Besoin de quelques bons conseil.

Hollande appelez Ségolène.

Vendredi 30 novembre 2012 // La France

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Aprés un retentissant plongeon électoral dans le port de La Rochelle (précédé de la cruelle morsure d’un tweet sauvage) et quelques rendez-vous médiatiquement manqués avec le père de ses enfants, Ségolène Royal a rompu ce qu’elle appelle sa « diète médiatique ». Fini le ramadan des déclarations, où elle faisait silence dans la journée, quitte à se rattraper le soir, en croquant allègrement, en petit comité, ses adversaires politiques.

Le beau visage, nimbé d’un peu de mélancolie et d’un soupçon de regret, de l’ex-candidate socialiste à la présidence de la République est donc réapparu à la une du Monde daté de lundi. Et sa silhouette altière, plus svelte, entre parenthèses, que celle plutôt replète de Mme Trierweiler occupe une bonne partie de la page 7 du quotidien. Mais â côté de la beauté des photos, le choc des mots ! Le titre d’abord : « Les conseils de Mme Royal à M. Hollande ». La présidente du Poitou-Charentes, bien qu’elle se défende d’être « une donneuse de leçons » a toujours eu tendance à prodiguer ses conseils, même à ceux qui ne les lui demandent pas. Selon La Rochefoucauld. « on ne donne rien si libéralement que les conseils ». Un domaine où Ségolène Royal se montre particulièrement généreuse.

En page intérieure du Monde, la « conseillère » auto proclamée incite celui qui voulait « réenchanter le rêve français » à concrétiser au plus vite sa promesse : « Passons au rêve français », demande t-elle. Autrement dit : réveille-toi François ! Sors un peu de ton somnambulisme...

« Je ne veux pas jouer les Mères Fouettard », insiste la donneuse de conseils. Encore que le fouet, elle y pense sans doute parfois... Par exemple lorsqu’elle voit ou entend la « première dame de France » minauder au bras du chef de I’Etat. Une évocation de sa vie privée qu’elle évacue d’emblée : elle refusera, dans son entretien, toute question susceptible « de la ravaler à un personnage de théâtre de boulevard ». Surtout si, dans l’une de ces pièces vaudevillesques, elle risque de tenir à ses dépens le rôle d’une femme « ridicoculisée »...

Quel regard porte celle qui se voyait en début d’année présider l’Assemblée nationale, sur ces cinq mois de gouvernance socialiste ? Elle les trouve « constructifs ». Seulement, elle veut voir s’achever au plus vite cette période de transition, où le président de la République et son Premier ministre n’en finissent plus de dresser l’état des lieux et de consigner les dégâts commis par l’ancien locataire. « Maintenant, il faut passer à une nouvelle phase, celle des réformes de structures promises dans le programme présidentiel : réforme du système financier, réforme fiscale, révolution écologique, avenir de la jeunesse. Après l’opération vérité, revenons au rêve français. » Ségolène Royal met en quelque sorte son ex, à qui elle reprocha jadis sa mollesse et son indécision, au pied du mur : allez, vas-y, montre-nous maintenant ce que tu sais faire. Réenchante ce rêve français, en train, selon l’économiste Nicolas Baverez, de tourner au cauchemar suicidaire, avec son modèle social que plus personne ne sait comment financer. Sauf justement les socialistes... prétendaient-ils !

Après les promesses, le passage à l’acte ?

Le sorcier Hollande avait fait croire à ses dupes qu’il disposait d’une baguette magique ? C’est le moment ou jamais de s’en servir. De réaliser les sortilèges dont il se targuait. On peut compter sur Ségolène pour lui rappeler, plus implacablement encore que l’opposition, ses promesses de campagne toutes ces réformes annoncées que l’enchanteur désenchanté essaie aujourd’hui d’escamoter à la va vite à l’aide d’incantations sans effets. C’est le moment « de donner un cap » à l’action gouvernementale, exhorte Ségolène Royal, soulignant ainsi que depuis cinq mois ce gouvernement qui n’a pas voulu d’elle navigue à la godille. « L’heure est à la cohésion sans faille », clame Ségolène Royal, pleine de magnanimité pour les ministres « en phase de rodage » dont elle met néanmoins en relief l’inexpérience et la propension à chanter faux. Un gouvernement qu’elle invite, ce qui est beaucoup demander à un, socialiste flou comme Hollande, à définir enfui « clairement » des objectifs précis.

« Comment crée-t-on des emplois dans l’économie de l’intelligence ? (...) Comment transforme t-on la France en pays d’entrepreneurs ? Comment fait-on pour que les jeunes soient dans une meilleure situation à la fin du quinquennat qu’au début ? »

De quoi rompre encore plus le charme déjà pas mal évaporé de l’envoûteur présidentiel dont les philtres électoraux, durant les scrutions de 2012, avaient si bien fonctionné.. Ségolène est décidément sans pitié avec celui qu’elle a tant aimé ! Cet hypnotiseur qui essaie de « durer par l’inaction » et dont elle détruit les subterfuges anesthésiants en l’invitant, en une du Monde, à passer à l’acte.

Mme Royal nous dit aussi : « Je confirme que ma passion pour la politique est intacte et que je veux toujours être utile à mon pays. » En revanche, la passion des électeurs de gauche pour Ségolène Royal semble, elle, bien émoussée... Des électeurs sans doute mal conseillés ?

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