande est donc totalement lié à cette clique d’hommes qui se croient tout permis, tandis qu’eux l’ont berné, le soutenant comme la corde soutient le pendu, l’ayant utilisé pour faire passer leur ensemble de lois et prêts à le lâcher à son triste sort de pauvre type, le noeud coulant au col, dans les semaines qui viennent, comme on jette un mouchoir souillé, dont on ne peut plus se servir, et comme lui, d’ailleurs, le grand humaniste, jette les femmes après usage.

DES INSTITUTIONS EN RUINE

Telle est la réalité du gouvernement de la France aujourd’hui. Les Français en comprennent assez pour en avoir le dégoût. C’est l’explication principale du vote-sanction des dernières élections municipales. Ce point essentiel n’a pas été assez souligné, les commentaires s’attachant toujours à des justifications grossières et superficielles. Ce n’est pas seulement un gouvernement d’une nullité évidente qui est rejeté, ce sont des comportements, des manières d’être, des mauvaises moeurs , des mensonges et, enfin, des institutions qui ne représentent plus les Français et qui ne sont plus que des instruments au service d’appareils partisans, donc des procédés de gouvernement aussi scandaleux que néfastes, en un mot un régime dans sa totalité avec ses modes de fonctionnement et ses hommes stipendiés qui sont condamnés. Tant mieux !

L’abstention massive, le discrédit où s’enfonce le Parti socialiste, la montée du Front national sont des signes qui ne doivent pas tromper. Le PS n’est jamais qu’un parti de « bobos » qui réussit encore à duper - mais de moins en moins - quelques électeurs qui s’imaginent être de gauche par sentimentalisme mal placé.

Est-ce encore un parti de gouvernement, ce qu’il se flattait d’être dans le cadre de l’alternance républicaine ? La question mérite d’être posée. Il sait si peu gouverner qu’à l’heure où s’écrivent ces lignes, nul ne connaît le sort du Premier ministre, pas même lui-même ! Ce pitoyable Ayrault ressemble à une peau de banane balancée au bout des doigts dont on se demande à quel moment elle sera expédiée dans le vide-ordure.

Les institutions de la Ve République sont réduites aujourd’hui à néant. Le chef de l’État n’est plus qu’un ectoplasme qui répète « moi, moi, » pour se persuader vraisemblablement qu’il existe et dont les conseillers ne servent à rien, sauf ceux qui sont chargés des basses oeuvres du parti et des règlements de compte personnels ; le Premier ministre mal assis, mal placé, mal pris, ne sait plus s’il est le bras exécutif du patron de l’Élysée ou la tête de la majorité parlementaire qui, elle-même, n’a plus aucun centre de gravité et qui n’est qu’un éparpillement de volontés sans ordre ni raison ; les ministres ne pensent qu’à leur mince personne et tirent, chacun, à hqe et à dia avec des plans toujours plus absurdes ; les ténors du parti et les hommes de l’appareil ne sont préoccupés que de leur avenir. Quel tableau !

Qui va remplacer Ayrault est la grande question politique du jour. La semaine prochaine, quand paraîtra Politique magazine, ce sera peut-être chose faite, Hollande ayant été bousculé, car, s’il n’en tenait qu’à lui, il userait jusqu’à la corde l’homme qui ne lui faisait pas trop d’ombrage. Mais peu importe, Valls, Le Drian, même la Royal ou l’Aubry ou le Fabius ou quelque autre du même acabit, rien ne changera, car le remplaçant, fort ou faible, n’aura pas plus de moyens de redresser la situation. Les institutions ne s’y prêtent plus, elles offrent le spectacle d’un champ de ruines. L’homme qui aura cédé au goût du pouvoir, s’y perdra, allant de murs branlants en murs branlants et découvrant partout des trous béants que personne ne voudra ni ne pourra combler. Quand l’esprit est parti, la chair se décompose C’est vrai des sociétés comme des hommes.

LA FIN D’UNE ÉPOQUE

Les élections européennes en mai, par un nouveau séisme d’amplitude plus forte, ébranleront encore davantage ce système déjà dévasté. Toute la question et de savoir à quel moment Hollande jouera la carte de la question de confiance sur son pacte de responsabilité. Mais, là aussi, rien ne va plus, le pacte se détricotant au fur et à mesure que le gouvernement prétend le tricoter. Il est probable que ce stupide plan se réduira dans peu à une médiocre manoeuvre politicienne auprès de la majorité socialo-écologique... « Ou vous votez la confiance pour redonner du souffle au pâle mais nécessaire Hollande ou vous provoquez une dissolution que le non moins pâle Hollande sera dans l’obligation de décider ». Et tant pis pour vous, car les législatives qui suivront ne feront qu’accentuer le mouvement de bascule en cours : terreur et frémissement ! Une cohabitation, alors ? À quelque Juppé ou autre de service de prendre le bâton bréneux, pour parler comme Rabelais. Mais rien n’ira mieux, et pour les mêmes raisons, sauf que François Hollande pourra jouer encore à Mitterrand et à Chirac, ses maîtres avoués, retranché dans l’Élysée, adonné à ses plaisirs en tous genres et convoquant la presse de temps en temps pour juger de la politique de son Premier ministre de cohabitation. Dans tous les cas de figure envisagés, quel horizon politique pour la France Une agonie du système entretenue à dessein par une classe politique qui en vit. Alors que la France en meurt.

PENSER EN LONG TERME

Motion de confiance où pas, le pays, lui, n’a plus confiance et ce manque de confiance se traduira par une nouvelle dégradation. La crise n’en repartira que de plus belle, s’il est possible d’ainsi s’exprimer. Jusqu’au jour où l’étranger et l’investisseur habituel perdra aussi confiance dans un tel régime. Doute et spéculation sur la dette, sur toutes les dettes cumulées, et l’affaire est malheureusement classée. Qui veut prendre dans de telles conditions ?

A côté d’une UMP, elle-même tiraillée, le Front national veut devenir le troisième parti de cette Ve République moribonde, parti non de contestation, mais d’adhésion, partenaire obligatoire, dédiabolisé, parfaitement républicain. Il est parvenu ou presque : ce fut une politique réussie de Marine Le Pen et de ses acolytes. Est- ce un avenir ? Concrètement, ce n’est pas que les Français souhaitent être gouvernés par le Front national en tant que tel ; non, ce pour quoi ils ont voté, ce par quoi ils sont attirés, c’est l’expression d’une réaction nationale affichée et déterminée ; tout le reste est secondaire. La France manifeste une volonté de vivre face aux forces de mort, comme, rappelons-le, cette même volonté a éclaté de manière surprenante depuis plus d’un an dans toutes les manifestations de protestation contre les à lois immondes de destruction de la famille.

Un parti, quel qu’il soit, ne saurait être une fin en soi. Ce que réclame la France profonde, ce sont d’autres institutions, ainsi que tous les sondages le prouvent : un chef de l’Etat qui soit un vrai chef, indépendant des partis ; un gouvernement resserré qui gouverne la France sur l’essentiel et qui arrête de prétendre tout régenter et donc de mal diriger ; une représentation qui représente la réalité française, territoriale, économique, écologique, spirituelle, culturelle ; des libertés instituées, vivantes, non étatisées, couvrant toute l’activité humaine et assurant la prospérité du pays.

Il faut penser dès maintenant pour la France en long terme puisque Hollande et son petit monde sont dorénavant dans le court terme, dans le très court terme. Qu’Hollande passe et que la France demeure !

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