Hollande : Super/Menteur.

Un illusionniste.

Jeudi 20 mars 2014 // La France

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« Un homme prestigieux a le droit de mentir, il n’a pas le droit d’être vaincu. » François Hollande a fait sienne la devise de son mentor, François Mitterrand. Son quinquennat est le règne de la duperie, où aucune turpitude n’est interdite pour sauver une gauche aux abois.

  • Fausses promesses, vrai mépris.
  • La fable du président normal.
  • Profession menteurs.
  • Ce vote-sanction qui monte...

On l’appelait le Boulanger. Des dix années qu’il a passés Rue de Solférino à la tête du Parti socialiste, François Hollande n’a gardé que ce surnom, attribué non en raison de son appétit et de son goût prononcé pour les viennoiseries, mais pour sa capacité à... rouler les gens dans la farine. Tout était dit, et les Français étaient prévenus.

Comment s’étonner, dès lors, que le même homme devenu président s’échine à rouler les Français dans la farine ? « Vous mentez ! », avait déjà accusé Nicolas Sarkozy lors du débat d’entre-deux-tours, face à un adversaire aussi peu intéressé par la vérité. « Hollande a été élu sur un mensonge », analysait quant à lui, en privé « Un de ses ministres », exaspéré par celui qui a nié la crise et travesti la réalité pour accéder au pouvoir.

Dans Jusqu’ici tout va mal, analyse la plus fouillée des vingt et un premiers mois de la présidence Hollande, la journaliste Cécile Amar révèle enfin, à force d’anecdotes, de confidences - dont la plupart sont recueillies auprès du chef de l’État, et de récits, l’incroyable cynisme de Hollande. « Perdre les ouvriers, ce n’est pas grave », aurait-il ainsi avoué au moment de l’affaire Florange, alors même qu’il s’était rendu en février 2012 devant les salariés pour leur promettre que le site ne fermerait pas.

Oui, il y a du cynisme dans sa pratique de la politique, explique ainsi Cécile Amar au quotidien Midi libre. Comme il y en a eu dans sa campagne quand il a fait des promesses auxquelles il ne croyait pas. » « Il est insaisissable, confie encore son fils Thomas. Quand on est dans une pièce avec lui, on ne sait jamais par quelle porte il va sortir. » Personne, à vrai dire, ne comprend cette faculté présidentielle à mentir de manière éhontée. Bernard Poignant, par exemple, est très proche de François Hollande. Le maire de Quimper s’est vu attribuer un bureau, à l’Élysée, juste au-dessus de celui du président de la République. De ce "pigeonnier", il appelle les parlementaires socialistes, les invite à déjeuner, et rédige des notes blanches pour son vieil ami, avant de reprendre le train, tous les mercredis, pour la préfecture du Finistère. À la fin de l’année 2013, fidèle à son exercice qui consiste à rapporter au président ce que pense "le pays réel", il avertit François Hollande du reproche qu’il entend le plus souvent : « Dans nos régions l’on nous traite de menteurs, sur les marchés on ne nous parle que de mensonge et nous n’avons rien à répondre à ceux qui nous interpellent. »

Le chef de l’État répond rarement aux notes que lui envoie son fidèle compagnon d’armes du Parti socialiste. Quelques jours plus tard, il trouve pourtant une enveloppe présidentielle sur son bureau. François Hollande lui rappelle ce que François Mitterrand répétait inlassablement à ses conseillers : « Un homme prestigieux a le droit de mentir, il n’a pas le droit d’être vaincu. » C’est donc délibérément que le président de la République se moque comme d’une guigne de la vérité. En matière économique, c’est devenu une habitude, Le premier gros mensonge de François Hollande a porté, durant sa campagne, sur la renégociation du pacte budgétaire européen conclu entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Le candidat socialiste avait promis à ses troupes qu’il exigerait de la chancelière allemande de profondes modifications de ce texte afin d’y ajouter des mesures volontaristes portant sur une relance de la demande. Pas une virgule, pourtant, n’a été changée.

Seules des annexes sans aucune valeur juridique ont été rajoutées pour faire plaisir à Hollande. Ce qui n’a pas empêché le chef de l’État de répéter pendant plusieurs semaines qu’il avait « entièrement renégocié ce pacte » et « fait plier l’Allemagne »...

Son deuxième gros mensonge a porté sur les chiffres du chômage, et plus largement sur toutes les mesures déployées en faveur de l’emploi. En ce qui concerne les contrats aidés, personne ne sait combien ont été mis en oeuvre, et quel en sera le coût réel pour le contribuable. Les contrats de génération, qui étaient la grande idée du candidat Hollande pendant la primaire socialiste, se révèlent être un fiasco complet.

"Les premiers résultats sont là", ose celui qui vient d’échouer à inverser la courbe du chômage...

Quant au CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), présenté comme la solution miracle au problème du coût du travail en France, en octobre dernier, le comité de suivi de ce dispositif a dû déplorer l’échec de la mesure, constatant que seules 10 000 entreprises avaient demandé à en profiter.

Tout cela n’a pas empêché le président de déclarer fièrement le 14 janvier, lors de sa dernière conférence de presse, que « les premiers résultats (étaient) là ». En fait de résultat, pourtant, point d’inversion de la courbe du chômage, promesse du gouvernement réitérée chaque mois depuis septembre 2012.

Un nouveau mensonge s’instille actuellement dans l’opinion. Il s’agit de faire croire que "tout va mieux", même si tous les indicateurs disent le contraire. C’est une stratégie recommandée par Aquilino Morelle, le conseiller politique de François Hollande, dont le bureau fut autrefois celui d’Henri Guaino. Cet ancien médecin, puis "nègre" de Lionel Jospin, qui fut directeur de campagne d’Arnaud Montebourg, a écouté et retenu les avertissements d’Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l’Élysée et conseiller économique du président.

Le vote-sanction qui monte..

À un mois des municipales des 23 et 30 mars, jamais la volonté de sanctionner le pouvoir en place n’a été aussi forte chez les électeurs. Avis de gros temps pour Hollande.

Alors qu’à un mois des élections municipales de 2008 qui s’étaient soldées par une bérézina pour la droite, les Français étaient 26 % à vouloir sanctionner l’ancienne majorité, ils sont aujourd’hui encore plus nombreux (28%) à vouloir en faire de même contre la gauche. Tel est le principal enseignement de notre sondage Ifop-Valeurs actuelles sur la motivation des électeurs à l’aube du prochain scrutin. Le vent de panique qui secoue le PS est donc clairement justifié.

Il l’est d’autant plus que ces mêmes électeurs, gauche et droite confondues, s’ils continuent à privilégier les "considérations locales" (62 %), sont aujourd’hui près de trois fois plus nombreux à souhaiter "sanctionner la politique du président de la République et du gouvernement" qu’à prévoir d’aller la "soutenir" (10 %). Le duo Hollande Ayrault ne peut même pas compter sur ses propres troupes : « Seulement un tiers (34%) des sympathisants socialistes disent vouloir voter pour soutenir la politique du chef de l’État et du gouvernement, relève Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, contre près de six sur dix (57%) qui ne se prononceront qu’en fonction des considérations locales et même9 %qui souhaitent... sanctionner le pouvoir en place. »

À noter que le PS au vu de notre sondage, ne peut guère compter sur le soutien de ses "alliés" : les électeurs écologistes et Front de gauche sont plus nombreux à vouloir sanctionner la politique actuelle qu’à la soutenir (respectivement 1 et 3 points) ! Avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis...

Qui, de l’UMP ou du FN, capitalisera le plus sur le rejet anti-PS ?

Circonstance aggravante : les électeurs de droite, eux, ne se trompent pas de cible. « 52% des sympathisants UMP et 55% de ceux du Front national placent le vote sanction contre l’exécutif au premier rang de leurs motivations, décrypte encore Jérôme Fourquet. Cela est d’autant plus risqué pour le PS que le vote "contre" est traditionnellement plus mobilisateur que le vote "pour". » Outre la capacité de résistance, reposant sur leur bilan, des maires sortants socialistes (en 2008, la gauche avait fait basculer 120 villes de plus de 10 000 habitants), reste une inconnue : qui, de l’UMP ou du Front national, capitalisera le plus sur le rejet anti-PS ? Une indication : c’est au sein des deux tranches d’âge les plus favorables au FN (18-24 ans et 35-49 ans) que le souhait de vote-sanction est le plus important. Devant les plus de 65 ans, votant, eux, majoritairement UMP.

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