Hervé Mariton : Inscrire la mariage entre un homme et une femme dans la constitution.

Mardi 27 novembre 2012, par Arnaud FOLCH // La France

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Il y a quatre ans, vous aviez été l’un des seuls, à l’UMP, à souhaiter la victoire de McCain face à Obama. Quel jugement portez-vous, aujourd’hui, sur son bilan ? Obama a clairement échoué. Son élection avait entraîné, aux États-Unis et partout dans le monde, notamment en France, une vague "d’obamania" naïve et ridicule. On s’en rend compte aujourd’hui.

Quatre ans après, celui qui promettait "Yes we can" n’a pas fait grand-chose. Il a déçu aussi bien les modérés que les "révolutionnaires" : les premiers en raison de la faiblesse de son bilan ; les seconds parce qu’il n’a en rien révolutionné la société américaine, ni changé le monde. J’ajoute que, ne pouvant se faire réélire dans quatre ans, son second mandat pourrait être, s’il est sincère, bien plus à gauche que le premier.

Il y a eu la crise... Face à cette crise, Obama n’a fait preuve ni d’audace ni de courage. Contrairement à lui, Angela Merkel en Allemagne ou David Cameron en Angleterre n’ont pas cédé à la tentation du "toujours plus d’impôts" et « plus de dépenses publiques ». Ils sont aujourd’hui plus populaires qu’Obama. Aux États-Unis, le budget fédéral atteint le taux record d’un quart du PIB. Quant à la dette publique ; elle dépasse 100 % de ce même PIB !

Le mandat d’Obama n’a-t-il pas permis de faire évoluer la société américaine ?

En termes d’image ou de symbole, sans doute. Mais ce n’est rien par rapport à la formidable — et ô combien naïve — espérance qu’il avait levée. La société américaine est plus divisée que jamais. Tous les sondages le démontrent : 80 % des non-Blancs votent Obama, tandis que deux tiers des Blancs soutiennent Romney. Il n’y a pas eu la "grande réconciliation" annoncée.

Quel jugement-portez-vous sur l’Obamacare, qui a créé une assurance santé pour tous ?

Là encore, elle n’a pas été la révolution que l’on a cru y voir, et peut coûter très cher. Il faut, surtout, arrêter de penser qu’il n’existait pas de filet de protection sanitaire aux États-Unis : avant Obama, on ne mourait pas de faim ou faute de soins !’ Si vous étiez américain, vous voteriez donc pour Romney ? Oui, je voterais Romney des deux mains, et j’appelle les Américains de France à voter pour lui. Je regrette, du reste, que son programme n’inspire pas davantage nos propres réflexions et propositions. Sur le plan fiscal, Romney veut notamment s’attaquer à la dette abyssale des États-Unis en réduisant immédiatement tous les budgets publics (hors sécurité et défense) de 5 % et en bloquant le plafond des dépenses fédérales à 20 du PIB, contre 24,5 % aujourd’hui. Comment, aussi, ne pas approuver sa proposition de diminuer de 20% toutes les tranches d’impôt sur le revenu et de supprimer totalement les droits de succession ?

Romney propose d’inscrire dans la Constitution un amendement définissant le mariage comme étant d’un homme et d’une Qu’en pensez-vous ?

Je suis hostile au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Je soutiens donc cette idée d’inscrire marbre de la Constitution le fait que le mariage ne peux exister qu’entre un homme et une femme. J’ajoute que je partage aussi les positions très contrairement à celles d’Obama, de Romney en matière de politique étrangère. Rommey est plus clair aussi sur la défense d’Israël.

Comment expliquez-vous que soyez si peu nombreux, à afficher votre soutien à Rommey ?

Par un mélange de paresse intellectuelle, de confor et, et osons le dire, de lâcheté. C’est l’éternel complexe droite française qui, le plus souvent, n’accepte pas d’être de droite que dans les limites énoncées par la gauche. L’UMP n’est certes plus antilibérale, mais elle n’est pas libérale pour autant, comme le furent notamment le RPR et l’UDF au milieu des années 1980.

Ce politiquement correct actuel est d’autant plus inconcevable, s’agissant des États-Unis, que le Parti démocrate c’est aujourd’hui clairement la gauche, et le Parti républicain, la droite. Nous devrions donc nous ranger naturellement aux côtés de son candidat. Je note d’ailleurs, pour le regretter, que l’UMP n’a envoyé aucun émissaire pour l’intronisation de Romney. Alors même que nous n’avons pas hésité à nouer un "partenariat" avec le Parti communiste chinois... 

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