Hollande : Tiens, v’la du regalien !

Jeudi 28 mai 2015 // La France

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Invité du « Supplément » de Canal + le 19 avril, François Hollande s’est livré à un exercice de communication subliminale d’autant plus fascinant qu’il s’autodétruisait pendant la prestation télévisée.

Communication subliminale ? Mais en quoi ? C’est tout simple. Depuis les attentats de janvier, les médias qui communiquent avec les communicants de l’Élysée expliquent que le président de la République a décidé qu’il serait président de la République. Ce qui s’énonce ainsi : François Hollande est maintenant dans le Régalien. Pendant que son gouvernement dit qu’il faut « faire France », l’élyséen bonhomme s’ingénie à « faire régalien » : il sait que l’Histoire est Tragique, il prend de la Hauteur, il s’occupe des Grandes Questions, il pense à la France en se levant tôt le matin et il abandonne à ses ministres les tâches quotidiennes.

Bon, me direz-vous, voilà notre Churchill de café-concert qui prend la pose... Non, pas tout à fait. Car les commentateurs branchés sur l’Élysée vous expliquent qu’il y a un calcul de derrière les fagots il faut faire président de la République pour se faire élire président de la République en 2017. Calcul banal, sans nul doute. Mais ce qui est épastrouillant, c’est que le message « moi, Président, je veux encore faire Président » s’autodétruit sous nos yeux comme la bande magnétique de la série américaine où des super-héros jamais décoiffés pètent plein de sales gueules. Seule différence dans la série, c’est un message secret qui envoie les Amer- loques couillus au casse-pipe à Canal +, il s’agit seulement d’une bande-annonce.

Au lieu du chef de l’État qui parle de la France aux Français, on a eu un bonhomme qui vient sur un plateau de télé cryptée et qui confie entre deux reportages « je suis amical avec mes amis. »

Au lieu du chef des Armées, on a un garde-côte qui dit que les passeurs de clandestins en Méditerranée sont des « terroristes » et l’on est sûr que cette requalification de leurs crimes va les empêcher d’affréter des bateaux pourris.

Au lieu du président de tous les Français, on a un chef de clan qui lance des piques à Marine Le Pen, rate sa cible et touche le Parti communiste.

Au lieu de l’homme en charge de l’essentiel, on a une fois de plus un ministre du Travail qui annonce la « prime d’activité » étendue aux moins de 25 ans comme la grande réforme sociale du quinquennat.

Au lieu du Président arbitre, on a le candidat en campagne qui se comporte comme le chef d’une patrouille de scouts, hors d’âge mais toujours en short kaki et fier de sa teinture capillaire, faisant un exposé sur la laïcité à des collégiens le soir à la veillée sous le regard énamouré des gentils habitants de la forêt.

Plus tard on dira d’Hollande : c’est celui qui nous faisait regretter Guy Mollet.

 

Écho des blogs

Qui - contrôle quoi ?

Actuellement débattu au Parlement, le projet de loi sur le renseignement divise les partis.

Des socialistes contestent les intentions du gouvernement que Nicolas Sarkozy approuve. Pourtant, certains députés de droite s’inquiètent. Ainsi Alain Marsaud, qui a dirigé le service central de lutte antiterroriste du parquet de Paris.

Interrogé par 20 minutes, le député observe que « Des pratiques de nos services de renseignement vont être encadrées. Elles existent mais sont utilisées dans un cadre qui n’est pas sécurisant. En cela, c’est un de plus. Mais l’organe de contrôle qui est prévu fait figure de croupion. Il sera composé de quatre parlementaires - qui ont d’autres choses à faire -, de magistrats à la retraite et d’un homme de l’art. La commission va contrôler a posteriori les interceptions de sécurité, et seulement parfois a priori.

Pour améliorer le projet de loi, il faudrait créer « une véritable commission parlementaire du renseignement. Aux États-Unis, elle est composée de 30 personnes. Elle contrôle sur pièces et sur place et ne se contente pas de prendre des cafés avec les chefs de service du renseignement. Cette loi ne garantit pas assez de contrôle. La capacité d’intrusion de ce texte est énorme. Notre vie ne sera plus la même avant et après. Car tout ce que nous dirons sera contrôlé. Aujourd’hui, ce pouvoir est dans les mains du Premier ministre, Manuel Valls. Je ne doute pas qu’il en fera bon usage. Mais la loi va perdurer Et tomber entre d’autres mains. Cette loi peut permettre une police politique comme nous n’en avons jamais vu. N’importe quel pouvoir pourra faire ce qu’il veut. »

De son côté, Jean-Philippe Tanguy, spécialiste des questions industrielles qui milite à Debout la France, dénonce l’incohérence du gouvernement dans Le Figaro : « Dans l’ensemble des défis que devra relever la troisième révolution industrielle, la France possédait une longueur d’avance et des groupes disposant d’une taille critique suffisante. Qu’a fait François Hollande pour affronter la transition énergétique ? Il a soldé Alstom. Que fait François Hollande face à la révolution numérique ? II vend Alcatel, sa maitrise des réseaux et de ses technologies. Une loi est actuellement discutée devant le Parlement sur la sécurité nationale et le contrôle de l’information. Qui peut prétendre contrôler quoi que ce soit en pleine indépendance quand les câbles, les antennes, les systèmes d’information qui ordonneront notre quotidien et nos instruments de défense dépendront du bon vouloir d’une puissance étrangère ? »

Allons, allons ! Que les États- Unis s’occupent de nous, n’est- ce pas rassurant ?

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